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Philippe Jaenada : "si je n'avais pas été écrivain, j'aurais aimé être archiviste" 

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    "Je m’accorde une liberté et une seule : dire ce que je pense. En revanche, je ne change jamais un détail de ce que je trouve dans les archives" affirme Philippe Jaenada. (Crédit : Astrid di Crollalanza)
  • Philippe Jaenada est l’auteur d’une douzaine d’ouvrages qui alternent romans, histoires autobiographiques et récits produits à partir d’archives. C’est notamment le cas de « La Serpe » qui a reçu le Prix Fémina en 2017. Son prochain ouvrage sera publié en 2021. Pour Archimag, il évoque son travail à partir d'archives et son rapport personnel à ces sources historiques, qui l'ont longtemps intimidé.

    Temps de lecture : 7 minutes

    Certains de vos livres sont documentés à partir d’archives notamment des archives judiciaires. À quel moment êtes-vous devenu un usager régulier des services d’archives ?

    Je suis quelqu’un d’assez timide et les services d’archives m’ont toujours paru réservés aux chercheurs, aux universitaires et aux généalogistes. J’éprouvais d’ailleurs le même sentiment devant les bibliothèques.

    La toute première fois que je suis entré dans un service d’archives remonte à 2014 alors que je recherchais de la documentation pour mon roman « La Petite femelle » (2015) qui relate la vie de Pauline Dubuisson jugée en 1953 à Paris pour le meurtre de son ex-petit ami Félix Bailly.  Dans un premier temps, j’avais acheté de nombreux livres et journaux anciens consacrés à cette affaire, mais je me suis rapidement rendu compte que cette production était contradictoire. Cette histoire a donné lieu à un tel pathos que les journalistes ont écrit ce qu’ils voulaient. Je me suis alors dit : « Prends-toi en main mon bonhomme et entre dans une salle d’archives ». Mais j’étais intimidé au point de demander à mon éditeur Julliard de bien vouloir m’écrire une lettre certifiant que j’écrivais un livre sur ce sujet.

    Je me suis donc rendu aux Archives de Paris comme un gamin le jour de la rentrée des classes. Je ne connaissais rien au monde des archives et j’ai alors découvert un dossier de plusieurs centaines de pages constitué de lettres manuscrites, de photographies… Je dois d’ailleurs dire que les Archives nationales et certaines des Archives départementales sont très bien organisées en permettant de réserver des documents en ligne avant d’aller les consulter.

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    Dans « La Serpe », vous notez que les archivistes sont des « inestimables alliés ». En quoi leur travail peut-il aider l’écrivain ?

    Alors que je craignais de déranger les archivistes, je me suis rendu compte, au contraire, qu’ils prenaient très à cœur leur mission de communication de documents aux lecteurs. Pour mon roman « La Serpe », je me suis adressé aux Archives départementales de Dordogne qui se sont mises en quatre pour me communiquer les documents dont j’avais besoin.

    En fréquentant les services d’archives, j’ai découvert, à cinquante ans passés, un monde qui me touche profondément. Depuis, j’ai eu l’occasion de participer à de nombreuses rencontres dans les salles d’archives à Paris et en province pour raconter ma propre expérience des archives. Si je n’avais pas été écrivain, j’aurais aimé être archiviste…

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    Outre les archives, quelles ressources documentaires utilisez-vous ?

    Pour le roman « Sulak » qui raconte l’histoire de Bruno Sulak, un célèbre braqueur des années 1980, j’ai eu recours à la presse de l’époque, ainsi qu’à des témoignages directs recueillis auprès de son entourage. Pour « La Petite femelle » et « La serpe », les archives sont devenues ma base documentaire....
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