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Léon Vivien, un poilu sur Facebook !

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    "Nous avons voulu raconter cette histoire à hauteur d'homme..." (DR)
  • Sommaire du dossier :

    Le Musée de la Grande Guerre de Meaux a choisi Facebook pour valoriser ses archives et ses collections. Une page spéciale a été créée pour raconter la vie des tranchées à travers les yeux d’un jeune soldat envoyé sur le front.

    Il s’appelait Léon Vivien. Il avait 29 ans. Il était instituteur. Comme tous les jeunes hommes de sa génération, il a été déclaré « apte au service armé » et envoyé sur le front en 1914. Et comme de nombreux jeunes hommes de sa génération, il est mort au combat… Mais avant de mourir, Léon Vivien a pris le soin de raconter sa vie sur Facebook : les tranchées, la peur, l’épuisement, l’ennemi...

    Bien entendu, tous ces récits son fictifs. Léon Vivien lui-même est une pure création. À l’initiative du Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux (Seine-et-Marne), le compte Facebook de Léon Vivien a été créé de toutes pièces. « L’idée nous a été suggérée par l’agence web DDB, souligne Lyse Hautecoeur, chargée de communication du musée ; tout est parti d’une idée : et si Facebook avait existé en 1914… ? Nous avons aussitôt compris que nous tenions là un projet très innovant susceptible de donner de la visibilité à notre musée ».

    « j’ignore combien d’obus ont volé au-dessus de nos têtes… »

    Quant au visage de Léon Vivien qui apparaît sur la page Facebook, ainsi que celui de son épouse Madeleine, ils ont été réalisés via une palette graphique à partir de portraits de l’équipe du projet.

    Léon Vivien a donc raconté sa vie au front sur le plus célèbre des réseaux sociaux. Il ne s’est d’ailleurs pas contenté de publier des billets (« Première nuit à l’étable. Il va falloir s’habituer à la promiscuité. J’ignore combien d’obus ont volé au-dessus de nos têtes. Combien ont explosé. Je ne peux m’empêcher de penser, vu le nombre, qu’il y en a sans doute un pour moi »…). Il a également posté des photographies. ...

    Les clichés, très réalistes, sont tous issus des collections du Musée de la Grande Guerre qui héberge 50 000 pièces (affiches, armes, costumes, objets de la vie quotidienne…)

    En quelques jours, le compte Facebook de Léon Vivien a rapidement atteint les 20 000 « J’aime »… Aujourd’hui, alors que la page n’est plus mise à jour depuis la mort de Léon, le compteur en affiche plus de 65 000. Ses billets ont généré plus de 6 000 commentaires. Le plus apprécié fut celui du 2 mai 1915 où l’on voyait la photographie de la naissance de son fils Aimé : 2 869 likes, 219 commentaires et 98 partages ! Près de 60 % des fans de la page ont moins de 35 ans.

    Eviter les anachronismes

    Cette page Facebook a demandé un travail intensif pendant près de cinq mois avant la mise en ligne. Elle a été créée grâce à un exercice collectif réunissant des documentalistes, un directeur artistique, un concepteur rédacteur… « Nous avons opté pour une écriture très personnelle, très humaine… et des phrases courtes pour coller à l’univers Facebook. Nous avons voulu raconter cette histoire à hauteur d’homme » précise Lyse Hautecoeur. Le Musée de la Grande Guerre souhaitait également que cette page soit fidèle aux collections exposées dans ses galeries. Les posts de Léon ont ainsi permis de donner une seconde jeunesse aux archives du musée. Surtout, ses auteurs ont exigé que les billets de Léon soient conformes à l’Histoire et à ses réalités. C’est ainsi que le projet fut placé sous l’autorité de Jean-Pierre Verney, l’historien à l’origine du musée. Un spécialiste des costumes a même été consulté pour éviter les anachronismes entre les billets de Léon Vivien et les photographies mises en ligne. Le succès de l’initiative du Musée de la Grande Guerre n’est pas passé inaperçu. Plusieurs prix ont récompensé cette création digitale et ses auteurs sont invités par d’autres institutions culturelles pour raconter cette aventure. Plus étonnant, le numérique a donné naissance à un livre papier : « Léon Vivien, le poilu aux 60 000 fans » (Les Éditions de l’Opportun, 2013).

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