Documation 2026 - L'IA continue de bouleverser le monde de la veille

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    Table ronde inaugurale consacrée aux défis qui attendent les veilleurs face à l'IA (Archimag)
  • La première journée du salon Documation-iExpo a consacré plusieurs conférences à l'apport de l'intelligence artificielle dans le domaine de la veille. Entre promesses, coût et retour sur investissement, les veilleurs restent attentifs aux évolutions en cours.


    Salle pleine pour la table ronde inaugurale consacrée aux défis qui attendent les métiers de l’information face aux IA génératives et agentiques. Une raison à cela : “le monde de la veille veut de l’IA pour gagner en productivité face à la déferlante informationnelle” constate Arnaud Tupinier, responsable du développement chez l’éditeur Curebot ; “pour autant, cette adhésion ne doit pas se faire à n’importe quel prix notamment en matière de souveraineté. Il faut garantir aux organisations que leurs données ne serviront pas à créer des données d’entraînement”.

    Le thème de la souveraineté des données est en effet au cœur des préoccupations des métiers de l’information. C’est particulièrement vrai dans des secteurs sensibles comme celui de la santé. “On constate que beaucoup de projets IA sont menés en mode shadow IA” selon François Jeanne Beylot, PDG de Troover et Président du Syndicat Français d'Intelligence économique ; “les métiers de l’information doivent absolument s’approprier les solutions d’IA mais en se posant les bonnes questions : quelle gouvernance des données ? quelle souveraineté ? D’une façon générale, l’intelligence artificielle va amener le monde de la veille à renforcer ses liens avec les autres métiers : juristes, experts, etc.”

    Limites des IA

    Ces nouvelles pratiques n’échappent pas aux éditeurs. “On assiste à différents types d’intégration de l’IA dans les solutions. Les éditeurs les plus anciens l’ont intégrée dans leurs outils et l’on voit arriver de nouveaux entrants pure players” précise Frédéric Martinet, consultant et fondateur du cabinet Actulligence. A ses yeux cependant, l’IA générative n’est pas sans défaut et continue de générer des hallucinations : “et ce risque ne se réduit pas aujourd’hui !”

    Un point de vue contesté par Thierry Lafon, analyste et chercheur associé CeReGe : “certains modèles d’IA ont beaucoup progressé ces derniers mois et le taux d’hallucinations s’est considérablement réduit. En revanche, il reste un axe de développement : construire des IA agentiques capables de construire des plans de veille performants et des prompts efficaces”.

    Déployer et orchestrer des agents IA

    L’édition 2026 d’i-expo est également l’occasion d’aborder la question du déploiement des agents IA au sein des organisations. “Nos attentes portent sur l’automatisation des tâches répétitives afin de consacrer plus de temps aux missions d’analyse. Nous espérons également gagner en discernement” explique Florian Fougy, responsable du Service Economie, Veille & Prospective au sein des Chambres d'agriculture de Normandie. 

    Des attentes entendues par les éditeurs présents lors de cette deuxième table ronde. Pour Sophie Ulrich (Chapsvision) : “lIA agentique permet d’obtenir une collecte plus précise et plus exploitable car l’agent IA comprend la typologie de la veille et la rend opérationnelle. A condition d’utiliser des agents IA maîtrisés et de donner à l’utilisateur final la possibilité de garder la main.”

    Du côté de Sindup, son fondateur  Mickaël Réault fait le pari de l’IA agentique en annonçant le lancement de Detectup : “dans un contexte de surinformation chronique, Detectup ambitionne de redonner du contrôle aux professionnels – en particulier aux TPE, PME et managers encore peu équipés – en simplifiant radicalement l’accès à la veille.” La solution se présente sous la forme d’un agent conversationnel permettant de construire, piloter et interpréter sa veille en langage naturel, sans expertise préalable. En sortie, Detectup génère deux livrables : une newsletter hebdomadaire et un rapport trimestriel.

    40 000 à 50 000 euros par an

    Quant à Cikisi, l’IA agentique est l’occasion de proposer un assistant de recherche dédié à la veille sur la base d’un RAG propriétaire. “Nous laissons aux utilisateurs la possibilité de valider les actions des agents IA” précise le PDG Valéry Mainjot ; par ailleurs nos LLM sont hébergés sur des serveurs OVH en France.

    Pour les éditeurs, le passage à l’IA agentique a un coût. “C’est un réel investissement que nous devons consentir” confirme Sophie Ulrich. Cela peut même se chiffrer : “entre 40 000 et 50 000 euros par an pour utiliser les GPU (processeurs) qui font tourner les grands modèles de langage” selon Valéry Mainjot : “cela représente donc un coût  mais également un retour sur investissement en termes d’élargissement du spectre de la veille.”

    Un avis partagé par Vincent Boisard (Coexel) : “les agents IA peuvent travailler sept jours sur sept et le gain de temps est incontestable. Ils permettent même de mieux exploiter les bases de connaissances des organisations.

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