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Sur la signature de ses courriers électroniques, on peut lire ceci : "Gabrielle Bigot, Magasinier Secteur Droit, Bibliothèque Universitaire Droit-Lettres. Université de La Réunion". Surprise ! Le terme magasinier est employé au masculin, y compris pour une jeune femme. Mais cette signature va être modifiée très prochainement : en étudiante appliquée, Gabrielle Bigot a été admise au concours de bibliothécaire assistant spécialisé au mois de mai dernier : "Ma famille était ravie ! Mon père nous a toujours poussés, mes frères, mes sœurs et moi, à passer des concours de la fonction publique. L’idée de service public est très ancrée chez nous !"
Si elle a fréquenté très jeune les bibliothèques réunionnaises, Gabrielle Bigot s’est pourtant tournée dans un premier temps vers les métiers du marketing et de la relation client. Une expérience qui lui laisse un goût amer, alors même que sa première expérience s’est déroulée au milieu des livres dans plusieurs librairies de l’île : "J’appréciais beaucoup les contacts avec les clients, mais beaucoup moins la pression commerciale et le challenge entre collègues…"
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Un regard réaliste sur le métier de bibliothécaire
Le goût du service public lui est revenu lorsqu’elle a intégré la Bibliothèque universitaire Droit-Lettres de l’Université de La Réunion, en août 2022, en tant que magasinier contractuel : "Ce poste m’a permis de pousser la porte des bibliothèques en tant que professionnelle et de porter un regard réaliste sur ce milieu. Il m’a également confirmée dans ma volonté d’être bibliothécaire." Le travail de magasinier est pourtant physique : il lui faut assurer la livraison des documents auprès des usagers, déplacer des piles de livres à l’occasion des opérations de désherbage et changer des étagères lorsque la bibliothèque fait évoluer ses espaces.
En tant que magasinier, elle doit également assurer près de quinze heures par semaine de service au public. Pourtant, elle confesse une déception : une partie des étudiants ne fréquente pas la bibliothèque qui est mise à leur disposition. "Nous lançons régulièrement des opérations à leur intention pour leur montrer toutes les ressources et les prestations que nous leur offrons : aide à la recherche documentaire, bases de données, salles de travail en groupe… Nous avons même créé une salle de sieste pour les étudiants qui sont épuisés par les distances qui séparent l’université de leur lieu d’habitation." De toute évidence, le travail de médiation en faveur des BU doit être poursuivi à La Réunion, comme en métropole.
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Faciliter la transition vers l’IA
À peine commence-t-elle dans la profession, que Gabrielle Bigot sait que les bibliothécaires vont devoir se former pour affronter le tsunami de l’intelligence artificielle : "le rôle des bibliothécaires est d'accompagner les étudiants face à ces nouveaux outils, en les aidant à les appréhender et les utiliser."
À ses heures perdues, elle écoute l’incontournable groupe sud-coréen BTS et se dit sensible aux textes, notamment lorsqu'ils abordent l'acceptation de soi. De son propre aveu, elle reconnaît qu’avoir chanté dans une chorale lui a permis de prendre confiance en elle et d'être plus à l'aise à l'oral.








