Alain Beauvieux, PDG d'Ami-Software

 

Archimag. Vous êtes très critique avec la notion de webi invisible...
 
Alain Beauvieux. Le terme est galvaudé. Il existe un phénomène de mode sur le sujet, devenant un argument marketing ! J’ai vu chez certains de nos concurrents une stratification du web invisible, caché, profond, tournant au ridicule. La bonne définition du web invisible se résume à l’ensemble des pages web non indexiées par les moteurs de recherche internet">i, comme Google. Il n’y a rien de profond ou de caché.Le Bulletin officiel des annonces de marchés publics (Boamp) se déniche dans le web invisible. Il s’agit pourtant de l’annonce des marchés publics, dont le but est d’être visible.
 
Comment expliquez-vous le phénomène de mode autour duweb invisible ?
 
Le problème a été mal posé ou du moins énoncé d’un point de vue technique, bien loin des préoccupations des utilisateurs. Il existe de moins en moins d’informations visibles sur les moteurs de recherche traditionnels. Pour reprendre la terminologie à la mode, le passage du web 1.0 au web 2.0i a entraîné le remplacement progressif des pages statiques par des pages dynamiques, difficilement indexables par les moteurs. La tendance se renforce et aboutit à un morcellement du web. Le premier segment est celui des pages indexées par les moteurs internet, répondant à des sites corporate ou d’informations générales.
Le deuxième concerne les bases de données généralement à caractère professionnel - Boamp, bases brevets demandant un identifiant et un mot de passe, payantes ou gratuites. Le troisième est celui des communautés, des forums, des blogs et des sites très professionnels. Le premier segment correspond à la partie visible, décroissant fortement face aux deux autres.
 
Si vous contestez le concept de web invisible, comment nommez vousles informations difficilement accessibles ?
 
Je ne le conteste pas. Au lieu d’évoquer le web invisible, même si le terme est porteur, il vaut mieux parler de « web au-delà des moteurs de recherche ». La question des applications se pose alors. Nous venons de remporter l’appel d’offres du service d’information du gouvernement pour l’équipement de son nouvel observatoire de l’expression publique. Il s’intéresse à la partie visible du web, « au-delà de Google ». Notre centaine de clients est exclusivement concentrée sur des applications au-delà des moteurs, avec nos outils.
 

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