"Les fondations documentaires restent le parent pauvre de la stratégie data" constate le Baromètre national de la maturité Data & IA des DSI en France. 56 % d'entre eux classent encore leurs documents manuellement ; ils ne sont que 9 % à utiliser des technologies avancées (traitement automatique du langage naturel ou grands modèles de langage) pour structurer leurs données documentaires.
Réalisé par trois entités (Efalia, le Laboratoire Hubert Curien et Wikit), ce baromètre souligne un paradoxe : alors que le RAG documentaire est cité comme une priorité par 34 % des DSI, il n'est effectivement déployé que par 13 % des répondants. "La demande est là, les prérequis ne suivent pas encore" estiment les auteurs de l'étude ; "75 % des organisations en sont au stade initial ou émergent de la gestion du cycle de vie documentaire."
Les équipes expérimentent en roue libre
Autre enseignement, 24 % des organisations déploient de l'IA sans aucun cadre de gouvernance que ce soit sous forme de comité, de politique écrite, ou de sponsor identifié. Résultat : "sans cadre, les équipes expérimentent en roue libre. Quand un collaborateur obtient une réponse de ChatGPT en 30 secondes mais doit attendre six mois pour qu'un projet IA interne soit validé, le choix est vite fait."
Cet usage désordonné de l'IA a au moins le mérite de témoigner de son adoption progressive mais en mode expérimental. 49 % des organisations déclarent ne pas avoir dépassé le stade des POC (preuves de concept c'est-à-dire une démonstration de faisabilité). Avec un score moyen d'adoption de 1,60 sur 3, la France se situe dans la zone de transition entre l'expérimentation et le passage à l'échelle.
Enquête menée auprès de 11 000 DSI dans 18 secteurs d'activité et dans tous types d'organisations (PME, ETI, grands groupes, secteur public).











