Six ressortissants géorgiens impliqués dans le vol d’ouvrages rares de la littérature russe ont été condamnés le 11 juin dernier à des peines de prise ferme et avec sursis. Soupçonnés d'appartenir à un "réseau criminel structuré" qui a sévi dans une dizaine de pays européens entre 2022 et 2024, ils avaient notamment visé la Bibliothèque nationale de France et la Bibliothèque universitaire des langues et civilisations (Bulac) à Paris ainsi que la bibliothèque Diderot de l’Ecole normale supérieure à Lyon.
Parmi les six prévenus - cinq hommes et une femme -, Mikheïl Z. a écopé d'une peine de sept ans d’emprisonnement avec maintien en détention et d'une interdiction définitive du territoire français, une fois sa peine purgée. Beqa T. a pour sa part été condamné à quatre ans de prison avec mandat de dépôt.
Le tribunal correctionnel de Paris a également prononcé une peine de six ans d’emprisonnement à l'encontre de deux autres hommes absents au procès. Dans ses réquisitions, le procureur a souligné que les six prévenus avaient procédé à "un véritable vol de trésor, massif, organisé, planifié, exécuté avec minutie, cynisme".
Préjudice matériel, préjudice moral
En 2023, des éditions de Pouchkine, de Mikhaïl Lermontov et d'Evgueni Baratynski avaient été dérobées à la BnF. "C'était la première fois que quelque chose d'aussi massif se produisait, avec un tel mode opératoire" selon Jean-Marc Chatelain, directeur de la réserve des livres rares. Ce mode opératoire témoigne en effet du professionnalisme du réseau. Les voleurs se rendaient dans les bibliothèques pour consulter des ouvrages rares et précieux. Sur place, ils les photographiaient afin de prendre leurs mesures, puis revenaient plus tard pour les substituer par des fac-similés qui ont trompé les agents.
Selon la Bibliothèque nationale de France, le préjudice est estimé à environ 650 000 euros. Mais, pour l'institution, ce préjudice est également moral, car ce vol porte atteinte à l’intégrité des collections nationales de la France.











