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Structurer et piloter un centre de service Ged, alimenter la plus grande base de données de documents, contribuer à la rédaction de synthèses ou de résumés d’analyses d’articles, veiller au respect des workflows d’approbation des documents, mettre en œuvre la politique documentaire, surveiller l’information et les publications dans les champs disciplinaires, etc.
Voici quelques exemples de ce que l’on peut trouver dans les fiches de postes des offres d’emploi de documentalistes, que ce soit sur Archimag.com ou sur le web. Cette diversité de missions illustre bien la difficulté de définir, en une phrase, le métier de documentaliste !
"Lorsque je dois décrire mon métier, je parle avant tout de la gestion de l’information", explique Jean-Philippe Accart, consultant et formateur bien connu des lecteurs d’Archimag. "Car il y a dans toutes les organisations des informations qui circulent sur tous types de supports : papier, numérique, réseaux sociaux, etc. J’explique qu’en documentation, nous gérons tout cela, mais aussi des logiciels, des budgets, avec parfois une équipe et des RH."
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Formatrice et gestionnaire de l’information depuis vingt ans, Jenny Collin indique de son côté que "son métier consiste à informer, à capitaliser l’information et à produire des livrables. Toujours au plus près des besoins des acteurs." Un dernier point que confirme Joaquine Barbet, responsable du centre de documentation et de ressources de la Chambre des métiers d’artisanat de Bobigny : "les documentalistes ont vraiment un rôle de service vers leurs publics."
Différentes appellations pour s’adapter aux évolutions
Aujourd’hui, la profession revêt parfois différentes appellations : professionnel de l’infodoc, doc controller, chargé de mission information, data librarian… Joaquine Barbet parle même de "facilitateurs ou d’accompagnateurs". Des terminologies qui traduisent des évolutions, plus qu’une disparition du métier. "L’appellation n’est plus vraiment d’usage et tend à se transformer, à l’exception des (professeurs) documentalistes de l’Éducation nationale", appuie Jenny Collin.
Ces questionnements soulèvent ainsi la problématique du positionnement et de la visibilité du métier, qui constituent un enjeu majeur. "Si les fonctions habituelles d’un service de documentation ne changent pas tant que ça, beaucoup de ceux qui les composent se définissent aujourd’hui plutôt comme des veilleurs. C’est une tendance assez forte et les responsables au sein des entreprises comprennent mieux ce rôle de veille", explique Jean-Philippe Accart. Ce dernier milite et forme d’ailleurs depuis longtemps à l’usage de techniques de communication et de marketing pour renforcer la visibilité des services documentaires.
Des compétences multiples
Sur la fiche métier des documentalistes, France Travail (ex-Pôle Emploi) fait état de plusieurs missions principales :
- "recherche et gère des sources et des informations documentaires selon les besoins de sa structure. Met à disposition un fonds documentaire physique et numérique (documents écrits, enregistrés) et facilite l’accès à différents publics (particuliers, professionnels, chercheurs…),
- peut réaliser l’acquisition et la valorisation de documents,
- peut diriger une équipe, un service et animer un réseau".
À cela, pourrait être ajouté l’accompagnement de la transition digitale des organisations, la création de supports et d’outils documentaires ou, encore, une expertise technologique. "On attend aujourd’hui des professionnels de l’information qu’ils soient réactifs, force de proposition, capables d’anticiper les besoins", poursuit Jenny Collin.
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Qualités relationnelles, écoute, curiosité, goût pour l’opérationnel, esprit critique et d’équipe… Pour les professionnels interrogés, le métier de documentaliste repose aussi sur des "soft skills", qui constituent des aides précieuses pour s’adapter aux différents secteurs d’activité, mais aussi pour comprendre comment l’information circule et la faire arriver à bon port. "Il faut savoir " flairer" l’air du temps et les projets de son organisation en échangeant avec ses collègues, et surtout leur proposer ses services !", confirme Jean-Philippe Accart. Et Joaquine Barbet de compléter : "nous devons amener nos publics à augmenter leur curiosité en allant au-delà de ce qu’ils sont venus chercher initialement".
Un métier technophile
Les documentalistes ont une appétence presque naturelle pour les nouvelles technologies et les pratiquent au quotidien. En plus des logiciels documentaires, des plateformes de veille et des autres outils de gestion de l’information, ils ont un rôle central à jouer dans le déploiement de l’IA dans le domaine professionnel. "Cette technologie touche aux questions de la recherche d’informations et ces problématiques s’insèrent parfaitement dans nos missions", précise Joaquine Barbet.
"Les préoccupations concernant la disparition du métier se sont installées dans le temps et l’IA est venue renforcer cette peur", indique Jean-Philippe Accart. "Pourtant, beaucoup d’éléments jouent, selon moi, en notre faveur ! Car nous observons un fort besoin d’adversité face aux fake news et à la désinformation". Un besoin auquel les compétences des documentalistes peuvent répondre.
Les associations professionnelles
- L’Association des professionnels de l’information et de la documentation (ADBS)
L’ADBS rassemble environ 1 200 adhérents et s’organise grâce à l’engagement d’une soixantaine de bénévoles. Créée en 1963, cette association vise à accompagner les professionnels durant leur parcours. Elle organise et anime, entre autres, des groupes de travail sectoriels et/ou régionaux, des formations, des webinaires et des revues professionnelles.
-> adbs.fr
- InterDoc - l’association de documentalistes des collectivités territoriales
Depuis 1993, InterDoc s’est donné pour mission de « valoriser le métier de l’infodoc, accompagner, partager et devancer les besoins des collectivités et défendre le métier et le promouvoir ». L’association propose différents services accessibles à tous ou à ses adhérents (journées d’étude, partage d’expériences, documents de travail, actualité du domaine, etc.).
-> www.interdoc.asso.fr
- L’Association internationale francophone des bibliothécaires et des documentalistes (AIFBD)
L’AIFBD a été créée en 2004 lors d’une rencontre des "Francophones de l’Ifla", à l’occasion du congrès de Buenos Aires. L’association met en réseau des bibliothécaires et des documentalistes francophones et s’attache à la valorisation de ces métiers. Elle organise tous les trois ans un congrès international dans un pays francophone, en partenariat avec l’Ifla.
-> www.aifbd.org
À noter : certaines écoles formant aux métiers de l’information, à l’image de l’École de bibliothécaires et de documentalistes (EBD), proposent aussi des associations ou réseaux d’anciens élèves.









