Facebook met les archives de ses abonnés au frais

Cette salle stockera 1 exabit de données avec seulement 1.5 MW. Mick Amato

 

Afin de stocker les archives de ses abonnés les moins consultées, le célèbre réseau social équipe actuellement son data center de l’Oregon d’une salle dédiée utilisant la technologie "cold storage".

Le froid, ça conserve. La preuve : il permettrait de développer des data centers demandant moins de surface au sol qu'un data center standard, embarquant huit fois plus de capacités de stockage tout en consommant quatre fois moins d'énergie. Des atouts que Facebook a décidé de tourner à son profit.

350 milliards d’unités d’archives

Considérant les 350 millions de photos postées chaque jour sur ses timelines, auxquelles s’ajoutent les 240 milliards de clichés accumulés depuis sa création, Facebook a constaté que 82 % de son trafic se concentrait sur seulement 8 % des photos disponibles, généralement les plus récentes. Le réseau social n’effaçant pas les vieilles photos, ces données partagées peu consultées sont extrêmement gourmandes en capacité de stockage des serveurs ainsi qu’en consommation d’énergie au sein des data centers. Mais comment conserver de tels volumes d’archives (photos, vidéos, statuts, etc), estimées à 350 milliards d’unités, tout en faisant des économies ?

Le "cold storage"

Facebook a trouvé la solution en ajoutant une salle supplémentaire à son data center de Prineville, dans l’Oregon : destinée à stocker les données à basse température (cold storage rack), cette pièce permettra de multiplier par huit sa capacité de stockage théorique (2 Po par serveur) tout en réduisant sa consommation énergétique d’un quart. Contrairement au "hot storage" classique, lequel impose des serveurs prêts à réagir immédiatement afin de garantir un accès rapide aux données, la plupart des serveurs sont en veille : selon Jay Parikh, directeur de l’ingénierie infrastructure chez Facebook, seules quelques machines y sont actives afin de "réveiller" les serveurs concernés en cas de requête. En pratique, l’utilisateur accèdera moins rapidement à ce type de données : Jay Parikh parle de quelques secondes, quand on peut actuellement consulter les derniers posts en une poignée de millisecondes. Au total, Facebook prévoit la construction de trois salles de ce type, d'une surface de 16 000 m². La première, d’une capacité  d’1 exaoctet (1000 Po) , devrait voir le jour l’automne prochain.

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