bientôt...entre nos mains !

 

La disparition du papier n’est pas pour demain, mais son remplacement progressif par le papier électronique n’est plus une utopie. La presse, l’édition et la publicité suivent attentivement ce marché émergent.

 Lors de l’édition 2001 du Salon du livre de Paris, un stand attirait les curieux. A l’écart du carré magique des maisons d’édition les plus prestigieuses, le livre électronique faisait son entrée dans le monde assez convenu des éditeurs et semblait voler la vedette au livre papier. Les visiteurs saisissaient cette tablette, épaisse et lourde, pour en découvrir toutes les promesses : des milliers de pages chargées sur le disque dur, une police de caractères modifiable à merci, un écran rétro-éclairé, la possibilité de faire des annotations, les liens hypertextes menant aux dictionnaires intégrés. Force est de constater que, six ans plus tard, le e-bookTout ouvrage publié dans un format électronique (PDF, HTML, format propriétaire…). Techniquement, il s’agit d’un fichier ou d’un ensemble de fichiers. Le livre, au sens d’objet de lecture, existe par son unité sémantique commodément désignée par son titre.">i n’a pas rencontré le succès escompté, faute de sa surcharge pondérale et d’un prix – environ sept cent cinquante euros en 2001 – qui ont eu raison de ses multiples atouts.

du noir et blanc à la couleur

Le papier électronique fonctionne sur le principe de microcapsules contenant des particules blanches chargées positivement et de particules noires chargées négativement. Sous l’action de signaux électriques, ces particules se déplacent pour générer un point noir ou un point blanc. Déclinées sur des millions de microcapsules, ces points forment des lettres ou des images. La qualité de l’affichage dépend de plusieurs critères :vitesse d’affichage, niveaux de gris, neutralité du blanc, brillance. Le prochain défi des constructeurs réside dans le passage de noir et blanc à la couleur.
Mais en l’espace de six ans, les recherches n’ont jamais cessé. Elles ont provoqué une cure d’amaigrissement convaincante, si l’on en juge par le e-Readeri proposé par Sony à l’automne 2006. Ce lecteur, fin et élégant, préfigure les livres électroniques dans un très proche avenir. Toujours plus mince et plus ergonomique, le livre électronique amorce son ultime mutation, celle vers le papier électronique. « Le secteur du papier électronique est en constanteévolution, c’est un monde de ruptures perpétuelles», s’enthousiasme Bruno Rives le fondateur de Tebaldo, un observatoire consacré aux nouvelles technologies. Selon lui, les trois prochaines années devraient marquer le passage à la couleur, aux supports semi-flexibles, aux batteries intégrées et aux dimensions les plus variées. Il sera donc possible de lire des textes et des contenus multimédia sur un écran plastifié souple à peine plus épais qu’une feuille cartonnée.
 
niche technologique, niche économique

Les applications, on l’imagine aisément, sont multiples : lecture de la presse ou de livres, visionnage de contenus multimédias, mais aussi affichage publicitaire ou murs tapissés de papier électronique affichant des messages ou des graphismes. Les éditeurs de presse suivent attentivement les progrès accomplis par les constructeurs et raisonnent désormais en termes de papier électronique communicant. Selon toute vraisemblance, les lecteurs pourront télécharger l’édition du jour sur leur papier électronique comme ils le font aujourd’hui sur leur ordinateur en format PDFi, mais ils bénéficieront en plus de l’actualité via les liaisons sans fil – comme Bluetooth ou GPRS – issues de la téléphonie mobile. Très utile pour rester branché sur des événements en temps réel et des cours de la bourse. Cette niche technologique pourrait se transformer en niche économique, car les coûts d’impression sur papier seraient tout simplement supprimés. Le quotidien économique Les Echos proposera à partir du mois prochain nonpas du papier électronique – opérationnel seulement à l’horizon 2010 – mais un appareil « assurant une qualité de lecture exceptionnelle sur un écran mis à jour à tout moment de la journée ». Ce dispositif, moins épais qu’un journal replié, permettra aux Echos de figurer parmi les premières publications au monde à proposer une telle offre. Selon Philippe Jannet, directeur des éditions électroniques des Echos, cette machine sera distribuée sur abonnement à un prix raisonnable, mais ne pourra afficher que des contenus diffusés par Les Echos.
Les publicitaires n’ont pas mis longtemps à comprendre les avantages à tirer du papier électronique. Le rafraîchissement à distance du contenu présente de nombreux atouts pour une banque, par exemple : modifier ses taux de crédit à la consommation en fonction des taux pratiqués par la concurrence ferait gagner des clients. Cette réactivité combinée à des formats bientôt équivalents à ceux des affiches traditionnelles en papier n’a pas échappé à Décathlon. En septembre dernier, du papier électronique fut intégré dans une campagne d’affichage urbain. Selon Bruno Rives, « l’année 2007 pourrait bien être pour le papier électronique ce que le troisième siècle avant J.C. fut pour le papier », en référence à l’inventiondu papier en Chine. L’Asie, il est vrai, peut faire valoir un certain savoir-faire non seulement d’un point de vue technologique, mais aussi des modèles économiques mis en place. Les Occidentaux – sous les enseignes de Philips et Xerox entre autres – poursuivent également leurs recherches et pourraient annoncer de nouveaux produits lors du Salon du livre qui se tiendra le mois prochain à Paris. La société britannique PlasticLogic devrait démarrer sa production de papier électronique en 2008, avec une production estimée à quarante-deux millions d’unités d’ici 2010. Selon certaines estimations, le prix de vente de ces nouveaux supports serait de quatre-vingts euros.

Observatoire  de l'économie numérique

Tebaldo est un observatoire consacré aux tendances et aux usages des nouvelles technologies et des nouveaux médias. Fondé en octobre 2000 par Bruno Rives, Tebaldo propose des séminaires, des études et des rencontres autour de l’économie numérique.
Dans le domaine du papier électronique, l’expertise des consultants de Tebaldo fait autorité.
Les rencontres organisées sur un rythme trimestriel attirent un nombre croissant de participants : éditeurs, groupes de presse, industriels. L’équipe de Tebaldo est composée majoritairement de Français, mais accueille volontiers des analystes japonais et chinois, en raison de l’avance prise
par les pays asiatiques dans le développement du papier électronique.
De nouvelles recrues venant d’Inde et du Brésil viendront prochainementétoffer cet observatoire.
Suivez l’actualité du papier électronique en France et dans le monde :

www.tebaldo.com

brunorives.blogspot.com

papierelectronique.blogspot.com 
 

Le chiffre du jour
C'est le nombre de dossiers médicaux partagés ouverts par les assurés.