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Attention, cacher votre grossesse sur internet peut vous rendre suspecte d'activités criminelles

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    Selon Janet Vertesi, "ce type d'activités, quand vous les prenez dans l'ensemble, sont exactement le genre de choses que vous feriez si vous étiez susceptibles de vous engager dans une activité criminelle". (Pixabay/Piepie)
  • Tenter d'échapper aux bases de données et au ciblage publicitaire est un parcours du combattant digne d'un fugitif.

    0,10 dollar. C'est à ce prix que s'échangent vos données de consommation. Mais attendez de tomber enceinte et celles-ci grimperont en flèche pour atteindre 1,50 dollar ! Car les futures mères sont de véritables mines d'or potentielles pour les entreprises de puériculture, dont elles pourraient un jour devenir les clientes "privilégiées".

    L'enjeu est donc de taille pour leurs experts marketing, qui s'échangent leurs données à prix d'or afin de débusquer le plus tôt possible la consommatrice en puissance qui sommeille encore en elle et toujours mieux cibler leurs publicités.

    Des précautions dignes d'une criminelle

    L'une d'entre elles à refusé de figurer sur le tableau de chasse de ces braconniers des datas. Professeur en sociologie à l'université de Princeton, Janet Vertesi s'est lancé le défi de cacher sa grossesse à internet afin de ne jamais tomber dans la moindre base de données. La jeune femme a raconté son expérience lors de la conférence Theorizing the Web, qui s'est tenue en avril dernier à New York, et que Mashable a relayée. Voici quelle a été sa démarche en 3 points :

    • Ne jamais mentionner sa grossesse sur les réseaux sociaux. Janet Vertesi a averti sa famille et ses amis par téléphone, en leur précisant bien de ne jamais faire allusion à l'heureux événement sur Facebook. Elle a même retiré son oncle de ses "friends" lorsque celui-ci l'a félicitée via la plateforme.
    • Payer en espèces toutes ses emplettes liées à la grossesse ou au futur bébé. Et ce afin que ni les cartes de crédit ni les cartes de fidélité ne puissent collecter (et revendre) de données sur ses achats. Et lorsqu'elle souhaitait commander des produits en ligne (qu'elle se faisait livrer en points relais), la jeune femme achetait des cartes cadeaux Amazon en espèces qu'elle dépensait ensuite via un compte relié à une adresse e-mail sécurisée.
    • Privatiser (réellement) sa navigation sur internet. Janet Vertesi a utilisé pour cela le réseau informatique d'anonymisation Tor lui permettant de surfer sur les sites internet touchant de près ou de loin à la maternité sans laisser de trace.

    Une boutique prévient les autorités

    Toutes ces précautions sont justement celles que prendrait un criminel souhaitant se faire oublier. Bien que "simplement enceinte", c'est en tentant d'échapper aux habitudes de consommation classiques que Janet Vertesi est devenue suspecte. Notamment lorsqu'elle et son mari ont voulu acheter une poussette sur Amazon avec 500 dollars de cartes cadeaux : la boutique Rite Aid Pharmacy, chez laquelle ils avaient choisi la poussette, leur a indiqué qu'elle était dans l'obligation légale d'alerter les autorités sur ces "transactions excessives". 

    Résister au traçage rend suspect

    A travers son expérience, la sociologue tente d'alerter sur la nécessaire prise de conscience que chacun doit avoir concernant les informations qu'il donne volontairement aux différents serveurs. "Ce que j'ai fait pour cacher que j'étais enceinte me désignait en fait comme une personne impliquée dans des activités criminelles, explique-t-elle ; plus vous résistez au traçage, plus vous êtes considéré comme tel. Il faut que nos échanges et transactions au quotidien restent de simples transactions, et pas un moyen de nous surveiller". 

     

     

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