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Tout commence en 2015. Mia Viel entame une licence de lettres à l’Université Rennes 2 tout en préparant parallèlement les concours pour devenir orthophoniste. Une deuxième filière qui manque, selon elle, de "concret". "Il fallait que je questionne mon avenir professionnel," se rappelle-t-elle. "Ne sachant vers qui me tourner, j’ai parcouru les rayons de ma BU. C’était la meilleure décision de ma vie !".
En effet, elle y découvre par hasard un essai sur la place des archives dans la société. La curiosité piquée, elle rencontre Jean-Yves Le Clerc, directeur adjoint des Archives départementales d’Ille-et-Vilaine et intervenant à Rennes 2, qui lui décrit son métier et lui ouvre son carnet d’adresses. "J’ai envoyé des e-mails à tout le monde !", se souvient-elle.
Mia Viel débute alors un stage d’une semaine aux archives régionales de Bretagne et enchaîne aux archives départementales, avec Jean-Yves Le Clerc. "J’ai beaucoup apprécié l’ambiance et les valeurs défendues par la "fonction publique", que j’ai souhaité porter sur mon CV. Les personnes que j’y ai rencontrées étaient vraiment dans le partage".
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Engagements et rencontres
En 2019, la jeune étudiante entame un master Archives à l’Université d’Angers et se fixe comme objectif de faire son stage de fin d’études à l’étranger. Une ambition rapidement balayée par la crise du Covid… Durant le troisième confinement, Mia Viel boucle tout de même ses bagages et rejoint la ville de Lyon, où elle réalise un stage au Musée des Confluences en tant qu’assistante-archiviste. "J’ai adoré cette expérience."
En 2021, diplôme en poche, la jeune femme intègre un centre de gestion en tant qu’archiviste itinérante. "L’itinérance est la meilleure manière d’éviter la routine !" En parallèle, l’archiviste et danseuse de swing (pratique qu’elle enseigne également) est très investie dans la vie associative. Elle est membre de plusieurs associations et copilote le groupe de travail des archivistes itinérants au sein de l’AAF : "Une façon de donner du sens à mon travail en dehors du cadre professionnel".
Elle a même lancé le blog Archiviste et sac à dos pour mettre un coup de projecteur sur sa profession. "Ce métier est largement sous-estimé", regrette-t-elle. "Il m’est même arrivé de sentir une forme de dénigrement, ce qui est frustrant".
Cet engagement associatif l’amène finalement au Cameroun en mai 2025. Avec Planète Urgence, et grâce au financement d’Archivistes sans frontières, Mia Viel y mène alors une mission de formation aux techniques d’archivage auprès du personnel de la Réserve de Faune de Santchou. "Je me suis beaucoup renseignée pour préparer cette formation", souligne-t-elle. "Il fallait que j’aille au-delà de mes pratiques pour tenir compte des réalités locales, notamment du poids de l’oral et des spécificités administratives".
Sur place, d’autres profils se greffent au projet. "J’ai rencontré des personnes humainement incroyables". Au point que cette expérience nourrit déjà de nouveaux projets. Avec Archivistes sans frontières, Mia Viel travaille actuellement à la mise en place d’un chantier-école entre étudiants français et camerounais pour 2027. À suivre…
Elle like
- Le son du moment qui lui donne envie de danser : "Oriental Swing", de Lil Hardin Armstrong. Je le partage beaucoup, parce qu’il est génial et pour rappeler la place des femmes instrumentistes dans le jazz, trop souvent invisibilisées.
- La personnalité avec qui elle aurait aimé prendre un café : Nina Simone, car elle aurait beaucoup de choses à raconter et moi, beaucoup de questions à lui poser.
- La ville où elle se sent le mieux: Moustéru, en Bretagne, là où j’ai grandi.











