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Adhérer à une communauté professionnelle : pour quoi faire ?

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    Pour être pertinente et pérenne, une communauté doit se retrouver autour d’un objectif commun, mais aussi générer de l’interactivité contenu et être fondée sur les besoins de ses membres (Pixabay/Alexas_Fotos CC0 Public Domain)
  • Chaque métier a ses communautés. Les documentalistes, archivistes et bibliothécaires n'échappent pas à la règle. A l'origine, il y a la volonté de mettre ses connaissances, ses compétences et ses aspirations en commun. Et après ?

    Fédérer des membres autour d'un sujet ou d'un besoin précis, faire corps, répondre au besoin de reconnaissance des uns et des autres, assurer la pro­mo­tion de la pro­fes­sion, défendre ses intérêts, valoriser son image et intégrer le métier à la stratégie de l'entreprise ou de l'organisation, telles sont les principales ambitions d'une communauté professionnelle.

    Fondés sur ce besoin de reconnaissance, de partage et de valorisation, de nombreuses associations et groupes en ligne ont donc vu le jour autour des métiers d'archiviste, de documentaliste ou de bibliothécaire.

    Les 10 vocations d'une communauté professionnelle

    Que ce soit au format associatif ou en ligne, sur les réseaux sociaux notamment, la communauté repose sur le même socle de valeurs et de vocations. Elle permet ainsi de :

    1. créer des sections et des groupes de travail sur des thématiques ponctuelles, de manière totalement autonome ou en concertation avec certains organismes d’État ou les instances universitaires ;
    2. organiser et participer à des projets limités dans le temps (journée d'études, conférences, colloques, etc.) ;
    3. éditer des publications professionnelles (comme l’AAF qui publie un bul­le­tin tri­mes­triel pour ses adhérents, Archivistes ! et une revue scientifique, La Gazette des archi­ves, des­ti­née à tous ceux qui s’inté­res­sent, direc­te­ment ou indi­rec­te­ment, aux archi­ves et à la pro­fes­sion d’archi­viste, mais aussi l'ABF qui édite la revue Bibliothèque(s), ou encore l'ADBS qui édite I2D – Information, donnée et documents) ;
    4. développer et partager des ouvrages sur le sujet ;
    5. assurer la formation continue des professionnels ;
    6. partager les bonnes pratiques et les bonnes ressources dénichées par d'autres professionnels ;
    7. diffuser les offres d'emploi et relayer les CV ;
    8. mutualiser des ressources rares ;
    9. échanger le savoir rapidement et à distance (par mail ou via les réseaux sociaux) afin d'éviter la réunionite ;
    10. susciter l'innovation.

    Prendre une part citoyenne dans la société de la connaissance

    Pourquoi un tel engagement et une telle volonté de partager ? 

    "Parce que nous sommes dans une société de la connaissance, celle-ci devient nécessaire pour prendre une part citoyenne et responsable dans la société », expliquent de concert les créateurs d'un nouveau groupe « Autoformation en bibliothèques » sur Facebook. « Apprendre tout au long de la vie est aussi le nouvel adage de nos sociétés post-modernes, et nécessaire aux diverses mutations des métiers et de l’emploi tout au long de la vie. Les bibliothèques sont au devant de la scène dans cette mutation de l’accès aux savoirs. Leur rôle devient celui d’un véritable « conseiller » en information et en connaissance des ressources qui permettent d’apprendre et de se former. La nouvelle médiation que doivent porter maintenant les professionnels des bibliothèques est bien celle-ci ». 

    D'autant que le monde de l’enseignement a déjà pris en compte cette nouvelle donne en mettant au premier plan les ressources libres et les Mooc (cours massifs en ligne gratuits et s’adressant à tous).

    Des services en retour

    L'investissement dans une communauté professionnelle permet également de prendre la mesure de l'évolution du métier, d'en discuter et de disposer d'une structure capable de jouer les interlocuteurs avec les pouvoirs publics. 

    En adhérant, vous devenez un acteur du réseau de votre profession (qu'il soit local ou national) et bénéficiez de plusieurs avantages, comprenant généralement un espace réservé en ligne avec des offres d'emploi, l'annuaire des adhérents, la possibilité de participer à certaines manifestations (journée d'information ou de formation), des tarifs préférentiels sur les formations et certains abonnements, des newsletters ou des bulletins d'information, mais aussi de certains services comme l'aide à la recherche d'emploi, des informations sur les activités proposées par les autres adhérents, avec même la possibilité de défiscaliser une partie du montant de l'adhésion dans certains cas.

    Quand la communauté rétablit le lien humain dans l'organisation

    Faire partie d'une communauté professionnelle, c'est aussi s'engager, être proactif, porteur d'idées et d'innovations, organiser des actions pour faire évoluer certaines situations, voire faire du lobbying. La communauté est donc à la fois un lieu de création de connaissance collective, d'actions et de partage. 

    C'est d'autant plus important que « les gens ne se parlent pas tant que ça, déplore une archiviste œuvrant dans le milieu de la santé. Ceux qui sont sur un projet ne savent pas forcément ce que font leurs collègues un étage en dessous, voire dans les bureaux juste à côté ». 

    Pour lutter contre ce cloisonnement des services et stimuler l'intelligence collective, certaines entreprises ont instauré des rencontres trimestrielles, durant lesquelles les différentes équipes viennent présenter leurs projets en cours. Preuve que les communautés peuvent aussi influer sur le management de l'organisation et contribuer au rétablissement d'un lien humain entre les différentes équipes.​ Florent Laidet, consultant archives chez Labgroup, avoue par sa part y avoir trouvé une plus grande assurance au quotidien, grâce à cette possibilité d'échanger sur les difficultés rencontrées ou les réflexions menées, avec des personnes ayant le même profil.

    « Cela constitue un boost et permet de rester au fait des dernières évolutions du métier, et me permet même de recruter des archivistes métier dans le cadre des projets que j'ai à gérer pour mes clients de façon plus efficace et plus rapide ». 

    A chaque membre, son niveau d'engagement

    Reste que pour être pertinente et pérenne, une communauté doit se retrouver autour d'un objectif commun, mais aussi générer de l'interactivité (discussion possible entre les membres, publications unilatérales, commentaires, annotations, votes, génération de contenus, etc.) et être fondée sur les besoins de ses membres. 

    Souvenez-vous d'ailleurs de la pyramide de Maslow et du classement des différents besoins des individus. Une communauté doit pouvoir offrir à ses membres au moins un des besoins identifiés et permettre à ses utilisateurs de tirer un bénéfice concret de cette appartenance (disposer des conseils gratuits, de services, de ressources, etc.). 

    Sans compter qu'il existe au sein de la communauté différentes populations, chacune ayant ses propres motivations. Les « créateurs » et les « contributeurs » étant les véritables moteurs, mais pas forcément les plus nombreux.

    Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse

    Quant à la forme, peu importe. Associations classiques ou groupes virtuels, cela dépend des sensibilités et des disponibilités de chacun. Sachez toutefois qu'il existe des groupes très spécialisés sur LinkedIn (dans la documentation, l'accès à l'information, la gestion des connaissances, la littérature, etc.) qui, bien qu'ils ne comptent que quelques membres, sont malgré tout très actifs. 

    L'important étant de garder en tête qu'une communauté qui ne vit pas (messages, questions, événements, ressources, publication, interactivité, etc.) est une communauté qui meurt. 

    "Je pense que l'atout des associations est de regrouper les professionnels de façon plus mobilisatrice et plus visible pour avoir un poids sur des décisions politiques ou sur des certifications (style Iso) que par le biais des groupes virtuels, souligne Florent Laidet de Labgroup. La participation aux deux est intéressante". 


    + repères

    Associations et groupes, les incontournables !

    • AAF (Association des archivistes français) - www.archiviste.org
    • AAEF (Association des archivistes de l'Eglise de France) - www.aaef.fr
    • Abaf (Association des bibliothécaires adjoints de France) - abaf.free.fr
    • ABF (Association des bibliothécaires français) - www.abf.asso.fr
    • Acim (Association de coopération des professionnels de l'information musicale) - www.acim.asso.fr
    • ADBDP (Association des directeurs de bibliothèques départementales de prêt) - www.adbdp.asso.fr
    • ADBGV (Association des directeurs de bibliothèques municipales et intercommunales des grandes villes de France) - www.adbgv.asso.fr
    • ADBS (Association des professionnels de l'information et de la documentaion) - www.adbs.fr
    • ADBU (Association des directeurs et des personnels de direction des bibliothèques universitaires) - www.adbu.fr
    • ADDNB (Association pour le développement du document numérique en bibliothèques) - www.addnb.fr
    • AIBM (Association internationale des bibliothèques, archives et centres de documentation musicaux) - www.aibm-france.fr
    • AIFBD (Association internationale francophone des bibliothécaires et documentalistes) - www.aifbd.org
    • Andep (Association nationale des documentalistes de l'enseignement privé)
    • CFI (Comité français Ifla) - www.cfifla.asso.fr
    • CFIBD (Comité français international bibliothèques et documentation) - www.cfibd.fr
    • Eblida (European bureau of library, information and documentation associations) - www.eblida.org
    • Fadben (Fédération des enseignants documentalistes de l'éducation nationale) - www.fadben.asso.fr
    • Interassociation archives bibliothèques documentation - www.iabd.fr
    • Interdoc (Association des documentalistes de collectivités territoriales) - www.interdoc.asso.fr
    • Liber (Ligue des bibliothèques européennes de recherche) - libereurope.eu
    • PolDoc (Groupe de recherche bibliothéconomique appliquée aux outils des politiques documentaires) - poldoc.enssib.fr

    Sur LinkedIn :

    • Bibliophilie et amour des livres, 860 membres
    • Gestion électronique de documents, 1 360 membres
    • GSI (Gestion stratégique de l'information), 939 membres
    • Lecteur de livres de managament, 383 membres

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