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81 % des bibliothécaires ont totalement découvert le télétravail durant le confinement

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    Le confinement lié à la crise sanitaire du coronavirus (Covid-19) a mis de nombreux bibliothécaires en télétravail forcé. C'est une nouveauté pour 81 % d'entre eux. 13 % seulement l'avaient déjà pratiqué très ponctuellement. (Freepik)
  • Comme la plupart des Français, les bibliothécaires ont dû adapter leurs conditions de travail (et très souvent leurs missions !) durant la période de confinement lié à la pandémie de coronavirus (Covid-19). Plus que les autres, les professionnels des bibliothèques ont découvert le télétravail. 70 % des bibliothécaires travaillaient à temps plein avant le déconfinement progressif de certains établissements et 98 % ont fait évoluer leurs tâches. C’est même la fonction qui a le plus évolué durant cette crise sanitaire : l’accueil du public a été remplacé par la préoccupation des ressources numériques : en acquérir, les proposer en accès et les valoriser. 

    Ndlr : Archimag a lancé une grande enquête auprès des entreprises et des organisations publiques pour en savoir plus sur les conditions de travail de leurs collaborateurs et de leurs agents en cette période particulière. Nous en déclinons les résultats dans une série d'articles dédiés à vos différents métiers et fonctions. Cet article, dédié aux bibliothécaires (enquête menée en ligne par Archimag du 20 avril au 7 mai 2020 avec 360 répondants à cette date), est le troisième de cette série. (Si vous les avez manqués, découvrez ici les deux premier articles, l'un dédié au confinement et au télétravail des directions métier et commerciales, et l'autre au confinement et au télétravail des archivistes).

    Avant le déconfinement progressif des bibliothèques amorcé ce lundi 11 mai, vous étiez 70 % à télétravailler à temps plein, soit 18 points de moins que la moyenne. 25 % ont travaillé à temps partiel ou ont alterné avec quelques jours de travail sur place (4 %). 1 % seulement a continué de travailler à temps plein dans les locaux de la bibliothèque.

    6 % seulement des bibliothécaires estiment que leur organisation était déjà entièrement prête pour le télétravail, et 35 % en partie. C’est beaucoup moins que la moyenne des répondants. Près de 60 % réalisent que leur organisation n’était pas tellement, voire pas du tout. C’est donc une grande nouveauté.

    enlightenedLire aussi : Covid-19 : les bibliothécaires expriment leurs inquiétudes face au projet de réouverture des bibliothèques

    Les bibliothèques ont découvert le télétravail

    Le télétravail est une découverte totale pour 81,5 % des bibliothécaires (contre 33 % en moyenne). 13 % l’ont déjà pratiqué très ponctuellement et seuls 5 % en ont une pratique fréquente. Cette situation est partagée avec les autres professionnels de l’information que sont les archivistes, mais qui le pratiquaient quand même déjà à 20 %.

    De manière générale, 63 % des bibliothécaires déclarent avoir été accompagnés dans cette démarche, même si c’est faiblement, ce qui est plutôt supérieur à la moyenne générale des répondants.

    En cette période de déconfinement progressif, la grande majorité d’entre vous souhaite conserver cette pratique, mais dans une moindre mesure que dans d’autres secteurs : au maximum 1 à 2 jours par semaine, accueil du public ou des étudiants oblige !

    enlightenedLire aussi : Les bibliothèques pourront rouvrir leurs portes progressivement dès le 11 mai

    Accès aux espaces de travail numériques

    Au bout de quelques jours de confinement tout au plus, 67 % des bibliothécaires bénéficiaient d'un accès direct aux espaces de travail numériques de leur institution. 19 % ont récupéré leurs dossiers sur leur lieu de travail ou des fichiers sur une clé USB. Certains ont disposé d'un accès mais seulement à des horaires imposés. En revanche, 99 % des bibliothécaires ont déclaré utiliser leur messagerie habituelle sans aucun problème.

    Ce que le télétravail a changé pour vous 

    44 % des bibliothécaires déclarent que leurs tâches ont beaucoup changé, ce qui très supérieur aux autres fonctions des entreprises ou des collectivités, et assez compréhensible, puisqu'une partie du travail n’est tout simplement pas transposable en télétravail. 55 % ont vu leurs tâches légèrement changer. 1 % seulement déclarent que rien n’a changé.

    Un trio de tête de nouvelles tâches est apparu. Il s'agit en réalité de tâches pour lesquelles on ne trouve généralement pas de temps : s’informer davantage (48 %), consacrer plus de temps à gérer les projets (45 %) surtout dans les BU et les bibliothèques spécialisées, et 40 % en profitent pour faire de la veille. 10 % des bibliothécaires déclarent aussi travailler plus qu’avant, ce qui est assez conforme à la moyenne générale.

    Certains en ont profité pour revisiter leurs tâches et leurs méthodes de travail, et nous avons reçu beaucoup de témoignages en ce sens. Nous les listons ici quasiment tous, car cela peut donner des idées à d’autres :

    Bon nombre de bibliothécaires ont profité du confinement pour rattraper le retard qu'ils avaient accumulé, notamment en catalogage, même si l’accès à distance n’est pas toujours possible. En effet, un quart des bibliothécaires ont perdu, avec le confinement, l'accès à leurs bases de données. Mais le principal enjeu est ailleurs...

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    L'enjeu n°1 : la médiation numérique

    La grande tendance pour les bibliothécaires a été de profiter de leur télétravail forcé pour consacrer plus de temps à la médiation numérique. Et même dans certains cas, d'entreprendre des actions liées au numérique, jamais démarrées faute de temps, et qu’il a fallu enclencher dans l’urgence.

    La priorité accordée à la médiation numérique prend des formes diverses : achats de nouvelles ressources numériques, valorisation des contenus numériques, mise en place d’outils de partage de ressources (sur padlet par exemple), rédaction d’avis sur les documents de la bibliothèque numérique, rédaction d’articles. D’ailleurs beaucoup font état de parutions plus fréquentes de leur newsletter, qui peut passer au rythme hebdomadaire plutôt que mensuel auparavant.

    Le site web de la bibliothèque étant devenu l’interface privilégiée avec les usagers ou les étudiants, beaucoup en ont profité pour en refondre les pages et y ajouter du contenu. D’autres ont travaillé à maintenir le lien avec leurs lecteurs en gérant et en animant davantage la page Facebook de l'établissement.

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    Certains se sont lancés dans la production ou la reproduction de tutos et de procédures, aussi bien pour le personnel de la bibliothèque que pour les usagers. Et dans les médiathèques, le développement de nouvelles formes d’animation est à l’ordre du jour : jeux, devinettes, playlists, podcasts sur la lecture, heures de contes en ligne, etc.

    Enfin vous avez trouvé davantage de temps pour vous former, notamment via des webinaires, mini-formations en ligne ou tutoriels, notamment sur de nouveaux outils.

    Les bibliothécaires bien équipés à la maison

    Sur l’environnement de travail à la maison, si 87 % d’entre vous sont équipés d’un ordinateur portable, et 15 % d’un ordinateur fixe, vous êtes beaucoup plus nombreux que la moyenne à disposer d’une imprimante - 28 % - ou d’un scanner - 18 % - ainsi qu'à utiliser la signature électronique : 8 %.

    10 % d’entre vous se plaignent de l’absence de possibilité de valider ou signer des bons de commande électroniquement.

    enlightenedLire aussi : Bibliothèques : quel est l'impact du covid-19 sur leur offre numérique ?

    Comment on communique ? Conf et vidéo call en pagaille

    Sans surprise, ce mode de communication a remporté la palme, en période de confinement. Et 89 %des bibliothécaires le pratique plus qu’avant ; c’est un vrai raz-de-marée. 

    Au sein des organisations, 57 % des bibliothécaires ont utilisé leur téléphone plus qu’avant, puisqu'ils n'avaient plus leurs collègues sous la main.

    Le changement vient aussi des intranets, qui ont - encore plus qu'avant - trouvé leur utilité : 59 % des bibliothécaires l'ont utilisé davantage -, ou encore les modes de partage et de collaboration autour des informations et des documents : 81 % le pratiquent davantage qu’avant !

    Les inconvénients : vos collègues vous manquent !

    49 %  des bibliothécaires déclarent que leurs collègues leur ont manqué durant ce confinement, ce qui est supérieur à la moyenne nationale, et sans doute le signe d’un travail en équipe et d’une proximité plus développés qu’ailleurs.

    Pour 45 % des répondants, le deuxième inconvénient de cette mise au télétravail forcé a été l’absence de frontière entre vie professionnelle et vie personnelle, et ensuite le fait de ne pas disposer à la maison d’un lieu de travail adapté. Un petit quart des répondants s'est également plaint de problèmes de connexion internet et 26 % d’outils non adaptés.

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    Mais vous pouvez organiser votre temps comme vous voulez

    Avant le confinement, beaucoup déclaraient déjà être plus efficaces en télétravail. On comprend ici pourquoi avec tous les avantages listés, dans l’ordre d’importance :

    • "j’organise mon temps comme je veux" : 60 % ;
    • "je suis moins dérangé", "je peux enfin travailler au calme", "j’ai davantage de temps pour réfléchir" : + de 45 % ;
    • "je travaille mieux", "je travaille plus vite", "je suis plus autonome” : 20 %.

    Que conserver de cette expérience ?

    Avant tout, continuer le télétravail après le déconfinement, mais dans une proportion moindre que la moyenne générale : pas plus de 1 à 2 jours par semaine. Et puis continuer de travailler au calme, s’informer et continuer à faire plus de veille, d’autant que beaucoup témoignent d’une meilleure qualité du travail et de ce qui est mis à disposition des usagers.

    Mais surtout beaucoup souhaitent mettre à profit cette période pour vraiment développer la bibliothèque numérique de leur institution et préparer les changements de relation aux usagers que cela va impliquer. 

    Enfin, nous reproduisons les conseils pleins de bon sens d’une archiviste-bibliothécaire dans le domaine de l’éducation-recherche : “réagir comme si on allait réellement au travail ; respecter les horaires ; une pause par demi-journée + une pause déjeuner. Porter une tenue de travail. Tenir un journal de télétravail afin de pouvoir en rendre compte”.

    enlightenedLire aussi : Quel est le rôle des bibliothèques pendant le Covid-19 ? Participez à la réflexion lors d'un séminaire en ligne ouvert à tous

    Et puisque vous êtes nombreux à déclarer lire plus sérieusement les newsletters professionnelles, nous vous rappelons, pour ceux qui l'ignorent encore, qu'Archimag a créé des newsletters thématiques (dont une dédiée aux bibliothécaires). Et n’hésitez pas à nous faire part de vos témoignages que nous partagerons !

    Ce sujet vous intéresse? Retrouvez-en davantage dans les Guides Pratiques Archimag !
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    Les bibliothèques sont de vieilles institutions. Cependant, si elles restent des sanctuaires du savoir et des points de repère dans une ville ou sur un campus, elles n’en sont pas moins capables d’innovations, dans un monde qui change, pour attirer de nouveaux publics tout en gardant les anciens. Ces innovations s’opèrent par petites touches ou à travers de vastes chantiers. Les évolutions des usages forment le moteur de la transformation. Il est devenu nécessaire d’élargir les horaires d’ouverture, de faire davantage appel à l’automatisation, de procéder à des “mesures d’impact” et d’ajuster son offre. Les challenges sont nombreux : gestion des données de recherche, transition bibliographique, prêt numérique, mobilité, chatbot, question des communs, prêt d’objets, tenue d’ateliers, présence à travers les réseaux sociaux, maîtrise de l’expérience utilisateur… Logiciels, mobilier, automates et équipements divers : les moyens à la disposition des bibliothèques prennent aussi part à l’innovation.
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