Publicité

Comment la RFID est devenue une technologie incontournable à Bayeux

  • bayeux-7-lieux16601.jpg

    Voici Les 7 Lieux, la médiathèque intercommunale de Bayeux.
  • Après un peu plus de 18 mois de travaux, la nouvelle médiathèque de Bayeux intercom, baptisée “Les 7 lieux”, a ouvert ses portes en février dernier avec de nouveaux espaces, une pléthore de services, des horaires étendus et de nouveaux dispositifs flambant neufs.

    “Dans l’ancienne bibliothèque municipale, les documents n’étaient pas équipés d’antivol, explique Nicolas Beudon, le directeur des 7 lieux. Et après les opérations de récolement, nous nous sommes aperçu qu’un certain nombre de documents manquaient à l’appel”. Vols, pertes ou emprunts non restitués, les causes de ces absences sont variées, mais, le plus important, c’est qu’elles peuvent parfaitement être évitées. Á condition d’y consacrer les moyens nécessaires. D’où l’intérêt de passer à la technologie RFID, ce qui impliquait d’équiper l’intégralité de la collection d’étiquettes spécifiques et d’installer des automates de prêt/retour, ainsi que des portiques RFID à l’entrée.  

     

    Objectif : fluidifier les opérations de prêt/retour

    “Malgré l’importance des antivols, notre volonté première était surtout de fluidifier les opérations de prêt/retour, précise Nicolas Beudon. D’où l’intérêt aussi de mettre à la disposition du public des bornes leur permettant d’être totalement autonomes”. Pour lutter efficacement contre le vol, le problème c’est qu’il est impératif de mettre des étiquettes RFID absolument partout. C’est le cas notamment pour les CD/DVD.

    “Il faut, en effet, prévoir la pose d’étiquettes RFID sur tous les éléments : les CD ou les DVD eux-mêmes (il peut y en avoir plusieurs dans un seul coffret) mais aussi le livret et le boîtier, poursuit le directeur. En accumulant autant de puces, il y a des risques d’interférences, de blocages à l’automate, et donc de difficultés pour les usagers nécessitant une intervention des bibliothécaires. Voilà pourquoi nous avons décidé de n’apposer qu’une seule puce RFID sur ce type d’élément et de placer des leurres partout ailleurs”.

    Le directeur se dit très satisfait de ce dispositif (la pose des étiquettes RFID a été faite intégralement à la main par l’équipe de la médiathèque, NDLR) et confirme que l’utilisation de la technologie RFID est surtout faite pour simplifier le prêt/retour.

     

    Passage autorisé

    Aujourd’hui, grâce à la RFID, les utilisateurs peuvent même faire des piles de documents (jusqu’à 8) et tous les enregistrer en même temps. “Nous avions pourtant eu des retours plutôt négatifs d’autres bibliothèques concernant ce type de procédés, mais comme nous n’avons qu’une seule étiquette RFID par document, la détection ne pose finalement aucun problème”, ajoute Nicolas Beudon. Bibliotheca, qui a fourni l’ensemble des équipements RFID, a confirmé au responsable que le fait de mettre des étiquettes RFID sur tous les documents était une hérésie et que cela ne se faisait absolument pas comme ça à l’étranger. Les français feraient-ils de la lutte contre le vol une obsession ?

     

    Á quand l’ouverture automatisée ?

    Du côté des horaires d’ouverture, l’amplitude a également évolué avec cette nouvelle médiathèque. “Auparavant, la bibliothèque était ouverte 22 heures par semaine en moyenne, précise Nicolas Beudon. Aujourd’hui, nous sommes passés à 48 heures d’ouverture hebdomadaire”. D’où l’intérêt pour la solution open+ de Bibliotheca. Sauf que lorsque le responsable de la médiathèque a évoqué le sujet avec les élus de Bayeux intercom, il a bien senti que ces derniers n’étaient pas encore prêts pour ce type de dispositif. Sans compter que cela pose des problèmes de sécurité et de conformité.

    “J’ai suivi avec attention le projet de de la médiathèque l’Odyssée à Lomme qui a voulu mettre en place ce dispositif, mais nous avons appris qu’il se heurtait finalement à des problèmes réglementaires et à la législation française sur les établissements recevant du public (ERP)”, reprend Nicolas Beudon. Ce qui est sûr, c’est que dans ce domaine, il y a des choses à défricher et que cette solution devrait intéresser beaucoup de monde”.

    D’autant que du côté de Bayeux, la question de la sécurité se pose moins que dans des villes plus importantes ou des quartiers dans lesquels le climat est plus tendu. En attendant que les mentalités évoluent et que la législation s’assouplisse sur ce sujet, Les 7 Lieux a mis en place, hors des horaires d’ouverture, une boîte de retour extérieure pour ses usagers. “Il s’agit d’une simple boîte aux lettres, continue le responsable. Et non, d’un robot”.

     

    Des étagères avec détection intégrée

    Autre solution intéressante pour la médiathèque : les étagères RFID qui permettent aux visiteurs de restituer leurs emprunts sans passer par l’automate, simplement en plaçant leurs documents sur une étagère spécifique. “Ce type de dispositif nous intéressait également, mais nous ne pouvions pas le mettre en place pour des questions de place” indique Nicolas Beudon. D’ailleurs, même l’installation des automates n’a pas été si simple que cela : leur emplacement n’avait pas été anticipé dans le plan du bâtiment. Nous nous sommes donc cassé la tête pour gérer au mieux les files d’attentes potentielles et ne pas encombrer l’espace".

    "Il faut vraiment penser au maximum ces nouveaux systèmes très tôt dans la phase de conception d’un nouveau bâtiment", indique Nicolas Beudon.

    In fine, quatre automates ont été installés dans le hall d’accueil pour gérer le prêt/retour.

     

    Á l’ancienne

    L’une des particularités de la médiathèque Les 7 Lieux, c’est aussi de proposer un service de prêt d’objets : instruments de musique, moules à gâteaux, machines à coudre, télescopes, etc. Et dans ces cas-là, les puces RFID et les automates ne sont d’aucune utilité. “Il nous fallait un système d’antivol simple et efficace, poursuit le responsable. Ces objets volumineux et parfois fragiles, nécessitent un peu d’accompagnement avant d’effectuer le prêt. Paradoxalement, ce service innovant nous a contraint à conserver une banque de prêt/retour assez traditionnelle, mais attention : elle est réservée aux inscriptions, au premier accueil et au prêt d’objets uniquement, en aucun cas au prêt/retour de documents classiques qui se fait exclusivement sur les automates. “

     

    Des stats automatiques

    Quant aux statistiques, la médiathèque est aujourd’hui heureuse d’en avoir. “Auparavant, nous n’avions pas de statistiques de fréquentation, ajoute Nicolas Beudon, juste des données sur les prêts. Mais aujourd’hui les usages des bibliothèques se diversifient, notamment le séjour sur place, et le nombre d’emprunts n’est plus un indicateur d’activité suffisant.

    “ Le week-end d’ouverture, par exemple, la médiathèque a enregistré plus de 5 000 passages. Une affluence record.

     

    Et maintenant ?

    Le responsable de la médiathèque conclut en précisant que si l’interface des automates de prêt/retour est agréable et intuitive, il attend avec impatience la disponibilité en France du système de recommandations déjà disponible dans certains pays. Á la manière des services de streaming vidéo et des sites e-commerce, Bibliotheca propose dans les pays anglo-saxons un système qui affiche automatiquement sur les bornes des recommandations en fonction des documents empruntés par les usagers. Sauf que pour le moment, en France, les connecteurs nécessaires à son fonctionnement ne sont pas encore finalisés.

    Fiche d’identité : Les 7 Lieux
    Adresse : 1 Boulevard Fabian Ware, 14400 Bayeux
    Site web : https://www.les7lieux.fr/
    Horaires d’ouverture : du mardi au samedi de 10h à 19h et le dimanche de 15h à 18h

     

    À lire sur Archimag

    Commentaires (1)

    • Portrait de Claudebib

      Bonjour, Il est étonnant cet article, d'une part, Mr Beudon n'est plus directeur des 7 lieux depuis presque deux mois, comment se fait-il qu'il intervienne encore en qualité de directeur dans la presse professionnelle ? D'autre part, la RFID est un sujet archi-rebattu dans les bibliothèques publiques depuis presque 20 ans, rien d'innovant là-dedans, pas plus que le prêt d'objets, copié sur d'autres bibliothèques de la région.

      avr 13, 2019

    Le Mag

    Tout Archimag, à partir de 9,50 €
    tous les mois.

    Le chiffre du jour

    63
    C'est le part des entreprises françaises qui adhèrent à la dématérialisation des notes de frais.

    Recevez l'essentiel de l'actu !

    2019_03_270x270_aidel-archimag_fondu.gif

    banniere GP52 web.png