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Documentalistes : 40 ans de mutation… Et demain ?

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    Jean Gauthier, directeur de Serda Compétences et Clémence Jost, rédactrice en chef d’Archimag. (DR)
  • Depuis 1985, Archimag et Serda Compétences avancent aux côtés des documentalistes. Ensemble, nous avons surmonté des crises et des révolutions technologiques, nous nous sommes réinventés… En 2026, le contexte change, mais pas la valeur de ce métier. Voici notre manifeste pour bâtir, ensemble, les 40 prochaines années.

    393_couvbd.png enlightened RETROUVEZ CET ARTICLE ET PLUS ENCORE DANS NOTRE MAGAZINE : COMMENT SE PORTENT LES CENTRES DE DOCUMENTATION EN 2026 ?

    Au sommaire : 

    - Le bilan de santé des centres de documentation en France : les résultats détaillés de notre grande enquête inédite 
    Les préoccupations des centres de doc : ce qu’en disent les éditeurs 
    “De la documentation au KM, ce service est la chronique d’une transformation” 
    - “Notre métier doit bouger très vite” 
    - “Demain, les centres de documentation seront des tiers-lieux pédagogiques”
    Documentalistes : 40 ans de mutation… Et demain 


    La profession de documentaliste est-elle en danger ?

    Jean Gauthier : Les documentalistes ont été en danger à chaque révolution technologique. Pourtant, les outils changent, mais les fondamentaux restent. Analyser, qualifier, structurer, évaluer la fiabilité : ces compétences ne se périment pas. Elles se recyclent et même se renforcent lorsque l’environnement devient plus complexe. Selon moi, le documentaliste en danger est celui qui ne monte pas en compétences pour s’adapter aux changements.

    Clémence Jost : Près de la moitié des professionnels se disent inquiets concernant leur avenir. Cette crainte, qui est le résultat de la forte pression qui s’exerce sur les services (resserrement des budgets, contraction des effectifs…) et qui oblige souvent les documentalistes à faire plus avec moins de moyens, ne doit pas être minimisée. Cette tension est accentuée par l’automatisation et par un flou concernant le périmètre du métier et nourrit un sentiment de manque de reconnaissance.

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    Comment le métier doit-il s’adapter ?

    CJ : En élargissant ses compétences et en assumant, selon moi, une évolution déjà à l’œuvre. L’image du documentaliste "gestionnaire de ressources" s’efface progressivement au profit d’une figure plus hybride et agile, en renforçant la dimension d’analyse, en prenant une place plus nette dans l’accompagnement des usages et en entrant davantage dans les logiques de gouvernance. Dans ce cadre, l’IA n’est ni une baguette magique ni un adversaire : c’est un outil que beaucoup apprivoisent déjà et qui doit être maîtrisé, cadré, documenté et intégré dans des méthodes.

    JG : Élargir ses compétences, évidemment, mais aussi élargir ses perspectives. Je vois de plus en plus de documentalistes évoluer vers la veille, la gestion des connaissances ou encore la documentation technique, parfois en changeant d’entreprise. Finalement, c’est savoir se positionner. Cela suppose de développer des compétences hybrides : maîtrise des technologies (IA, data, automatisation), pédagogie auprès des usagers et capacité à dialoguer avec les équipes métiers et les DSI. Et n’oublions pas les soft skills, qu’il faut développer ou consolider (capacité à "défendre" un projet, communication, collaboration…).

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    Quel avenir pour les documentalistes ?

    JG : Pour être un brin provocateur, je dirais que c’est peut-être le nom de la profession qui évoluera. Le terme "document" est un peu réducteur, alors que le métier traite aujourd’hui de l’information numérique sous toutes ses formes. On pourrait presque parler de "dataliste". En revanche, les compétences qui fondent cette profession resteront essentielles pour les organisations. Les documentalistes auront sans doute à affirmer davantage leur rôle stratégique, mais cela suppose d’accepter d’évoluer avec les technologies, les pratiques professionnelles et les nouveaux besoins des utilisateurs.

    CJ : Nous observons une profession lucide et résiliente : inquiète concernant les moyens, mais plutôt convaincue que l’avenir se jouera dans la transformation, pas dans l’effacement. Et c’est là qu’Archimag tient à renouveler son engagement vis-à-vis des documentalistes. Depuis 1985, nous avons évolué avec eux et avancé à leurs côtés à chaque bascule en valorisant leur fonction et en les accompagnant pour surmonter les vagues technologiques. Archimag est, et restera, leur allié historique pour faire de chaque transformation une nouvelle réussite professionnelle !

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