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"Demain, les centres de documentation seront des tiers-lieux pédagogiques"

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    Samantha Stief, responsable du learning center de l’École nationale supérieure d’arts et métiers de Metz. (DR)
  • Au sein de l’École nationale supérieure d’arts et métiers de Metz, en Moselle, les missions confiées aux documentalistes ont été considérablement élargies. L’avenir de la documentation s’oriente clairement vers un modèle hybride.

    393_couvbd.png enlightened RETROUVEZ CET ARTICLE ET PLUS ENCORE DANS NOTRE MAGAZINE : COMMENT SE PORTENT LES CENTRES DE DOCUMENTATION EN 2026 ?

    Au sommaire : 

    - Le bilan de santé des centres de documentation en France : les résultats détaillés de notre grande enquête inédite 
    Les préoccupations des centres de doc : ce qu’en disent les éditeurs
    “De la documentation au KM, ce service est la chronique d’une transformation”
    - “Notre métier doit bouger très vite”
    - “Demain, les centres de documentation seront des tiers-lieux pédagogiques”
    Documentalistes : 40 ans de mutation… Et demain


    À Metz (Moselle), les étudiants de l’Ensam (École nationale supérieure d’arts et métiers) ont pendant de nombreuses années fréquenté la bibliothèque de l’établissement. Aujourd’hui, l’ancienne bibliothèque est devenue un learning center qui combine accès au savoir, technologies émergentes et environnements immersifs. Baptisé AtriuM, il est organisé autour d’un centre de documentation, dont les missions ont été largement transformées. Il ne se limite plus au prêt de ressources, mais accompagne les étudiants, les enseignants et les chercheurs sur de nouveaux territoires : réalité virtuelle, usages numériques et, bien entendu, intelligence artificielle générative

    "Au cours des dernières années, nous avons observé une évolution profonde des usages et des attentes au sein du campus Arts et Métiers de Metz", explique Samantha Stief, responsable du learning center. "Les pratiques documentaires se sont largement numérisées, avec une consultation croissante de bases de données scientifiques, de ressources en ligne et d’outils de recherche avancée. Parallèlement, les étudiants expriment un besoin accru d’espaces collaboratifs, de lieux d’expérimentation et d’accompagnement pédagogique, en cohérence avec la diversité de leurs activités : cours, travaux dirigés, projets tutorés, travaux personnels ou prise en main de technologies émergentes."

    Lire aussi : IA et recherche : les bibliothèques et centres de documentations réaffirment leur rôle

    Élargissement du périmètre

    Environ 650 étudiants sont amenés à fréquenter l’AtriuM, qui se situe désormais au croisement de la documentation, de la pédagogie et de l’innovation technologique. Une évolution qui a amené l’institution à redéfinir sa raison d’être autour de trois piliers : espaces, usages et services. Doté d’espaces modulables, l’AtriuM a vu sa fréquentation augmenter de près de 50 % en l’espace de deux ans. 

    Mais qu’en est-il pour les documentalistes qui font vivre le site ? Samantha Stief constate en effet que leurs missions ont profondément évolué ces dernières années pour accompagner les transformations pédagogiques et technologiques du campus. "Si la gestion des ressources documentaires reste un pilier, notre périmètre d’action s’est considérablement élargi", explique-t-elle. "Nous intervenons désormais dans l’accompagnement à la recherche d’information scientifique et technique, dans le développement des compétences informationnelles et numériques, ainsi que dans le soutien aux dispositifs d’apprentissage innovants."

    Et les missions des documentalistes comprennent désormais la prise en main d’outils multimédias, la création de podcasts, le montage audiovisuel… Sans oublier l’acculturation des étudiants à ces nouveaux environnements.

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    Vers le tiers-lieu pédagogique

    Et, sans surprise, l’IA s’est également invitée au centre de documentation. De l’aveu même des professionnels, elle transforme progressivement leurs missions et redéfinit en profondeur les pratiques d’accès à l’information. En particulier pour la recherche documentaire, l’analyse de données, la veille scientifique ou encore la synthèse automatisée de contenus complexes. Mais il s’agit également de "former les usagers à un usage critique, responsable et méthodologiquement solide de ces outils". Objectif : identifier les limites de l’IA, ses biais, ses risques et mettre en avant les bonnes pratiques pour l’utiliser dans un cadre académique et scientifique.

    Aux yeux de Samantha Stief, une chose est sûre : "L’avenir de la documentation s’oriente clairement vers un modèle hybride, où les ressources numériques, l’accompagnement humain et l’innovation pédagogique se renforcent mutuellement".

    Selon elle, les centres de documentation ne se limitent plus à la mise à disposition de contenus : ils deviennent des espaces d’apprentissage, d’expérimentation et d’acculturation technologique. "Demain, les centres de documentation seront des tiers-lieux pédagogiques, capables d’accompagner les étudiants dans la recherche d’information."

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