
RETROUVEZ CET ARTICLE ET PLUS ENCORE DANS NOTRE MAGAZINE - DSI DU SECTEUR PUBLIC : LE PIVOT DE LA TRANSFORMATION
Au sommaire :
- DSI du secteur public : le pivot de la transformation
- Stratège, pompier, diplomate et chef de projet : la DSI de Carcassonne Agglo
- La DSI de l’Urssaf mise sur le sur-mesure
- Région Île-de-France : une DSI restructurée
- IA, souveraineté, data : la DSI de l’IGN joue sur tous les tableaux
La production, la préservation et la diffusion des données sont au cœur des missions de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN). Sous la tutelle du ministère de la Transition écologique, l’établissement public dispose de sa propre école d’ingénieur (Géodata Paris) et de laboratoires de recherche (unités mixtes de recherche avec le CNRS). À la croisée de différents domaines, comme la cartographie ou la donnée, la DSI représente un pôle important.
"Nous avons des missions plus ou moins classiques", explique Charles-Pierre Astolfi, DSI depuis janvier 2026 à l’IGN. En effet, ce service composé de près de deux-cents collaborateurs s’assure aussi bien du bon fonctionnement de l’environnement numérique des agents que des trois data centers dont l’institut est propriétaire (au niveau du foncier, de l’infrastructure et des machines). "Nous avons internalisé ces compétences aussi pour des questions de résilience et de souveraineté". Deux thématiques clés dans la feuille de route de cette DSI.
Mais l’équipe de Charles-Pierre Astolfi se caractérise surtout par sa capacité à développer des outils numériques pour les métiers, comme pour d’autres entités publiques, dans une logique proche de celle d’une ESN (entreprise de services du numérique). "Près de 140 personnes sont mobilisées pour le développement d’outillage sur mesure", précise le DSI. Parmi la centaine de développeurs, on trouve près de 35 à 40 ingénieurs IA.
"Si l’intelligence artificielle a toujours été un sujet pour l’IGN, nous avons accéléré ces dernières années le recrutement sur cette expertise au sein de notre direction." En effet, l’IA s’impose désormais comme un sujet majeur : "Nous avons déployé Piag, un portail d’IA génératives développé par le ministère de la Transition écologique pour tous les collaborateurs", poursuit Charles-Pierre Astolfi. "De notre côté, nous nous autorisons à utiliser tous types d’IA génératives - Claude, Mistral, ChatGPT - de manière exploratoire pour mesurer leurs capacités et ce que nous pouvons réellement faire avec chacun." D’autant plus que leurs jeux de données sont déjà entraînés sur le patrimoine de l’IGN !
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Intégration industrielle
"Depuis 2020, nous sommes entrés dans une phase d’intégration industrielle de l’IA", confirme le DSI. "Elle est devenue une composante essentielle de certaines chaînes de production et certains produits numériques n’auraient pas pu voir le jour sans elle." À l’image de OCS GE, le référentiel national de l’occupation du sol à grande échelle : l’IA a permis de déterminer ce que représentent les 20 milliards de pixels qui composent le territoire français. L’ensemble du jeu de données à d’ailleurs été diffusé gratuitement.
La DSI se positionne donc comme un maillon central de la diffusion et de la gouvernance des data. "Tout le patrimoine de données de l’IGN est accessible via la Géoplateforme", indique Charles-Pierre Astolfi. "C’est le service qu’il y a derrière carte.gouv.fr ou encore l’application Cartes IGN. Faire en sorte que cette plateforme fonctionne et continue d’évoluer pour répondre aux différents besoins est une priorité pour nous. De plus, les directions des données et des cartes produisent beaucoup de data. Nous sommes là pour assurer la gouvernance et la cohérence des systèmes d’information."
Récemment, l’équipe a réinternalisé l’ensemble du système de diffusion (celle des bases de données géographiques et de ses services en ligne), historiquement géré par Capgemini. "Cela nous a pris un an pour faire monter en compétences certains collaborateurs et pour recruter afin de reprendre en main le code et la gestion de l’administration, notamment", explique-t-il.
Au sein de l’IGN, la DSI n’a donc rien d’un service support. "Nous sommes embarqués dans l’ensemble des projets métiers", conclut Charles-Pierre Astolfi.









