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Tahee Onuma, un pont archivistique entre la France et le Japon

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    "La culture des archives ne s’est pas encore vraiment enracinée dans la société japonaise et, sur ce point, nous sommes en retard sur la France", explique Tahee Onuma. "Les Archives nationales japonaises ne comptent que 65 employés !" (DR)
  • Tahee Onuma est archiviste et dirige l’équipe dédiée au service de référence général de la bibliothèque nationale de la Diète du Japon. Alors qu'il s’apprête à publier la traduction nipponne du « Que sais-je ? » consacré aux archives, il revient pour Archimag sur son parcours, et notamment sur son passage à Paris, lors de ses études à l'Ecole nationale des chartes. Portrait du plus Français des archivistes japonais.

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    Il est né à Tokyo, ville de tous les superlatifs et, accessoirement, cité la plus peuplée du monde avec ses 14 millions d’habitants. Mais c’est à Paris que Tahee Onuma a passé la période 2011-2013. À l’École nationale des chartes, plus précisément, où il a suivi le master « Technologies numériques appliquées à l’histoire ».

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    "La richesse du patrimoine culturel français"

    Alors qu’il était en poste au sein de la bibliothèque nationale de la Diète (le parlement bicaméral du Japon), ce Japonais francophone et francophile a éprouvé le désir de poursuivre ses études à l’étranger :

    « J’ai choisi la France car je m’intéressais beaucoup à la richesse du patrimoine culturel français et j’ai préféré étudier hors des pays anglophones, alors que la majorité des chercheurs détachés choisissent normalement les États-Unis ou le Royaume-Uni ».

    Passer d’une langue à une autre et apprendre un nouvel alphabet n’est pas chose facile, surtout lorsqu’il s’agit d’intégrer une école réputée pour son excellence. Tahee Onuma a d’abord appris le français sur les bancs de l’université japonaise, puis s’est perfectionné en lisant et en consultant de nombreuses archives audiovisuelles.

    Résultat : aujourd’hui il pourrait donner des cours de français à certains Français !

    De sa vie parisienne, il garde un souvenir ému notamment des saisons de l’automne et de l’hiver : « Je me suis souvent baladé dans la ville sans but précis, en imaginant “les neiges d’antan”. Mon lieu préféré était le musée de Cluny ».

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    De la paléographie française à MySQL

    Au sein de l’École des chartes, il suit les apprentissages fondamentaux de l’archivistique : paléographie française, histoire du livre, édition des textes, histoire des médias, catalogage et bibliographie du livre ancien, histoire et techniques de l’estampe… Puis s’initie aux techniques numériques pratiques qui sont désormais incontournables dans le secteur culturel contemporain : TEI, EAD, XSLT, PHP et MySQL.

    Son stage de second semestre le mène à l’École française d’Extrême-Orient. Mission : effectuer un audit des bases de données de recherche existantes et proposer un plan d’amélioration pour une meilleure valorisation des données. De ce stage, Tahee Onuma fera un mémoire de master.

    « Tout au long de ces deux années, j’ai travaillé sur une grande variété de sujets, du parchemin médiéval aux techniques informatiques. Ce sont des compétences indispensables dans le domaine des archives, bibliothèques et musées d’aujourd’hui ».

    En amateur éclairé du patrimoine documentaire français, il se souvient d’expériences tactiles particulièrement fortes :

    « L’enseignement se faisait parfois devant des manuscrits, des incunables et des parchemins originaux. J’ai pu toucher quelques manuscrits célèbres : Les Liaisons dangereuses, De l’esprit des lois, Les Mariages de Figaro… C’était un pur plaisir pour moi ».

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    Développer un schéma de métadonnées

    De retour à Tokyo, Tahee Onuma enchaîne divers postes et travaille notamment au développement d’un schéma de métadonnées pour le fonds de manuscrit musical de la bibliothèque de la Diète. « J’ai pu mettre à profit mes compétences acquises pendant mes études en France ».

    Aujourd’hui, il assure la direction de l’équipe dédiée au service de référence général et s’apprête à publier la traduction nipponne du célèbre « Que sais-je ? » consacré aux archives.

    De ses expériences en France et au Japon, Tahee Onuma dresse un constat :

    « La culture des archives ne s’est pas encore vraiment enracinée dans la société japonaise et, sur ce point, nous sommes en retard sur la France. Les Archives nationales japonaises ne comptent que 65 employés ! Une seule université japonaise propose un master en archivistique. Mais, d’un point de vue législatif, les choses évoluent. Le Japon poursuit son développement dans le domaine des archives ».

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    Il like

    • Sa ville préférée ? Berkeley, en Californie. J’adore son atmosphère ouverte, le climat agréable et l’harmonie entre la terre et la mer.
    • Son film préféré ? « Sayat Nova », « L’Éternité et un jour » et « Paris, Texas ». Ce sont les trois films qui me fascinent toujours…
    • Son plat préféré ? Le sushi, bien évidemment !
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