Documation 2026 - Fraude documentaire : une menace en constante mutation

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    Conférence : "fraudes à l'identité, faux documents, escroqueries : quelles solutions pour sauver la confiance ?" le premier jour du salon Documation. (Archimag)
  • La fraude documentaire connaît une évolution rapide portée par la digitalisation, l’intelligence artificielle ou encore des nouveaux canaux de diffusion. Lors du salon Documation 2026, les experts ont dressé un état des lieux des menaces et des réponses entre détection, prévention et montée en puissance de la confiance numérique. (Retrouvez le podcast spécial Documation en fin d'article)

    Dans les conférences, sur les stands des éditeurs spécialisés dans la confiance numérique, le constat est clair. La fraude documentaire s’est massifiée, professionnalisée et numérisée. "Nous observons aujourd’hui plusieurs grandes tendances", explique Christopher Larrondo, directeur commercial chez Finovox. "La première, c’est l’émergence de nouveaux outils qui rendent la falsification de documents de plus en plus accessible. Historiquement, on utilisait des logiciels comme Photoshop ou Acrobat. Puis sont apparues des plateformes dédiées à la génération de faux documents. Désormais, avec l’essor de l’intelligence artificielle, ces capacités se diffusent encore davantage et gagnent en efficacité." Pour Finovox, les canaux de diffusion ont aussi évolué. "Les faux documents circulent aujourd’hui massivement sur les réseaux sociaux, notamment via Telegram, Snapchat ou Instagram. Ils peuvent ensuite être réutilisés dans d’autres contextes, ce qui facilite leur propagation."

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    Selon Simon Hebbo, co-fondateur et directeur des opérations chez Docteller, si le taux de fraude a augmenté, il diffère de manière très inégale en fonction des secteurs et des activités. "Certains domaines sont nettement plus exposés que d’autres. Dans l’assurance, par exemple, toutes les activités ne sont pas touchées au même niveau. Et selon que l’on se situe dans le public, le logement ou l’assurance, les dynamiques peuvent varier."

    De la dématerialisation au monde numérique

    Du côté des fraudeurs, les professionnels distinguent deux types de profils. "Il y a le fraudeur opportuniste, qui cherche ponctuellement à obtenir un avantage, comme un meilleur tarif", identifie Simon Hebbo. "De l’autre, des organisations structurées, pour lesquelles la fraude constitue un véritable modèle économique. Les montants en jeu sont considérables, et ces acteurs évoluent en permanence."

    Pour Jean-Paul Gagnon, consultant - formateur en lutte contre la fraude documentaire et ancien gendarme, nous sommes encore dans un monde hybride, entre la dématérialisation et le tout numérique. Une situation qui contribue à complexifier la lutte contre la fraude. "Pour prendre un exemple, lorsque j’ai acheté un téléphone, j’ai fourni un justificatif d’identité à usage unique, généré grâce à ma carte d’identité nouvelle génération et à l’application France Identité", explique Jean-Paul Gagnon. "Dans ce cas, l’État certifie l’identité produite, car l’intégrité de l’information est garantie dès la source. Lorsque vous scannez un document ou que vous le photographiez pour l’envoyer à distance, vous êtes dans la dématérialisation. En revanche, lorsque vous utilisez un dispositif conçu dès l’origine pour intégrer des mécanismes de certification, des validations par l’Anssi, ainsi que des outils électroniques d’émission, de réception et de vérification, alors vous entrez dans le monde numérique."

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    En effet, Stéphane Père, managing director chez Evidency estime que la détection constitue déjà une étape en retard dans la lutte contre la fraude. La question de la prévention et par conséquent de la certification des documents pour en garantir l’authenticité devient un point de bascule.

    L'IA pour massifier et pour contrer la fraude

    L’intelligence artificielle a aussi un rôle à jouer. La technologie représente aussi bien une menace qu’une solution. Aujourd’hui, l’IA sert largement à massifier la fraude, à automatiser, à augmenter sa qualité. "À l’inverse, elle va permettre d’industrialiser et de standardiser la lutte contre la fraude", détaille Christopher Larrondo. "Et ce, en cherchant des détections additionnelles par rapport à ce que pourrait faire un humain ou en analysant le document sur son plan informatique ou visuel." Même constat pour Jean-Paul Gagnon : "Même avec des années d’expérience dans la fraude documentaire, je suis incapable d’identifier à l’œil nu une police d’écriture suspecte sur un document. L’IA, elle, peut le faire. Elle peut aussi détecter des couches anormales dans un PDF, là où un humain ne verrait rien."

    Mais l’intelligence artificielle n’est pas une solution miracle ! Pour Simon Hebbo, il y a un certain engouement qu’il faut canaliser. "L'IA n’est qu’un moyen technologique et toute seule, elle ne peut pas tout résoudre et certainement pas la fraude. Dans notre domaine, il faut vraiment comprendre les fraudeurs, s’adapter sans cesse, essayer de trouver les remèdes, et surtout être plus malin qu'eux !"

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    À l’occasion de la plénière "Fraudes à l'identité, faux documents, escroqueries : quelles solutions pour sauver la confiance ?", les différentes interventions ont mis en lumière la nécessité de poursuivre la sensibilisation des entreprises et des citoyens de manière générale. "Il faut une meilleure acculturation du public aux nouveaux outils d’identité numérique, comme France Identité, les wallets et les dispositifs de vérification à distance", souligne Jérôme Filhol, digital trust solution & service development chez Doxallia (via le partenariat avec ShareID). L’enjeu ? Trouver le bon équilibre entre les technologies de prévention et de lutte, la simplicité d’usage des documents ou outils numériques et la culture de la confiance numérique.

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