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Numérique : l'inquiétant retard des PME francaises

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    La France se classe sous la moyenne européenne (Pixabay / lukasbieri)
  • Malgré le succès de ses start ups, la France accuse un retard préoccupant en matière de transition numérique de ses TPE-PME. Le Sénat pointe notamment le manque de compétences numériques. 

    Face A : la France est une “start up nation” qui regorge d’idées et de succès. Face B  : nos TPE-PME sont à la traîne et semblent en passe de rater leur transition numérique.

    En se classant 15ème sur 28 du classement DESI de la Commission européenne sur l’économie numérique, la France se situe sous la moyenne continentale. Le podium étant occupé, sans surprise, par un trio de pays nordiques : Finlande, Suède, Pays-bas. La situation a été jugée suffisamment préoccupante pour que le Sénat se saisisse du problème.

    Dans un rapport publié cet été, la sénatrice Pascale Gruny (Les Républicains, Aisne) constate que “de nombreuses PME et TPE ont du mal à opérer leur propre révolution numérique” et dresse  la liste de tout ce qui ne va pas : “manque de culture et de compétences numériques, insuffisances de l’accompagnement financier, fracture numérique et territoriale, relations ambivalentes avec les plateformes en ligne : les dirigeants de PME et TPE sont confrontés à un ensemble d’obstacles qu’il convient de lever”. 

    <inter> Au moins un point de croissance

    Comment la France en est-elle arrivée là ? Contrairement à une idée très répandue dans le milieu des start up parisiennes, les entreprises françaises sont comparativement peu numérisées par rapport à leurs concurrentes européennes. Elles n’occupent que le 16ème rang (sur 28) en matière de numérisation de leurs processus. Résultat : “notre pays peine à faire émerger des licornes (1) ; elles sont moitié moins nombreuses qu’en Allemagne et six fois moins qu’au Royaume-Uni” constate le rapport sénatorial ; “on estime que ce classement très médiocre de la France lui coûte au moins un point de croissance”.

    Même constat pour le cabinet Mc Kinsey qui souligne que les TPE-PME françaises accusent un retard inquiétant en matière de dématérialisation des processus d’entreprise. Seulement 63 % des TPE hexagonales disposent d’un site web contre 91 % en Allemagne. Et l'automatisation de la chaîne logistique (supply chain) n'a été engagée que par 25 % des PME françaises (11 % des TPE) contre 43 % au Danemark (26 % pour les TPE) ou 41 % en Allemagne (21 % pour les TPE). Plus inquiétant encore, un tiers des dirigeants de TPE-PME reconnaissent éprouver des difficultés avec les outils numériques. Plus largement, 39 % des personnes actives sont dépourvus d’une “culture numérique sommaire” alors que 90 % des emplois de l’Union européenne nécessitent un minimum de compétences. “Il s’agit là d’un handicap critique d’employabilité autant que de productivité pour la France” regrette le Sénat.

    <inter> Investissements et suramortissement

    Etonnament, c’est le service public qui apparaît comme “un moteur pour la digitalisation du secteur privé”. Ses procédures dématérialisées revêtent progressivement un caractère obligatoire et obligent les TPE-PME à s’adapter aux enjeux numérique : déclaration de TVA, relations avec l’Urssaf, facturation…

    Est-ce suffisant ? Les auteurs du rapport sénatorial proposent une dizaine de recommandations dont certaines devraient parler aux dirigeants de TPE-PME. Notamment le fait d’inscrire à l'actif du bilan l'ensemble des investissements matériels ou immatériels concernés, y compris les prestations de conseil et de formation. “Pour les PME-TPE en transition numérique et technologique, l'ensemble des investissements immatériels doivent être traités sur un pied d'égalité”.

    Toujours dans le domaine comptable, le rapport préconise de rendre permanent le dispositif de suramortissement pour les investissements de robotisation et de transformation numérique de toutes les PME-TPE. 

    Pour les sénateurs, “la transition numérique doit se faire avec eux et pour eux !”


    (1) Le terme “licorne” désigne les start ups valorisées à plus d’un milliard de dollars.

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