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Delphine Jamet : "Je milite pour un numérique à l’impact positif pour la planète et pour l’humain"

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    "Il serait intéressant que les archivistes s’approprient la problématique du dérèglement climatique", explique Delphine Jamet, archiviste et adjointe du nouveau maire écologiste de Bordeaux, conseillère sur le numérique pour Bordeaux Métropole. (DR)
  • Delphine Jamet est archiviste de métier. Propulsée en juillet 2020 à la mairie de Bordeaux en tant qu’adjointe du nouveau maire écologiste de la ville, elle est chargée de l’administration générale, de l’évaluation des politiques publiques et de la stratégie de la donnée. Elle est également conseillère sur le numérique pour Bordeaux Métropole. Pour Archimag, elle revient sur son parcours étonnant et évoque ses sujets de préoccupation. En premier lieu : la sobriété numérique et le numérique responsable au service de tous.

    Temps de lecture : 7 minutes

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    Des archives à la mairie de Bordeaux, il y a plus d’un pas ! Pouvez-vous nous expliquer votre parcours peu commun ?

    Je suis bordelaise depuis toujours. Après des études d’histoire, et sans trop savoir encore ce que je voulais faire de ma vie, j’ai postulé un peu par hasard auprès du département et ai été embauchée aux archives départementales de la Gironde en tant que chargée de mission pour le classement des fonds de la Seconde Guerre mondiale.

    J’ai donc appris les archives sur le tas, au contact d’excellents conservateurs qui m’ont beaucoup appris.

    Parallèlement, ayant un véritable goût pour l’informatique — mon père m’avait mise très tôt au MS-Dos —, je me suis familiarisée rapidement avec les logiciels d’informatisation des archives. Sont venues ensuite les questions des métadonnées, de l’encoded archival description (EAD), de la normalisation, puis de l’archivage électronique. J’ai très vite compris l’intérêt de la rétroconvertion des instruments de recherche pour les mettre à la disposition du grand public, celui de la normalisation des producteurs et des métadonnées.

    J’ai donc un parcours d’autodidacte, en formation interne. Ce fut un peu comme une nouvelle langue, apprise très tôt auprès de bons collègues (des services informatiques notamment), ce qui a finalement rendu cet apprentissage assez simple.

    enlightenedLire aussi : L'écologie numérique : infographie, chiffres-clés et conseils pour une dématérialisation plus verte

    Mais alors comment avez-vous forcé la porte de la mairie de Bordeaux ?

    Je suis rentrée à Europe Ecologie Les Verts (EELV) en 2011, dont j’ai rapidement intégré le bureau de Bordeaux, puis ai été élue d’opposition avec Pierre Hurmic en 2014. Nous étions alors les deux seuls écologistes.

    Cette période de 6 ans, passée dans l’opposition, fut très complexe et frustrante de ne pas voir avancer les projets qui nous tiennent à cœur. Au point que j’avais demandé à être en position non éligible si nous perdions les élections de 2020. Et puis nous avons gagné ! Je me suis donc retrouvée adjointe au maire de Bordeaux !

    enlightenedLire aussi : Pollution numérique : pour une transition numérique plus écologique

    Vous avez poussé un signal d’alerte sur les archives juste après votre élection. Pourquoi ?

    J’ai passé un coup de fil au directeur des archives municipales dès le dimanche de l’élection car j’étais très inquiète. Et ce à juste titre, car je me suis rendue au cabinet de la mairie très rapidement et y ai trouvé plein de sacs remplis de confettis. Et tout était vide !

    Le cabinet sortant a beaucoup détruit et certainement emporté pas mal de choses. Je considère qu’il s’agit à la fois d’une faute grave pour l’histoire de la ville, mais aussi administrativement et démocratiquement parlant. C’est même une aberration intellectuelle. Heureusement, certains élus sortants ont versé ....
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    Les archives ont encore de beaux projets de numérisation devant elles ! En effet, on trouve toujours sous forme papier ici des fonds anciens ou contemporains à fort intérêt patrimonial, là des documents qu’il est utile de mettre à disposition sous forme dématérialisée ou qui pourraient ainsi connaître une seconde vie - entendez régénérer de la valeur. Ce dossier rappelle le long engagement des institutions culturelles en France en faveur de la numérisation. Elles restent toujours actives sur ce front, tandis que le secteur privé connaît lui aussi des opérations d’ampleur. Trois exemples viennent l’illustrer.
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