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Les étudiants en infodoc sont-ils séduits par le statut de freelance ?

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    Les étudiants qui intègrent l’EBD ignorent tout des possibilités de travailler en indépendant. (Freepik/ijeab)
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    Sur les bancs des écoles spécialisées, les étudiants ne se précipitent pas vers la création d’entreprise ou le statut d’autoentrepreneur. Le désir de travailler en indépendant ne concerne qu’une poignée de professionnels de l’infodoc généralement après une dizaine d’années dans la carrière.

    Si le thème de l’entrepreneuriat commence à s’imposer chez les professionnels de l’information-documentation, il est encore loin de faire l’unanimité parmi les étudiants qui se destinent à une carrière dans l’infodoc.

    À l’École des bibliothécaires-documentalistes (EBD), les étudiants ne se précipitent pas vers la création d’entreprise ou le statut d’autoentrepreneur. « Nous n’observons pas du tout de mouvement vers la voie de l’entrepreneuriat chez nos étudiants », explique Florence Gicquel, directrice des études ; « sur les quarante étudiants de la promotion actuelle, aucun n’a fait le choix de travailler en indépendant. La raison est assez simple à comprendre : autour de vingt-cinq ans, les étudiants qui sortent de l’EBD ne sont pas encore suffisamment aguerris pour créer leur propre affaire. Ils ne se sentent pas la carrure pour se lancer dans une telle aventure. Pour être consultant, il faut disposer d’un réseau, avoir fait ses preuves et se sentir légitime. Autant de conditions qui ne sont pas encore réunies à la sortie d’une école. Les étudiants ne sont tout simplement pas attirés vers ce type de statut en début de carrière ».

    Les étudiants de l’EBD font donc d’abord le choix de la sécurité en misant sur une embauche traditionnelle au sein d’une entreprise ou d’une bibliothèque. Après des années d’études, les étudiants éprouvent un besoin bien naturel de toucher une rémunération régulière. Et selon les statistiques de l’EBD, on ne voit pas non plus apparaître de choix pour l’entrepreneuriat chez les étudiants qui ont quitté l’école cinq ans auparavant. Là encore, le parcours traditionnel semble l’emporter.

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    Cours de communication et simulations

    Une chose est sûre, les étudiants qui intègrent l’EBD ignorent tout des possibilités de travailler en indépendant : « Leur perception du monde du travail se résume souvent au salariat et pas du tout à l’entrepreneuriat comme on peut le voir dans les écoles de commerce, par exemple. Ils sont également nombreux à ignorer qu’ils peuvent être recrutés par des prestataires de service ou des éditeurs de logiciels », constate Florence Gicquel.
    Pour autant, l’EBD attache une importance particulière à l’accompagnement des étudiants vers l’emploi : l’insertion avant tout. Des cours de communication, des simulations et des entretiens sont proposés en première et en deuxième année. Des « job dating » et des « journées de l’emploi » sont également organisés afin de faciliter leur recrutement et évoluer plus tard vers des fonctions de consultant. « Choisir un statut d’autoentrepreneur peut être un choix raisonné après dix à quinze ans de carrière dans l’entreprise », souligne-t-on à l’EBD.

    Prestation annexe et emploi principal

    Olivier Le Deuff, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université de Bordeaux-Montaigne dresse un constat similaire : « La voie de l’entrepreneuriat apparaît parfois, mais elle reste rare. Le statut d’autoentrepreneur n’est pas toujours un choix, d’ailleurs. Cela permet parfois de répondre à quelques missions ».

    À ses yeux, les étudiants ne se sentent pas encore assez légitimes pour se lancer dans l’entrepreneuriat. Beaucoup préfèrent engranger une expérience au sein d’une entreprise avant d’opter — éventuellement — pour le statut d’indépendant : « L’enjeu numéro un est de trouver des premiers contrats et de pouvoir développer quelques compétences supplémentaires. La création d’entreprise est alors mise en concurrence avec la question de passer des concours ou de trouver un emploi intéressant et bien rémunéré. Ce qui peut se développer, c’est de la prestation annexe sans pour autant que ce ne soit l’emploi principal ».

    De son poste d’observation, Olivier Le Deuff estime que les étudiants tentés par l’aventure doivent ajouter une corde à leur arc : « Il s’agit de savoir se vendre, ce qui n’est pas dans les compétences de base des professionnels. Il s’agit aussi de savoir quoi vendre et combien vendre ses prestations… »

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