Pour sa vingtième édition, l'Université annuelle de l'AFCDP a quasiment fait le plein du grand amphithéâtre de la Maison de la Chimie à Paris. Près d'un millier de Délégués à la protection des données sont venus écouter leur président, Philippe Salaün, évoquer tout à la fois les enjeux liés à la souveraineté numérique et ceux générés de l'intelligence artificielle : "l'IA bouleverse nos métiers et elle s'impose dans les organisations de façon parfois désordonnée."
A ces deux enjeux il faut ajouter "la menace cyber qui est plus que jamais présente et qui se diversifie" selon Matthieu Autret, Chef de la mission contrôles et supervision au sein de l'Anssi ; "cette menace concerne désormais toutes les organisations de la PME aux grands groupes en passant par les opérateurs de l'Etat et les hôpitaux". Le péril est d'autant plus préoccupant qu'il s'inscrit dans un contexte de fortes tensions géopolitiques où la cyber guerre participe des manœuvres de déstabilisation entre adversaires.
En 2026, la menace cyber présente plusieurs caractéristiques selon Mathieu Autret : "elle est massifiée et industrialisée, elle recourt à l'anonymisation et elle profite de la vulnérabilité des équipements de sécurité des organisations visées." Face à ce défi multiforme, l'Anssi travaille à la transposition dans le droit français de la directive européenne NIS2 qui a pour ambition de créer un niveau commun de cybersécurité entre les États membres de l'Union européenne. En France, 20 000 entités sont concernées par cette mise à niveau.
En open data, le principe de gratuité n'est plus tenable
Autre chantier abordé par l'AFCDP, celui de la donnée et plus particulièrement le sort des données publiques. Pour Denis Berthault, Vice-Président du Groupement français des industries de l’information (gf2i), "la donnée est en enjeu de souveraineté, un enjeu politique, un enjeu économique, un enjeu de guerre économique et un enjeu militaire. Le pouvoir de révélation de ces données est désormais très lié à l'intelligence artificielle mais il est important de rappeler qu'il n'y a pas de bonne intelligence artificielle sans bonne donnée."
A ses yeux, l'open data tel que nous le connaissons depuis une quinzaine d'année arrive à essoufflement. "Le principe de gratuité tel qu'il est appliqué n'est plus tenable. Les données produites par le service public sont mises à disposition gratuitement sur des plateformes publiques et parmi les bénéficiaires on trouve des entreprises privées et étrangères."
Au sein de la communauté des Délégués à la protection des données, le débat ne fait que commencer.









