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Julien Belly : le métier d’archiviste itinérant au plus près des communes

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    Julien Belly, archiviste itinérant au Centre de gestion de la Dordogne et président de la section des archivistes communaux, intercommunaux et itinérants de l’AAF. (DR)
  • Julien Belly a fait le choix de l’itinérance il y a presque 20 ans. Archiviste au sein du Centre de gestion de la Dordogne, il se déplace de commune en commune, toujours avec la même passion.

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    C’est son appétence pour l’histoire, et plus précisément pour l’histoire romaine, qui a naturellement poussé Julien Belly vers le patrimoine et le métier d’archiviste. Cet intérêt se concrétise en 1998, lorsqu’il entame une maîtrise d’histoire à l’Université de Bordeaux III, avant de poursuivre ses études avec un DESS Archives et Images à l’Université Toulouse - Jean Jaurès. Et si cet enfant de la Dordogne, en Nouvelle-Aquitaine, a fait de son département natal son terrain de travail actuel, c’est à la mairie de Bordeaux qu’il entame sa carrière d’archiviste en 2004.

    Julien Belly rejoint deux ans plus tard le Centre de gestion de la Dordogne (CDG 24), où il devient archiviste itinérant. "Dans le monde de l’archivistique, c’est un métier un peu particulier et méconnu qui demande beaucoup d’adaptabilité", constate-t-il. "Notre rôle prend parfois des allures de "sauveur", car nous intervenons souvent dans des milieux ruraux, au sein de petites communes qui n’ont pas les moyens de gérer leurs archives, parfois conservées dans des greniers ou des caves". Julien Belly intervient au départ principalement pour des missions de tri, de classement ou d’inventaire. "Cela a beaucoup évolué avec le temps, mais on nous appelait surtout pour "faire de la place", lorsque j’ai commencé".

    Et si l’aspect historique et patrimonial n’est pas toujours établi, l’archiviste itinérant n’hésite pas à prêcher les bonnes pratiques. "Nous essayons de faire passer des messages, notamment auprès des élus et des secrétaires de mairie, afin de les sensibiliser sur l’enjeu des archives", indique-t-il. "Elles sont importantes pour eux, pour leur travail quotidien, mais aussi pour le respect des réglementations et pour l’histoire de leur collectivité".

    Valorisation du patrimoine local et du métier d’itinérant

    Pour cet archiviste itinérant, la loi du 20 avril 2016 relative à la déontologie et aux droits et obligations des fonctionnaires a nettement fait bouger les lignes. "Nous étions auparavant dans un entre-deux", explique Julien Belly. "Ce texte a officiellement reconnu que les centres de gestion avaient le droit de réaliser des missions d’archivage, ce qui nous a permis de nous développer en recrutant davantage et en élargissant nos missions." Sur le terrain, dans des petites communes de moins de 80 habitants ou dans des communautés de communes, l’archiviste rencontre une grande variété de problématiques et de situations, et ce dans le cadre de missions qui peuvent durer de quelques jours à plusieurs mois. "On entend beaucoup parler des Archives nationales ou des archives départementales, mais celles des petites communes sont tout aussi importantes et passionnantes", affirme-t-il. "Certaines disposent de documents datant de la période révolutionnaire ! Je suis notamment tombé sur l’acte d’achat d’un bâtiment avec un tampon de cire datant de 1790 ou encore sur le procès-verbal d’élus d’une petite commune qui juraient fidélité au roi… Il y a toujours des choses très intéressantes !"

    Julien Belly mène également des missions de valorisation des archives auprès des écoles ainsi que des projets structurants pour le département. "Depuis plusieurs mois, nous travaillons avec les archives départementales et l’Agence technique départementale pour la création d’un système d’archivage électronique qui sera mis à la disposition des communes", précise-t-il. Un projet qui a d’ailleurs obligé l’archiviste itinérant à se former pour mettre à jour ses connaissances sur le sujet.

    En plus de son travail quotidien, Julien Belly est président de la section des archivistes communaux, intercommunaux et itinérants de l’Association des archivistes français (AAF). "Notre groupe de travail, qui a été relancé en 2022, a permis de valoriser ce métier en lançant notamment un blog pour les itinérants, réalisé par des itinérants", explique-t-il. "Mais si les conditions de travail ont évolué depuis mes débuts, elles restent une problématique essentielle".

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