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Veille : 24 heures dans la vie d'un infobroker

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    “Je déteste me coucher sans savoir avec quoi je me réveillerai le lendemain”. Christophe Bujas. (DR)
  • Sommaire du dossier :

    Responsable de la veille presse du groupe énergétique Engie, Christophe Bujas ne compte pas ses heures. Très organisé et constamment en alerte, ce boulimique d'information a systématiquement un temps d'avance. Voici son planning.

    Les journées de Christophe Bujas s'étirent sur presque vingt-quatre heures. Monacal et très ritualisé, le quotidien de ce passionné d'information ne laisse (presque) rien au hasard. En tant que responsable veille presse chez Engie, sa surveillance est loin de se cantonner au domaine d'expertise du groupe. Bien au contraire, c'est à 360 degrés que s'opère sa veille, avec un maître mot : l'anticipation. "Avoir une vue d'ensemble sur les quatre grands médias - presse, audiovisuel, web et réseaux sociaux - permet d'analyser plus facilement une situation et de voir des sujets émerger", explique-t-il.

    22h00

    Ses journées de travail commencent dès 22 heures le soir, avec la lecture de l'ensemble des journaux numériques disponibles. Depuis chez lui, Christophe Bujas lit donc les versions en ligne des numéros du lendemain (ex. : Le Figaro, Libération, Les Echos) ainsi que les unes des titres papier n'ayant pas de double numérique anticipé (ex. : La Croix ou Le Parisien). Dormant très peu, le veilleur de 43 ans diffuse ensuite par messagerie quelques alertes en interne, illustrées d'un petit résumé. Il précise : "Je déteste me coucher sans savoir avec quoi je me réveillerai le lendemain, c'est pourquoi mes journées de travail commencent la veille au soir".

    07h00

    Le matin, Christophe Bujas se lève à 7 heures et consulte les nouvelles dès son petit-déjeuner. "Je sais que je risque ensuite de louper des choses, explique-t-il, c'est pourquoi je suis opérationnel dès le réveil". Sa démarche, très ritualisée, commence par la consultation du panorama de presse d'une page réalisée par Synthèse & Médias, que le veilleur n'hésite pas à enrichir. "Ce panorama est destiné à nos dirigeants, ajoute-t-il, c'est pourquoi il faut coller au plus près à leur actualité et à leurs déplacements". Selon un ordre bien précis, il consulte ensuite depuis chez lui, puis dans les transports en commun, ses différentes sources, tout en s'envoyant quelques liens par mail qu'il traitera un peu plus tard dans la journée.

    09h00

    Christophe Bujas occupe ses matinées à l'élaboration des différents "produits" qu'il a mis en place : 

    - son agenda hebdomadaire dresse la liste de ce dont parlera la presse dans la semaine, en fonction des événements de l'actualité prévus à l'avance (salons, projets de loi, etc.). "Grâce à cet agenda, je peux anticiper la place qui sera accordée à nos sujets, selon les thématiques abordées par la presse le même jour", explique-t-il.

    - l'élaboration de sa 

    newsletter quotidienne dure jusqu'au milieu de l'après-midi. On retrouve à son sommaire les anniversaires des journalistes ("une bonne occasion pour leur passer un coup de fil"), les carnets, une sélection de tweets du jour, les nominations et mouvements, l'actualité de la presse, mais également les tendances, les nouvelles applications, les budgets, la publicité, le mécénat, le sponsoring, et parfois même des thématiques encore plus éloignées des métiers d'Engie. "Savoir par exemple que deux journalistes sont fâchés à cause du plagiat d'un livre sur le tabac nous permettra ensuite d'anticiper un événement où ils seraient potentiellement invités tous les deux".

    - Enfin, dans le cadre d'événements ou de rencontres, le veilleur prépare des dossiers sur les journalistes qui y seront présents, comprenant notamment la tonalité de leurs derniers articles ou encore leur influence. "Un frein a sauté grâce à Twitter, précise-t-il ; désormais, on peut facilement savoir sur quoi ils travaillent, ce qu'ils aiment, ce qu'ils ont regardé à la télévision ou même ce qu'ils ont mangé". 

    12h00

    Le veilleur utilise quelques outils afin d'optimiser sa surveillance : en plus des traditionnelles alertes mail, des agrégateurs de flux RSS ou des gestionnaires de réseaux sociaux (Topsy, NewsNow, GoogleNews, etc.), Christophe Bujas dispose d'un abonnement à Factiva et Kantar Media ainsi qu'aux dépêches de l'AFP, de Reuters et de Bloomberg. Grâce au poste de télévision qui équipe son bureau, il peut également suivre les JT du midi ainsi que les chaînes d'actualité iTélé et BFM.

    19h00

    ​Le veilleur ne quitte pas son bureau sans avoir consulté les principales newsletters et applications de la fin de journée (Challenges soir, Challenges Before Dinner, la Lettre de l'Expansion, l'Obs du Soir, etc.). "Il y a toujours des petites choses à y grapiller", précise-t-il. A la fin de la journée, l'infobroker - comme il se surnomme - aura traité au minimum 400 mails et en aura diffusé environ 10 %. "J'ai un filtre assez large", conclut-il.

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