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Nouveaux services digitaux, cloud, IA, souveraineté... La DSI de l’Urssaf mise sur le sur-mesure

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    Jean-Baptiste Courouble, DSI de l’Urssaf Caisse nationale.. (DR)
  • Jean-Baptiste Courouble est DSI de l’Urssaf Caisse nationale depuis plus de 14 ans. Il décrypte les ambitions de son service entre transformation des outils, évolutions des services digitaux et souveraineté numérique. 

    394_couverture_bd.pngenlightened RETROUVEZ CET ARTICLE ET PLUS ENCORE DANS NOTRE MAGAZINE - DSI DU SECTEUR PUBLIC : LE PIVOT DE LA TRANSFORMATION

    Au sommaire : 

    - DSI du secteur public : le pivot de la transformation
    - Stratège, pompier, diplomate et chef de projet : la DSI de Carcassonne Agglo
    - La DSI de l’Urssaf mise sur le sur-mesure
    - Région Île-de-France : une DSI restructurée
    - IA, souveraineté, data : la DSI de l’IGN joue sur tous les tableaux


    Quel est le rôle de la DSI de l’Urssaf et comment fonctionne-t-elle aujourd’hui ?

    La direction des systèmes d’information de l’Urssaf compte plus de 1 300 collaborateurs internes répartis sur dix sites. Elle a pour mission de piloter l’ensemble des activités IT de l’organisme. Par exemple, en exploitant quotidiennement les systèmes d’information, comme la gestion des services digitaux des usagers de l’Urssaf, ou encore des outils à destination des gestionnaires de compte. 

    Nous avons aussi pour mission de construire et de transformer les systèmes d’information, notamment pour répondre aux demandes qui nous sont formulées par nos tutelles. Ces évolutions réglementaires sont majoritairement gérées par la loi de financement de la Sécurité sociale, votée chaque année. Nous avons ainsi un contrat avec l’État qui nous engage à travers une convention d’objectif et de gestion déclinée en un "Schéma directeur des systèmes d’information", établi sur cinq ans.

    L’Urssaf est un organisme très spécifique, sans équivalent dans un tel contexte. Nous sommes donc tenus de faire des SI sur mesure, et non du prêt-à-porter ! Ce fonctionnement nous permet de déployer des solutions réellement adaptées à nos besoins et à ceux de nos usagers. Nous développons tout en interne ou en faisant appel à des entreprises de services numériques.

    À quoi ressemblent les projets de transformation de l’Urssaf ?

    La DSI de l’Urssaf pilote chaque année des centaines de projets (184 projets en 2024). Nous avons donc des "figures imposées", à l’image de projets métiers sur lesquels nous devons être au rendez-vous. 

    Depuis 2017, nous avons participé à la mise en place de la déclaration sociale nominative [NDLR : transmission unique et automatisée des données liées à la paie ou autres événements des salariés], qui est désormais le nouveau vecteur déclaratif des entreprises. Nous avons aussi fait évoluer les offres de services, telles que le Cesu ou Pajemploi (dispositifs permettant notamment de faire des déclarations de salaire de manière simplifiées) en partenariat avec la DGFiP.

    Nous intervenons aussi sur ce que j’appelle des "figures libres", c’est-à-dire des choix technologiques et digitaux pour transformer nos métiers. Quand la DSI se penche sur des enjeux cloud, internet ou sur des sujets autour de l’intelligence artificielle, cela peut permettre aux métiers de l’Urssaf de développer de nouveaux services. Par exemple, nous mettons en œuvre des technologies innovantes basées sur l’IA pour accompagner la relation téléphonique.

    Lire aussi : Le classement documentaire manuel reste une réalité pour la majorité des DSI

    Les enjeux de souveraineté et de cybersécurité structurent-ils votre stratégie ?

    Nous avons pris ces deux sujets à bras le corps ! Concernant la cybersécurité, nous traitons des données sensibles : déclaration de revenus, salaires, etc. Nous nous devons de faire en sorte que le traitement et la gestion de ces données soient conformes au RGPD et qu’elles ne soient pas exposées sur des plateformes soumises à des lois extra-territoriales et à toute intrusion malveillante.

    Outre la protection des données, la dépendance technologique a un coût. Les monopoles de certains nous contraignent à des conditions commerciales et tarifaires unilatérales au détriment de la valeur métier. Les risques liés à la géopolitique doivent aussi être pris en compte. Ainsi, dans le scénario du pire, certains fournisseurs de services pourraient décider du jour au lendemain de couper nos accès.

    Un mouvement de fond est en cours et l’Urssaf y adhère. Nous voulons contribuer à inverser la tendance en favorisant l’émergence de champions numériques français, européens ou open source. Si la commande publique ne représente qu’une faible partie des commandes IT, la valeur d’exemple est très importante. Si l’État ne s’inscrit pas dans cette stratégie, je ne vois pas comment les autres suivraient le mouvement ensuite.

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