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Qui est Guillaume Champeau, le fondateur de Numerama aujourd'hui chez Qwant ?

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    Guillaume-Champeau
    Guillaume Champeau, que nous avons rencontré dans les bureaux parisiens du moteur de recherche Qwant. (Archimag/CJO)
  • Geek dans l'âme, journaliste puis juriste (et inversement), ardent défenceur d'un numérique éthique... Guillaume Champeau a fondé Ratiatum (devenu Numerama) avant de sauter la barrière pour passer chez Qwant, le moteur de recherche français qui monte. Il en est aujourd'hui le responsable de l'éthique et des affaires juridiques. Portrait.

    Rares sont ceux à être nés au début des années 80 avec un ordinateur au bout des doigts. Cette machine, c’est bien souvent en cours de "techno", au collègue, qu’on l’a croisée pour la première fois. Guillaume Champeau, lui, est l’un des premiers geeks de sa génération : dès ses 7 ans, ce jeune Nantais s’amuse à bidouiller l’ordinateur acheté par ses parents commerçants. "À l’école, nous n’étions qu’une poignée à en avoir un à la maison", raconte-t-il ; "internet n’existait pas, tout était en anglais, alors pour installer le moindre truc, il fallait mettre les mains dans le cambouis".

    Premier blog

    Passionné d’informatique, il se voit pourtant en avocat spécialisé en propriété intellectuelle. "À l’arrivée d’internet, j’ai senti que le peer to peer allait révolutionner le droit d’auteur en permettant à tous, riches comme pauvres, de mettre en commun leurs biens culturels", se souvient-il ; "je me suis donc intéressé aux dimensions politiques et sociales de cette grande bibliothèque d’Alexandrie".

    "J’ai dû choisir entre poursuivre mes études ou devenir journaliste"

    Souhaitant s’exprimer sur ses deux passions, l’informatique et le droit, il crée un blog en 2001, Ratiatum.com (Ratiatum est le nom antique de la ville de Rezé, près de Nantes, où il a grandi), sans se douter du succès qu’il connaîtra. Rejoint par un associé trois ans plus tard, il élargit sa ligne éditoriale et traite progressivement de toutes les questions éthiques liées au numérique.

    Ratiatum devient Numerama

    Sa licence de droit en poche, Guillaume Champeau part effectuer sa maîtrise au Canada, alors en pointe sur le droit de l’internet.

    "Ratatium prenant de l’ampleur, j’ai dû choisir entre poursuivre mes études ou devenir journaliste", explique-t-il. Il n’hésite pas longtemps : le jeune homme abandonne le droit et assure durant quinze ans la rédaction en chef de Ratiatum, qui devient Numerama en 2008, véritable référence de l’analyse juridique et éthique des lois nationales et européennes liées au numérique.

    Cours du soir

    Mais ce succès se gagne au prix d’un quotidien stakhanoviste : le journaliste écrit une dizaine d’articles chaque jour entre 8 heures 30 et 22 heures. "Je souhaitais sensibiliser à l’impact de l’utilisation de certaines plateformes", explique-t-il, "à leurs stratégies et à certains abus de position dominante".

    "Travailler pour une entreprise qui allie business et éthique est une chance folle pour moi !"

    Mais les années passent et le journaliste engagé s’essouffle : "J’avais l’impression de me répéter sans être entendu et d’être de plus en plus acide dans mes écrits, il me fallait de l’action". En parallèle de Numerama, il se lance pendant un an, le soir et à distance, dans un master 2 spécialisé en "droits fondamentaux et droit international des droits de l’Homme". S’intéressant au respect de la vie privée et à la liberté d’expression, il veut alors "faire avancer les choses".

    Arrivée chez Qwant

    Il rencontre Eric Leandri, le président du moteur de recherche français Qwant lors du festival Web2Day de 2016. "En écoutant son intervention, je me suis dit : c’est exactement là que je veux travailler !", raconte-t-il, séduit par le respect de la vie privée et le non-filtrage des résultats que Qwant garantit. "De leur côté, ils cherchaient un communicant, avec des besoins juridiques croissants". Guillaume Champeau vend alors Numerama et entre chez Qwant où il est aujourd’hui responsable de l’éthique et des affaires juridiques.

    "Sur Twitter, je m’attache à lutter contre l’autocensure ambiante"

    Le virage qu’il opère laisse dubitatif son entourage. "Tu ne tiendras pas deux mois !", entend-il. Contre toute attente, le trentenaire s’y épanouit totalement : "Travailler pour une entreprise qui allie business et éthique est une chance folle pour moi !"

    Le débat sur Twitter

    Et lui qui avait fait de sa plume une arme n’a pas abandonné le combat : s’il a rouvert un blog sur lequel il avoue se faire rare, c’est sur Twitter qu’il s’exprime tous les jours. "J’adore y débattre", explique-t-il, "et je m’attache à lutter contre l’autocensure ambiante. Les gens n’osent plus dire ce qu’ils pensent, et c’est grave. Si le débat et les insultes ne m’effraient pas, je suis tout de même vigilant à ce que ma parole ne soit pas confondue avec celle de Qwant, car sur Twitter, elle n’engage que moi".


    Il like

    • Son livre préféré : "Les Châtiments" de Victor Hugo, "ce recueil de poèmes m’a révélé, au lycée, que la poésie pouvait être engagée. J’ai trouvé ça extrêmement puissant".
    • Son film de science-fiction préféré : "Blade Runner", celui de 1982, dans sa version longue. "Il abordait déjà tous les enjeux actuels liés aux rapports homme-machine".
    • Sa loi préférée : "Ce n’en est pas une, mais je pense à la Déclaration universelle des droits de l’Homme, dont on célèbre les 70 ans. Je déplore les trop fréquentes entorses qui lui sont faites et qui sont chacune un coup de couteau porté à la notion même de droits de l’Homme".

     

     

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