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Emmanuelle Marévéry : l’UX designer qui vous veut du bien

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    UX designer, Emmanuelle Marévéry travaille aujourd'hui pour Asmodée, où elle réalise des études utilisateurs. Elle manie également psychologie et data en réalisant des recherches avec un data scientist. (DR)
  • Savez-vous pourquoi vous avez acheté ce vélo gris plutôt que le rouge ? Avez-vous vraiment conscience de vos attentes et de ce qui motive vos décisions ? Savez-vous pourquoi vos réactions diffèrent de celles de votre voisin ? Probablement pas. Mais c’est justement le champ d’analyse de l’expérience utilisateur et de l'UX design. Et le terrain de jeu d’Emmanuelle Marévéry. Portrait.

    C’est chez Decathlon que tout a commencé, en 2007. La jeune femme, originaire de Montpellier, dans l’Hérault, et sportive de haut niveau en VTT (elle a fait partie de l’équipe de France de 1999 à 2001) arrive tout juste de Grenoble où elle vient d’obtenir deux diplômes : celui de l’école d’ingénieur ENSEEG INP-Phelma, où elle étudiait les nanomatériaux, et celui de l’École supérieur d’art et de design.

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    Écouter les utilisateurs

    Un double cursus qui ne doit rien au hasard :

    « J’ai justement choisi cette école pour ces deux disciplines », explique Emmanuelle Marévéry ; « selon moi, les innovations se trouvent au carrefour de l’ingénierie et du design, qui sont intimement liés ».

    D’abord sur un poste technique, elle devient ensuite chef de projet couleur et matière de l’enseigne française.

    « Je me suis alors rendu compte que la marque connaissait quelques flops au niveau de la couleur de ses vélos », explique-t-elle ; « je me suis dit qu’il faudrait écouter les utilisateurs pour comprendre ce qu’ils veulent ».

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    Un pôle "user science" chez Decathlon

    Afin d’explorer ce qui explique les différences de comportement à l’échelle d’un individu, Emmanuelle Marévéry reprend alors ses études. Cette passionnée d’arts martiaux (elle est ceinture noire de Kung Ku), valide alors à distance une licence de psychologie à l’université de Reims tout en continuant à travailler.

    « Cette formation m’a beaucoup aidée », confie-t-elle ; « grâce à elle, j’ai pu créer un pôle “user science” au sein de la marque Domyos de Decathlon en 2012, où nous avons testé des techniques de recherche innovantes pour l’époque, comme la biométrie, l’eye tracking ou la caméra thermique ».

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    Une démarche scienfique sur l'humain

    Surtout, la jeune femme se lance dans le data et le text mining pour analyser les avis exprimés par les utilisateurs sur le site Decathlon.fr.

    « Les 13 000 avis extraits nous ont permis d’identifier les critères de satisfaction et d’insatisfaction récurrents ; en croisant des méthodes implicites comme la biométrie - le corps de ment pas -, la data et la psychologie différentielle, on peut s’engager dans une véritable démarche scientifique sur l’humain ».

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    UX designer spécialisée dans le bonheur

    Chanel, Orange, Axa, Picard, Ubisoft ou encore Le Petit Marseillais… Les grandes marques sont nombreuses à solliciter la jeune UX designer, qui décide alors de retourner dans le sud de la France - « le soleil me manquait » - pour se mettre à son compte. L’expérience, qui dure trois ans, lui fait réaliser à quel point l’aspect ludique est important pour elle :

    « M’intéresser à ce qui procure du bonheur aux gens est devenu ma spécialité en tant qu’UX designer ».

    Séduite lors d’une mission qu’elle réalise pour la marque Asmodée par l’ambiance bienveillante de l’entreprise, par ses produits (les jeux de société) et par ses valeurs orientées client, elle décide d’y rester.

    « J’y fais des études utilisateurs, notamment pour simplifier l’offre pléthorique des jeux de société et les aider dans leurs choix ».

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    La psychologie et la data : un mariage d’avenir

    Mais sa mission ne s’arrête pas là : « Je touche aussi à la conception et à la data, puisque j’y fais de la recherche avec un data scientist. Selon moi, on ne peut pas faire de l’UX sans la psychologie et la data. C’est un mariage d’avenir ».

    Peintre amateur et écrivaine (elle a trois romans à son actif), Emmanuelle Marévéry se verrait bien œuvrer à l’échelle francophone pour la professionnalisation de son métier et, plus globalement, à une meilleure connaissance des utilisateurs au sein des entreprises.

    Son rêve ? Créer de nouvelles expériences de jeu hybrides qui mettraient la technologie au service du lien entre les gens.

    « Je ne suis jamais au repos », reconnaît-elle ; « je souhaite que mon métier et mes activités contribuent à faire évoluer le monde en bien. Que ça ait du sens ».

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    Elle like :

    • Son jeu de société préféré : « 7 wonders duel. Je suis fan de ce jeu de stratégie et de gestion ! »
    • Son lieu préféré : « Je suis fascinée depuis toujours par l’Himalaya et j’ai lu tous les livres qui évoquent l’ascension de l’Everest. Je prévoyais même de tenter l’aventure, mais la naissance de mes enfants a finalement modéré mon envie de tenter ma chance à la loterie de la vie ou de la mort ».
    • Sa couleur préférée : « L’indigo, parce que c’est une couleur qui a deux longueurs d’onde. Plus précisément, j’aime le spectre entre le magenta et l’indigo ».
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    4
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