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Pour parvenir jusqu’à son bureau, il faut d’abord emprunter un discret chemin et franchir un poste de sécurité pour enfin pénétrer dans le fort d’Ivry (Val-de-Marne), antre des archives audiovisuelles du ministère des Armées. À la tête de l’Ecpad depuis 2020, Laurent Veyssière est dans son élément. Lui qui a commencé sa carrière au sein de l’armée comme sous-lieutenant dans la cavalerie blindée, le voici désormais à la tête d’une institution qui héberge un patrimoine unique : quinze millions de photos et cent-mille heures de films.
"À 21 ans, j’ai repris mes études pour me diriger vers des études d’histoire", se souvient-il. À partir de là, son parcours mérite qu’on s’y attarde : un DEA en histoire médiévale, une licence en histoire de l’art, le diplôme d’archiviste paléographe de la prestigieuse École nationale des chartes, puis le diplôme de conservateur du patrimoine (spécialité Archives) de l’École nationale du patrimoine, décroché en 1999.
"J’étais entouré de gens extrêmement brillants"
Pour son plus grand bonheur, son premier poste l’amène, en 1999, au Service historique de la Gendarmerie nationale, où il passe deux années. En 2001, Laurent Veyssière rejoint les Archives nationales : "j’y ai passé cinq très belles années où certaines situations sont pourtant compliquées". Il est nommé dans le même temps rapporteur à la Cada (Commission d’accès aux documents administratifs). Spécialisé dans les questions d’accès aux archives, il devient expert gouvernemental français au sein du Groupe de spécialistes sur l’accès aux documents publics du Conseil de l’Europe. "Ce fut une activité passionnante et chronophage, qui s’ajoutait à mes missions aux Archives nationales", se souvient-il. "Mais je garde le souvenir d’y avoir rencontré des gens extrêmement brillants."
Après un passage de deux ans par les Archives de Paris en tant que directeur adjoint, le voici rappelé par le ministère de la Défense pour devenir chef du bureau de la Politique des archives et des bibliothèques à la direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives. En 2010, une mission lui est confiée : créer la délégation des Patrimoines culturels, dont il assure la responsabilité jusqu’à la fin de l’année 2015. "Mes interlocuteurs étaient les conseillers du cabinet de Jean-Yves Le Drian, là aussi des gens extrêmement brillants et très portés sur la mémoire des armées françaises. Ils nous ont toujours soutenus, financièrement et humainement, pour lancer de nouveaux dispositifs dans les domaines de l’édition, des musées et de l’audiovisuel."
On se souvient notamment de cette formidable opération baptisée "La Grande Collecte", qui avait pour objectif de rassembler des archives de la Première Guerre mondiale détenues par les familles françaises : "Nous avons pu faire entrer des photographies et de la correspondance de poilus qui, aujourd’hui, permettent aux historiens de travailler sur des documents inédits."
Une veille technologique permanente
Depuis son arrivée à la direction de l’Ecpad, Laurent Veyssière a multiplié les chantiers : reconnaissance de l’établissement comme un service d’archives publiques, ouverture vers des actions pédagogiques, mise à niveau des logiciels… "D’ici la fin de l’année, nous allons notamment changer notre logiciel de Dam (digital asset management) et nous réalisons une veille technologique permanente pour ne rien manquer des apports de l’intelligence artificielle dans le domaine des archives", explique-t-il. "Tout évolue à très grande vitesse et il est indispensable pour les archivistes de s’adapter à ces outils."
Les trois prochaines années ne seront pas de trop pour mener à bien ses missions, puisqu’il a été reconduit dans ses fonctions jusqu’en 2029.
il like
- Le personnage historique qu’il aurait aimé rencontrer : Louis-Antoine de Bougainville (1729-1811), que j’étudie désormais depuis plus de vingt ans.
- Sa musique préférée : Le street punk, la oi ! et le ska, depuis mon adolescence.
- Sa ville préférée : Paris, ma ville, mon club (le PSG), ma vie.










