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Stéphane Gasch : « le KYC prend de l’ampleur car il a de nombreux avantages »

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    Le KYC permet de répondre à des obligations réglementaires, mais il permet également d’établir une relation d’affaires de confiance. (Pixabay/Free-Photos)
  • Série 9/9 : A l'occasion de la journée Confiance numérique d'aujourd'hui, le 10 juin, Archimag en collaboration avec tous les partenaires de l'évènement vous propose une série d'articles afin que vous puissiez commencer votre réflexion. Merci à FnTC pour cet entretien sur le KYC. Pour vous inscrire, c'est ici.

    Le KYC (Know Your Customer) s’impose aujourd’hui comme la pierre angulaire de toute relation d’affaires. Avec le contexte sanitaire, la transformation numérique s’est accélérée, et cette digitalisation rend encore plus cruciale la sécurisation des transactions, ainsi que la lutte contre la fraude et le blanchiment d’argent. Mais s’il répond à des obligations légales, le KYC est également un vecteur d’opportunités, notamment dans l’approche commerciale.

    Stéphane Gasch, vice-président de la Fédération des Tiers de Confiance du numérique (FnTC) et délégué général de ChamberSign France, participera lors de la journée de la confiance numérique organisée par Archimag le 10 juin à la conférence « KYC et fraude documentaire : quelles technologies pour sécuriser l’entrée en relation client ? » nous en dit plus.

    Comment définiriez-vous le KYC ?

    Je dirais que c’est la capacité à identifier la personne avec laquelle on va contracter, de la façon la plus adéquate par rapport aux objectifs. C’est-à-dire que le KYC n’est pas absolu, le but n’est pas d’avoir le plus d’informations possibles, mais celles qui sont nécessaires et suffisantes.

    Pourquoi, selon vous, ce concept de KYC prend-il autant d’ampleur actuellement ?

    Il y a d’abord l’instantanéité lié à la dématérialisation. Lors d’une vente « physique », il y a un certain délai entre l’entrée en relation et la contractualisation. Alors que dans le numérique c’est immédiat. Pourtant les obligations légales sont les mêmes. Il faut donc avoir des garanties sur la personne avec laquelle on contracte.  Ensuite il y a le phénomène de vagabondage, les individus changent plus fréquemment de banque ou de service numérique : tous les processus d’entrée en relation, et notamment les vérifications d’identité, sont donc plus fréquents. Ce qui entraîne la multiplication des moyens de KYC et d’identification.

    Le KYC prend en fait de l’ampleur car il a de nombreux avantages. Il permet de répondre à des obligations réglementaires comme la loi Sapin 2, mais il permet également d’établir une relation d’affaires de confiance, et de se prémunir de l’usurpation d’identité, de la fraude fiscale et du blanchiment d’argent. La notion de « connaissances clients » n’est pas nouvelle, mais elle se professionnalise, car elle devient une source de profits. Beaucoup de start-ups ont développé des business autour du KYC, et en font un métier spécifique.      

    Le RGPD est-il un frein pour le KYC ?

    Non, ça ne s’oppose pas. LE RGPD redonne au consommateur la maîtrise de ses données personnelles. C’est-à-dire que si je veux utiliser un service, je donne les données nécessaires, et ensuite je peux les récupérer ou les supprimer. Simplement la revente des données personnelles sans consentement est interdite. Pour moi, le RGPD est même un accélérateur du KYC. Avec la nécessité de refaire à chaque fois le contrôle client, il y a un véritable intérêt à une externalisation, une industrialisation du KYC.

    Le KYC a-t-il, selon vous, un intérêt commercial ?  

    Puisque le KYC intervient au moment de l’entrée en relation, stratégique pour la performance commerciale, c’est évident. Ensuite, les données collectées sont également un atout pour mieux connaître le client, et pouvoir ainsi personnaliser tout le cycle de vie de la relation commerciale (parcours, produits, services proposés). Enfin, certaines entreprises font déjà du partage de données personnelles, dans le respect du RGPD. L’anonymisation des données est très intéressante à ce sujet. Le ciblage se fait selon les pratiques, les habitudes, mais pas selon l’identité, il s’agit de faire ou défaire le lien entre la personne physique et son comportement. On peut donc distinguer le KYC légal et le KYC de comportement.

    Quelle est l’action de la FnTC en termes de KYC ?

    Il y a au sein de la FnTC un groupe de travail spécialement consacré aux différents aspects du secteur. Le but est déjà de faire connaître le KYC, ses différents aspects et ses évolutions possibles. C’est une notion encore confidentielle, tout le monde n’a pas conscience de l’importance du contrôle client. Il y a un véritable travail d’évangélisation à mener dans ce domaine. Grâce à son groupe de travail, la FnTC publiera d’ailleurs très prochainement un guide sur le sujet, intitulé « KYC : Comment maîtriser et optimiser votre connaissance client ».

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    enlightenedPour en savoir plus, les équipes Serda Archimag ont le plaisir de vous inviter à une webinaire exceptionnelle : "Journée confiance numérique", jeudi 10 juin de 09h30 à 17h00.
    Pour vous inscrire à ce webinaire gratuit, rendez-vous ici.

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