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Les salaires et perspectives d'évolution des archivistes, bibliothécaires, documentalistes et veilleurs

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    Quelle est la rémunération des professionnels de la gestion de l'information (archivistes, bibliothécaires, documentalistes et veilleurs) ? Et quelles sont leurs perspectives d'évolution ? (Freepik/@wayhomestudio)
  • Nouvelle enquête d’Archimag sur les salaires des professionnels de la gestion de l’information et les perspectives d’évolution. Quelle est la rémunération moyenne et la part variable des archivistes, des documentalistes, des veilleurs et des bibliothécaires ? Sont-ils satisfaits de leurs poste et missions ? Et comment perçoivent-ils leur avenir ? L’occasion, en raison du contexte sanitaire lié au Covid-19, de sonder aussi les conditions du télétravail… Toutes les réponses et les chiffres dans cet article.

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    Au cours des deux dernières années, pour 9,09 % d’entre vous, la situation professionnelle s’est nettement améliorée. Pour près du double, c’est le contraire. Mais globalement, une large proportion (34,71 %) connaît tout de même une légère amélioration, ou au moins une stabilité (39,26 %).

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    Quelle rémunération pour les professionnels de la gestion de l'information ?

    Votre rémunération brute mensuelle présente de grandes disparités :

    professionnels-information-salaire-moyen-archiviste-documentaliste-bibliothecaire-veilleurLes métiers dans le domaine de la veille semblent davantage rémunérateurs, mais l’on sait que les postes y sont plus rares.

    Viennent ensuite les métiers de la documentation, et enfin ceux des bibliothèques et des services d’archives.

    Bien sûr, dans la fonction publique, des grilles de salaire s’appliquent ; dans le secteur privé, la rémunération s’avère relativement plus négociable, avec des perspectives d’évolution plus intéressantes, en particulier pour les postes d’encadrement dans d’importantes structures.

    Salaires : la part variable

    15,92 % d’entre vous bénéficient d’une part de rémunération variable qui se situe le plus souvent entre 1 000 euros et 2 000 euros (36,36 %) ou à moins de 1 000 euros (34,55 %). Elle se base la plupart du temps sur des objectifs à la fois quantitatifs et qualitatifs (83,33 %).

    Une autre source de complément de salaire provient pour 31,93 % d’accords d’intéressement ou de participation. Son montant se situe à moins de 1 000 euros pour 47,62 %, entre 1 000 euros et 2 000 euros pour 25 %, entre 2 000 et 3 000 euros pour 15,58 %, et au-delà de ces montants pour un très faible nombre.

    Reste que, au cours des deux dernières années, votre salaire a majoritairement augmenté (56,61 %) et pour 42,95 % tout de même à hauteur de 2 % à 5 % :

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    De quoi vous rendre...

    très ou assez satisfaits de votre rémunération à 57,2 % : le verre est bien plus qu’à moitié plein ! Ce que confirme votre taux de satisfaction globale concernant votre poste et vos missions : vous êtes à 80,66 % (59,67 % et 20,99 %) dans une appréciation positive !

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    On reste dans le positif concernant vos conditions de travail, jugées assez satisfaisantes (55,14 %), voire très satisfaisantes (23,87 %).

    enlightenedLire aussi : Métiers de l'info : boostez vos compétences !

    Si la reconnaissance de la part de la hiérarchie est manifeste pour une large majorité, elle laisse tout de même à désirer pour plus de 40 % (peu satisfaisante à 31,56 % et pas du tout satisfaisante à 9,84 %)…

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    Télétravail : l’effet confinement

    Les mesures sanitaires, notamment les confinements de 2020, décidées pour contrer la pandémie de Covid-19, poussaient à se questionner davantage sur le télétravail.

    À 91,02 %, vous avez la possibilité de télétravailler. Pour près des trois quarts des télétravailleurs, cette possibilité a été ouverte à l’occasion du confinement :

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    Cette évolution est donc à la fois soudaine et considérable. 71,93 % de ceux qui ne peuvent pas télétravailler souhaiteraient le faire.

    enlightenedLire aussi : Infographie : bibliothécaires, archivistes, documentalistes et veilleurs face au télétravail durant le confinement

    Qu’en sera-t-il après la pandémie ? Vous désirez garder, par semaine, 1 jour de télétravail, pour 28,38 %, 2 jours pour 45,85 %… Voire 5, pour un très petit nombre (voir graphique 6) !

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    Il est vrai que pour 82,99 %, les conditions techniques de télétravail sont satisfaisantes ou très satisfaisantes, l’espace de travail étant lui-même positivement apprécié pour 71,55 %.

    Comment les professionnels de la gestion de l'information perçoivent leur avenir ?

    On ne bouge pas ! À la question « accepteriez-vous un nouveau poste plus attractif en mobilité dans une autre région ? », vous répondez non à 59,43 %.

    Une certaine frilosité se manifeste aussi dans la perception de l’avenir. En vous plaçant à un horizon de cinq ans, vous n’êtes qu’une infime majorité, 50,21 %, à penser que votre métier pourra certainement ou probablement offrir des perspectives d’évolution 

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    Légende : les perspectives d'évolution des différents métiers de la gestion de l'information
    A : archivisteG : assistant
    documentaliste
    B : responsable de service d'archivesH : documentaliste
    C : assistant archivisteI : responsable de documentation
    D : assistant bibliothécaireJ : veilleur
    E : bibliothécaireK : responsable de service de veille
    F : responsable de bibliothèque 

     

    Par fonctions, les archivistes sont les plus optimistes quant aux perspectives d’évolution offertes par leur métier. De fait, le recours aux professionnels des archives gagne du terrain dans les projets de transformation digitale : projets de dématérialisation, de numérisation, de nomenclature ou de nommage de fichiers, de métadonnées et, bien sûr, d’archivage électronique ou de mise en place d’un système d’archivage électronique (SAE).

    Les archivistes sont à 71 % optimistes sur l’horizon à 5 ans, et les responsables de services archives le sont à 78 %. Les assistants archivistes ont moins de perspectives.

    Au sein des bibliothèques, ce sont les assistants de bibliothèques qui, à 60 %, estiment avoir de bonnes perspectives à 5 ans, probablement via les évolutions de grilles de salaires et au sein de la fonction publique.

    Le seuil est légèrement moindre pour les bibliothécaires : 53 %. Et les responsables de bibliothèques sont un peu moins de la moitié à penser que les perspectives seront meilleures.

    Les documentalistes sont moyennement optimistes : les responsables de service estiment les perspectives d’évolution probables à 49 % et certaines à seulement 8 %. Les documentalistes sont moins optimistes, avec seulement 33 % de réponses positives.

    Les assistants documentalistes, quant à eux, estiment que les perspectives d’évolution seront probablement bonnes.

    Enfin les veilleurs estiment qu’il y a peu de chances de bénéficier de perspectives d’évolution à 5 ans. Ils sont 71 % à le penser chez les veilleurs et 88 % chez les responsables de service.

    enlightenedLire aussi : Professionnels de l'information, quelles compétences technologiques devez-vous maîtriser (et à quel point) ?

    Confiance en l'avenir : les anciens plus pessimistes

    Selon l’ancienneté, le contraste est plus évident : plus on est jeune dans le métier, plus on pense que l’horizon va s’ouvrir. Avec un an d’ancienneté, à 75 %, l’opinion est en faveur de perspectives d’évolution certaines ou probables ; au-delà de 10 ans d’ancienneté, la perception devient majoritairement négative.

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    Ces inquiétudes pourraient faire l’objet d’un point en entretien professionnel. Vous êtes 71,31 % à en bénéficier chaque année.

    enlightenedLire aussi : Archivistes, documentalistes et veilleurs : enquête sur vos projets de reconversion professionnelle

    Paroles de professionnels :

    Voici quelques commentaires laissés par les répondants :

    • "Mon salaire n’est pas tout à fait à la hauteur du poste que j’occupe, mais les évolutions salariales que j’ai eues ont eu lieu ces dernières années uniquement. Je suis rentrée sans diplôme professionnel et me suis formée tout au long de ma vie professionnelle, afin de progresser et de faire évoluer le service documentation. Ce qui explique le niveau de salaire pas forcément très haut comparé à l’ancienneté, puisqu’il était assez bas au départ. Toutefois, d’autres considérations comptent : mon poste dans lequel je me sens bien et qui évolue, les conditions satisfaisantes de travail, quelques avantages, également mon âge, je dirais que je suis globalement satisfaite (il n’y a pas que l’argent qui compte dans le travail !)".
       
    • "Responsabilité non reconnue dans le salaire".
       
    • "Conditions de travail dégradées en 2020 car chômage technique complet durant le premier confinement, puis chômage technique partiel durant un mois supplémentaire. Le télétravail (sans chômage cette fois) a été autorisé à compter du deuxième confinement".
       
    • "Il y a peu de concours et de promotions internes. Les carrières piétinent".
       
    • "L’évolution de ma carrière est toute récente, elle date de janvier 2021, pendant vingt ans je n’avais pas évolué du tout".
       
    • "Difficulté d’évolution du poste et des salaires dans la fonction publique hospitalière. Mobilité inexistante"
       
    • "Je trouve que la plupart des offres ne sont pas en CDI. Les salaires ne sont pas au niveau avec le coût de la vie en région parisienne. Je suis très déçu d’avoir choisi ce parcours d’étude".
       
    • "Vous devriez demander la fonction sur le papier versus la fonction dans les faits. Sur le papier je suis « rédacteur documentaliste », alors que dans les faits je suis responsable du centre de doc".
       
    • "Les métiers de la documentation tendent à évoluer notamment vers le numérique. Une partie des emplois ne serait-elle pas menacée ?"
       
    • "J’ai été archiviste jusqu’en 2009, puis archiviste-documentaliste, avec la veille qui a pris une plus grande part au fur et à mesure. Depuis 2017, je suis aussi community manager de l’entreprise — je couvre tout le spectre de l’information interne et externe de mon entreprise".
       
    • "Le nombre de missions augmente sans cesse sans évolution salariale".
       
    • "Actuellement archiviste, mon poste est en pleine évolution notamment sur tous les domaines liés au numérique. Suite à mon entretien annuel 2021, ma fiche de poste va évoluer pour inclure ces missions. Travaillant dans une petite administration et ayant une vision globale de l’organisation de celle-ci du fait de mon métier, je participe également à de nombreux chantiers d’amélioration (accueil nouveaux arrivants, circuit du courrier, réorganisation des services, etc.)".

    enlightenedLire aussi : Professionnels de l'information : être entrepreneur ou freelance, ça vous tente ?


    Les conditions de l’enquête

    Enquête réalisée avec l’outil de sondage en ligne SurveyMonkey, du 8 février au 8 mars. 246 répondants.
    Principales caractéristiques des répondants :

    • CDI à 90,46 %
    • temps plein 83,74 %
    • origine par service :
      - archives : 27,31 %
      - bibliothèque : 18,49 %
      - documentation : 43,28 %
      - veille : 10,92 %
    • ancienneté dans la fonction :
      - moins d’1 an : 1,65 %
      - 1-5 ans : 26,75 %
      - 5-10 ans : 18,52 %
      - plus de 10 ans : 53,09 %

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    À quels stades les outils de veille recourent-ils à des éléments d’intelligence artificielle ? Peu à peu, celle-ci intervient tant en amont (sourcing) du processus de veille qu’au niveau du traitement (analyse, datavisualisation…) ou en aval (diffusion). Mais cette assistance aux tâches de veille ne risque-t-elle pas d’empiéter sur le métier ? Quelle est son ampleur actuelle ?
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    Le chiffre du jour
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    est en moyenne signalée toutes les semaines dans les établissements de santé depuis janvier 2021. Les hôpitaux ont subi 27 cyberattaques majeures - qui ont effectué tout ou partie de leurs systèmes d'information - en 2020.

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