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D’une culture data aux projets d’IA : le tempo de L-Acoustics

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    Aurélie Le Cain, directrice global IA et data chez L-Acoustics. (L-Acoustics)
  • Chez L-Acoustics, créateur de systèmes de sonorisation professionnelle, la montée en puissance de la donnée a conduit à une structuration formelle des pratiques, avec la création d’un département data et IA. Objectif : ancrer durablement l’usage stratégique de la donnée dans les services.

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    Chez L-Acoustics, entreprise française spécialiste de la sonorisation professionnelle fondée en 1984 et dont le siège se trouve à Marcoussis, dans l’Essonne, la donnée a longtemps été exploitée dans une logique essentiellement opérationnelle : pilotage d’activité, traçabilité ou suivi de performance.

    Désormais, c’est comme un véritable levier stratégique d’innovation et pour améliorer la qualité produit et l’expérience client qu’elle est mobilisée. Depuis 2024, l’entreprise, qui est également présente aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne, dispose même d’une département data et IA. Sa mission : structurer des pratiques existantes et diffuser un usage partagé, distribué et responsable de la donnée.

    Une culture établie aux frontières encore floues

    Pourtant, l’intégration de la donnée dans les processus de décision n’est pas nouveau chez L-Acoustics. Dès son arrivée en septembre 2024, Aurélie Le Cain, directrice de la data et de l’IA, observe une entreprise "déjà très consommatrice d’outils de visualisation, comme Power BI". La culture data s’y est forgée au fil du temps, portée par les compétences croisées de l’IT et de la recherche, dans une entreprise qui doit son ADN scientifique à son fondateur, Christian Heil, chercheur en physique des particules. Aujourd’hui, cette phase de "culturation" est considérée comme achevée. Place désormais à des cas d’usage concrets, portés par l’IA.

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    Le département data et IA fait partie d’une des quatre entités d’"IT et Digital" de l’entreprise, aux côtés de l’infrastructure, du support, du développement et des applications métiers (ERP, CRM). Ce rattachement direct au pôle IT, dirigé par Ayoub Mounaddam - également membre du comité exécutif - offre une légitimité forte aux démarches engagées.

    Passer à une organisation plus distribuée, dans laquelle les métiers deviennent autonomes sur les usages analytiques, suppose un travail de fond. Pour cela, un réseau de "data référents" a été constitué dans les principales divisions. "Ce sont des collaborateurs issus des métiers, formés à des outils plus techniques, qui font le lien entre les équipes data centrales et les besoins opérationnels", précise Aurélie Le Cain. Un programme de formation en trois niveaux, ainsi qu’un module de sensibilisation à l’IA responsable et au prompt engineering, accompagnent ce changement.

    Mais cette montée en compétences révèle toutefois l’importance de clarifier les rôles spécifiques des équipes Data et IA. "L’accès aux outils IA donne l’illusion de savoir-faire", remarque Aurélie Le Cain. "Or, créer un modèle robuste et déployable reste une vraie expertise".

    Cas d’usage et arbitrages technologiques

    Chez L-Acoustics, les projets liés à la donnée et à l’intelligence artificielle s’organisent désormais autour de trois axes principaux : la R&D sonore, le suivi qualité et production et l’amélioration de l’expérience utilisateur. L’objectif est d’identifier des cas d’usage concrets, à forte valeur et faisabilité technique, puis de les prioriser selon leur retour sur investissement et leur complexité.

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    À titre d’exemple, des algorithmes exploitent des données audio pour spatialiser en temps réel des sources sonores. Côté production, des flux Internet of things (IoT) alimentent des tableaux de bord industriels, avec détection automatique d’écarts. En marketing, l’analyse des données d’usage vise à mieux segmenter et personnaliser les parcours clients.

    Cependant, la question du recours à des solutions externes ou au développement en interne reste un sujet récurrent : "une solution du marché couvre souvent jusqu’à 90 % de nos besoins et nous devons alors trancher entre adapter nos processus à l’outil ou investir pour aller plus loin", explique Aurélie Le Cain. Ces arbitrages s’inscrivent dans une logique de maturité progressive : tester rapidement des solutions prêtes à l’emploi, puis décider, si nécessaire, d’une internalisation.

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