Comment se faire entendre dans un monde informationnel dominé par la langue anglaise ? Cette question, le Québec se la pose depuis plusieurs siècle. La Belle Province se la pose d'autant plus qu'à l'heure de l'IA triomphante, les cultures minoritaires sont souvent sous-représentées par les grands systèmes d'IA générative.
Le défi n'a pas échappé à Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) qui s'apprête à expérimenter un projet de «Banque de données gouvernementales et culturelles en français et en langues autochtones». "Tous les scénarios sont un peu sur la table actuellement" explique Valérie D'Amour, gestionnaire responsable de l'étude de faisabilité, dans un entretien accordé à nos confrères de La Presse Canadienne ; "on a beaucoup d'idées et on veut valider les possibilités avec les milieux culturels, donc avec les propriétaires, les fournisseurs de données également, qui vont être mis à contribution dans les réflexions".
Référents québécois
A ce jour, BanQ précise que cette banque de données n'aura pas un rôle de diffusion des œuvres mais qu'elle a vocation à irriguer les différents modèles d'IA. "Cela veut dire qu'elle ait des référents québécois, que ce soit dans des petits modèles ou dans de grands modèles, qui soient issus de la recherche ou du milieu des affaires" explique Marie Grégoire la présidente-directrice générale de Bibliothèque et Archives nationales du Québec.
Dans son esprit, le projet québécois rappelle l'initiative française Argimi qui entend créer et partager des communs numériques, dont un grand modèle de langue francophone. Argimi réunit des acteurs industriels de l’IA (Mistral AI, Artefact, Giskard) et deux établissements publics, la Bibliothèque nationale de France et l'Institut national de l'audiovisuel.











