
RETROUVEZ CET ARTICLE ET PLUS ENCORE DANS NOTRE MAGAZINE : SOUVERAINETÉ NUMÉRIQUE : QUI SONT NOS CHAMPIONS FRANÇAIS ?
Au sommaire :
- Souveraineté numérique : qui sont nos champions français ?
- La gestion de contenu en mode souverain
- Confiance numérique souveraine : un écosystème mature et dynamique
- Facturation électronique : la souveraineté à l’épreuve d’un marché mouvant
- Plateformes collaboratives et messageries "made in France"
- L’archivage électronique souverain : un impératif stratégique
- Veille : en première ligne de la bataille pour la souveraineté numérique
- Start-up françaises : un levier tactique pour l’innovation et la souveraineté
Dans son Observatoire semestriel de conjoncture sur les tendances et perspectives du marché du numérique, Numeum constate une tendance désormais bien établie : les projets de souveraineté sont devenus "un enjeu transversal pour les entreprises et les administrations dans un contexte géopolitique incertain". Pour ce syndicat professionnel qui prend régulièrement le pouls de la filière numérique française, les organisations sont en train de passer de la réflexion à la mise en pratique de la souveraineté numérique.
Bonne nouvelle, les éditeurs français de solutions dédiées à la gestion de contenus proposent depuis plusieurs années des logiciels capables de répondre aux besoins des entreprises. "Dans le domaine du traitement documentaire, la France et l’Europe disposent d’un écosystème riche et solide", constate Charles Huot, président de Cap Digital, une structure associative qui réunit l’un des plus grands collectifs d’innovateurs en Europe, avec plus de 670 organisations membres.
Selon lui, nous ne manquons pas d’acteurs souverains, certifiés et reconnus internationalement. "Dans la gestion documentaire, la dématérialisation et l’automatisation des processus, je pense à des éditeurs comme Open Bee, Zeendoc, Everteam, Armadillo ou Maarch", explique-t-il. "Tous démontrent qu’il existe des solutions françaises et européennes performantes, sécurisées et parfaitement adaptées aux exigences réglementaires."
Lire aussi : Gestion de contenu et logiciels métiers : l’urbanisation du SI
Quand le diable se cache dans les détails…
À l’heure où les propos proférés par Donald Trump à l’égard de l’Europe sont de plus en plus menaçants, beaucoup d’éditeurs français de solutions de Ged, d’ECM ou de Dam mettent en avant leurs atouts concurrentiels : hébergement des contenus en France, conformité RGPD, labels Anssi… Il reste pourtant du chemin à parcourir si l’on veut éviter l’expatriation des données aux États-Unis.
Selon une étude Astérès/Cigref, publiée en 2025, 83 % des achats de cloud et de logiciels sont réalisés auprès d’entreprises états-uniennes. Comme le faisait remarquer un observateur lors d’une journée d’étude organisée par la FNTC, au mois de novembre dernier, "cela signifie que 83 % de nos données se trouvent sur des serveurs américains et qu’elles sont donc exposées à d’importants risques juridiques, en particulier la section 702 du Foreign Intelligence Surveillance Act (Fisa) qui légalise les techniques de surveillance."
Et le diable se cache parfois dans les détails : "vous pouvez avoir une application métier française ou européenne, mais qui dépend d’une brique installée aux États-Unis ou ailleurs", explique Ophélie Coelho, chercheuse en géopolitique du numérique (Centre internet et société - CNRS). Ces briques non souveraines peuvent se présenter sous la forme de composants SaaS ou de passerelle vers une IA. Et elles restent souvent indispensables pour faire tourner des solutions "made in France" et "made in Europe".
Lire aussi : IA et gestion de l'information documentaire : un glossaire en accès libre
Des clients sensibles à la sécurité de l’hébergement
Du côté d’Open Bee, éditeur de solutions de Ged, la souveraineté numérique passe par un hébergeur hexagonal bien connu : "Orange a été pour nous le partenaire de choix", souligne Marc Balleydier, fondateur d’Open Bee. "Nous avons besoin d’héberger nos données en France pour des problématiques de cloud souverain et nos clients sont extrêmement sensibles au niveau de la sécurité de l’hébergement de leurs données."
Même son de cloche pour Zeendoc, une solution Saas française de Ged développée par Sages informatique et très présente sur le marché français des PME et des collectivités. L’éditeur met, lui aussi, l’hébergement en avant : "dans un contexte où la protection des données privées et publiques représente un enjeu majeur et où les attaques (hacking, phishing etc.) ne cessent de croître, la sécurité devient l’élément premier quant au choix d’une solution d’hébergement des données d’entreprises et personnelles".










