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L’Association professionnelle des archivistes francophones de Belgique (AAFB) a célébré ses vingt ans en 2025 en adoptant un nouveau nom : Aksoni. Celui-ci fait référence aux "Axones", structures biologiques essentielles à la transmission de l’information dans le système nerveux. Comme les axones, Aksoni entend jouer un rôle de trait d’union, de catalyseur et de passeur de savoir dans une société de plus en plus complexe et numérique. Cette nouvelle identité symbolise les mutations du métier tout en ancrant les actions de la fédération dans les enjeux contemporains.
En 2025, Aksoni s’est concentrée sur un vœu central de son mémorandum 2024-2029 : "Donner les moyens financiers et humains aux pouvoirs locaux (communes, CPAS, intercommunales) afin de leur permettre de prendre concrètement en main la gestion de leur production documentaire et d’assurer ainsi un meilleur service à l’administration et à la population".
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Un secteur en mutation
Un sondage, mené en 2025 par Aksoni auprès de 262 communes, révèle une situation préoccupante : seuls 16 % des communes disposent d’un personnel dédié à la gestion des archives et 57 % n’ont aucune organisation documentaire structurée. Dans la plupart des cas, la mission d’archivage est confiée à des agents non formés, en plus de leurs fonctions principales.
Selon les chiffres confirmés par le ministre wallon des Pouvoirs locaux, le déficit en ressources humaines s’élève à "au moins cent ETP (équivalents temps plein)" sur l’ensemble de la Wallonie. Cela engendre un isolement professionnel, une surcharge de travail et une impossibilité de garantir une gestion de qualité.
Pourtant, la production documentaire des administrations locales a considérablement augmenté sous l’effet de la digitalisation, de la multiplication des obligations légales et de l’exigence de transparence. L’étude montre que la gestion documentaire n’est pas perçue comme une priorité institutionnelle. Sans cadre clair, les documents risquent de disparaître, d’être mal classés ou d’être inaccessibles, ce qui fragilise à la fois l’administration, les citoyens et les élus.
Face à cette réalité, plusieurs archivistes communaux ont choisi de se rassembler pour passer des constats à l’action. L’objectif : transformer une fonction trop souvent négligée en un pilier de la gouvernance locale. Au programme :
- redéfinition des missions du gestionnaire de l’information,
- renforcement de sa position au sein des administrations,
- communication pour informer les élus, sensibiliser les agents et valoriser le travail des gestionnaires d’information.
Parmi les pistes soulevées, la création d’un "référent gestionnaire de l’information-archiviste" (à l’instar des modèles observés aux Pays-Bas ou au Luxembourg), apparaît comme prometteuse. Ce poste permettrait de centraliser les compétences, d’assurer une veille légale et technique et de coordonner les actions entre communes.
Aksoni a formulé une proposition concrète au ministre : prévoir au minimum 1,5 ETP pour une commune de 20 000 habitants, lorsque le service des archives est synergisé avec d’autres fonctions. Cette norme, adaptable selon la taille et la complexité de la commune, serait un premier pas vers une gestion professionnalisée.
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Pourquoi agir maintenant ?
Nos métiers liés à la gouvernance de l’information sont en mutation permanente. Sans reconnaissance institutionnelle et sans moyens humains ni financiers adaptés, les communes risquent de perdre leur capacité à répondre aux obligations légales, à garantir l’accès à l’information et à préserver leur patrimoine documentaire.
Loin de réduire la charge documentaire, la transformation numérique l’a multipliée. Les communes, souvent dépourvues de moyens, sont en première ligne. En changeant de nom et en renforçant ses actions, Aksoni affirme sa volonté de porter la voix des archivistes locaux et de faire de la gestion de l’information un levier de bonne gouvernance. Le moment est venu de passer des constats aux actes.
Marie-Laurence Dubois










