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Rapprocher les professionnels de l’information et de la donnée avec des jeux sérieux et des mises en situation

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    Plusieurs "serious games" existent afin d’embarquer les équipes dans un moment ludique de partage, de découverte et de formation. (Dessin : Vince)
  • Les silos culturels du document et de la donnée sont souvent bien réels, mais ils sont artificiels dans la réalité des faits. Nous vous proposons aujourd’hui quelques outils pratiques et ludiques pour développer une stratégie d’acculturation croisée entre les professionnels  de l’information et ceux des données. Au programme : jeux sérieux, mises en situation et découverte respective.

    couv392bd.pngenlightened RETROUVEZ CET ARTICLE ET PLUS ENCORE DANS NOTRE MAGAZINE : SOUVERAINETÉ NUMÉRIQUE : QUI SONT NOS CHAMPIONS FRANÇAIS ?

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    Êtes-vous plutôt "team info" ou "team data" ? Les professionnels de l’information et ceux de la donnée se connaissent mal. Se connaissant mal, ils peinent parfois à se comprendre. S’ils ont souvent l’impression d’être différents, d’avoir leurs propres contraintes, méthodes et outils, ils sont en réalité beaucoup plus proches les uns des autres qu’ils ne le pensent.

    Mais alors, comment les rapprocher, comment leur faire découvrir leurs métiers respectifs et comment renforcer les synergies entre des professionnels qui manipulent en réalité une matière première similaire, même si les supports sont différents ?

    Acculturer les équipes  et faire passer des messages avec le jeu sérieux

    Plusieurs "serious games" existent afin d’embarquer les équipes dans un moment ludique de partage, de découverte et de formation.

    - "Datapoly" (Decideo) propose une session de jeu/formation d’une journée pendant laquelle des équipes choisissent et équipent un personnage Playmobil, parcourent les cases d’un plateau, choisissent les thèmes qui les intéressent et expliquent leur travail. En décidant des thématiques, chaque équipe peut expliquer les contraintes de son métier, ses objectifs, ses outils et comment il aimerait collaborer dans la vraie vie avec les autres équipes.

    - "La Fresque de la data et de l’IA" (Hymaïa) est présentée par ses concepteurs comme "un atelier collaboratif qui permet aux participants de se familiariser avec les concepts fondamentaux de la data tout en identifiant et en évaluant les risques liés à l’utilisation des données. Inspirée de "La Fresque du climat", cette approche ludique favorise les échanges et encourage la collaboration, tout en renforçant l’esprit d’équipe et en facilitant l’alignement des connaissances".

    - La Fresque de la connaissance" (Sindup) est un "jeu coopératif qui offre une vue en trois dimensions des briques nécessaires pour bâtir votre propre Fabrique de la Connaissance : veille stratégique, gestion des connaissances et culture d’organisation".

    D’autres initiatives sont disponibles, telles que "Datak" (développé en Suisse par la RTS), "La Fresque de la data quality" (imaginée par Dama France) ou encore "Data city" (créé par les étudiants de l’école ActivDesign de Rennes avec l’appui du groupe de travail open data, animé par Mégalis Bretagne). "Le jeu est le mode d’apprentissage préféré de notre cerveau", explique Diane Ackerman, poétesse, essayiste et naturaliste américaine. En engageant vos équipes dans un jeu sérieux, source d’apprentissages et d’échanges, beaucoup de barrières artificielles tomberont.

    Lire aussi : Comment surveiller les biais algorithmiques des modèles d’IA ?

    Un "vis ma vie" pour découvrir le métier de l’autre

    Connaissez-vous cette émission, initialement diffusée sur TF1 de 2001 à 2007 ? Une personne se plonge dans le quotidien d’une autre, à l’opposé du sien. Ajoutez-y une dose de "On a échangé nos mamans", diffusé sur M6 entre 2004 et 2006, et vous avez le cadre d’un programme d’acculturation aux métiers de l’information et de la donnée. 

    Première étape : identifier deux personnes. L’une travaille dans le document, l’autre dans la donnée. Plus elles se sentent différentes, plus l’expérience tirée en sera enrichissante.

    Durant la première journée, l’un des participants accueille l’autre dans son service et lui explique ses tâches quotidiennes. L’idée est de démystifier le travail de chacun en l’expliquant et en cherchant les points communs.

    Au cours d’une seconde journée, les rôles sont inversés. Pour pimenter l’expérience, on peut ajouter une journée supplémentaire, où chacun prend réellement la place de l’autre et tente de réaliser son travail. Se retrouver seul face à la tâche est un excellent moyen de prendre conscience des difficultés rencontrées par l’autre au quotidien.

    Une session de débriefing permettra enfin d’aligner les ressentis, de formaliser la compréhension des différences et des points de convergence. Un peu plus compliqué à organiser, le "vis ma vie" de l’information permet en revanche une implication plus forte et une mise en situation réelle favorisant la compréhension du métier de l’autre, à partir de cas concrets.

    Le "petit-déj de l’information" : simple et rapide à organiser

    Et si l’on se retrouvait une fois par mois autour d’un café-croissant ? Ou d’un lunch-pizza, pour les plus geeks ? Ce mode de rencontre, à structurer par thématique, permet la mise en place de micro-learning croisé entre les deux "teams". Simple à organiser, l’idée est de se retrouver à un rythme régulier (très important pour formaliser ce rendez-vous d’échanges) dans un cadre convivial, autour d’un café croissant ou d’une pizza. Derrière cette apparente décontraction, le programme est en réalité bien établi : chaque rendez-vous s’articule autour d’un thème (le RGPD, l’archivage, l’analyse statistique, la visualisation graphique, etc.).

    Chacun des participants explique comment il perçoit le thème et comment celui-ci est traité dans son propre métier. On insistera sur les attentes de chacun en matière de collaboration avec les autres "teams". Il s’agit avant tout de faire connaître ses pratiques et d’échanger hors hiérarchie sur les attentes et les difficultés rencontrées, le tout de manière informelle. D’ailleurs, on évitera d’inviter à ces échanges les directeurs et chefs de service afin de laisser les participants échanger librement et sans crainte de l’image renvoyée.

    Lire aussi : Le document est mort ! Vive le document !

    Pour que la mayonnaise prenne, il est conseillé de faire choisir le thème de la réunion suivante par les participants eux-mêmes. Plus ils s’impliquent, plus ces moments deviendront des lieux d’échanges et de compréhension de l’autre.

    Et si vous souhaitez aller encore un peu plus loin, proposez aux participants que chacun de ces moments d’échange donne lieu à l’enregistrement d’une petite vidéo où ceux qui le souhaitent expliquent ce qu’ils ont appris et découvert durant la session (pour une diffusion en interne).

    Que vous soyez adeptes des jeux de société, des jeux de rôle ou de simples sessions informelles d’échange et de partage, vous avez à votre disposition un catalogue de solutions d’acculturation. Le plus important est de s’y mettre ! Commencez par des cafés d’échange et créez l’envie d’en savoir plus. Puis passez au "serious game" en organisant des sessions d’acculturation. Enfin, pour ceux qui sont prêts à passer à l’action, terminez par des sessions "on a échangé nos métiers".

    Un dernier conseil : mesurez toujours les efforts fournis et les objectifs atteints. Cela vous aidera à obtenir plus de budget et l’adhésion d’un sponsor de la direction, tout en vous permettant de communiquer en interne sur les résultats obtenus.

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