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Documentaliste en santé : une spécialisation pour passionnés

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    La pandémie de Covid n’a épargné personne et a bouleversé les habitudes de travail. Les documentalistes en santé n’y ont pas échappé, devant également avoir recours au télétravail. (Freepik/DCStudio)
  • S’ils ne portent pas de blouse blanche, les documentalistes en santé ne jouent pas moins un rôle important au sein de leurs établissements et institutions (hôpital, institut médical ou paramédical). Témoignages de trois professionnelles qui parlent de leur quotidien, entre surcharge de travail et plaisir d’être utiles : zoom sur leur formation, leurs missions, leur statut, et les qualités requises pour devenir documentaliste dans le secteur de la santé.

    Temps de lecture : 5 minutes

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    Documentaliste en santé : quelle formation ?

    Documentalistes hospitaliers, en instituts médicaux ou paramédicaux… Pour exercer dans ce type de milieu, études universitaires et bagage professionnel sont bien sûr de rigueur.

    Caroline Giroudon, documentaliste au CHU de Lyon, est diplômée d’un bac plus 5 en science de l’information et de la documentation obtenu à l’université Jean Moulin à Lyon. Elle explique qu’ » une bonne documentaliste peut travailler dans n’importe quel domaine, car c’est au documentaliste de s’approprier le secteur dans lequel il travaille ».

    Cette documentaliste avait commencé son cursus par une licence d’histoire et n’avait pas prévu de s’orienter vers la santé. Ce secteur peut réclamer, selon les situations, de maîtriser dans une certaine mesure des connaissances médicales.

    Également documentaliste au CHU de Lyon, Florence Bouriot, estime :

    « Posséder de telles connaissances est un plus, sans être une obligation. Connaître un certain jargon médical reste tout de même une nécessité, comme s’adapter à chaque professionnel que l’on a devant nous. Par exemple, il faut ajuster ses recherches selon que l’on a affaire à un kiné, à un neurologue ou à un étudiant, car sinon nous risquons le hors sujet ».

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    Pas de statut de documentaliste dans la fonction publique hospitalière

    Le statut de documentaliste n’existe pas en tant que tel dans la fonction publique hospitalière. Le sujet reste sensible. Les diversités de statuts en place il y a une trentaine d’années sont toujours présentes. De quoi donner aux documentalistes le sentiment d’être irrémédiablement victimes et en mal de la reconnaissance de leur statut.

    Florence Bouriot développe : « Actuellement, il n’y a pas de statut dans le sens où il n’y a pas de grade. Pour la plupart des documentalistes classiques, un statut de technicien supérieur hospitalier a été attribué. Ils appartiennent donc à la catégorie B. Néanmoins, ce n’est pas le cas pour tous car énormément de documentalistes demeurent en catégorie C. Pour certains qui sont responsables de structure, ils bénéficient d’un poste de catégorie A. Ils sont donc chargés de missions ou ingénieurs ».

    Sophie Karavokyros, documentaliste travaillant dans le réseau Ascodocpsy, un réseau de coopération documentaire francophone spécialisé en psychiatrie et santé mentale, ajoute :

    « Nous possédons des fonctions de responsabilité et des connaissances techniques, culturelles, informationnelles très pointues, mais la reconnaissance statutaire n’y est pas »…

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    Des missions soumises aux contraintes de temps

    Dans les multiples tâches qu’un documentaliste doit réaliser — gestion des acquisitions d’ouvrages, des abonnements aux revues papier ou numériques, réalisation de veilles, etc. —, le manque de temps est unanimement vécu comme une contrainte majeure.

    La masse d’informations à traiter, les demandes nombreuses, ainsi que la surcharge quotidienne viennent pressurer le temps. Une journée se transforme en une véritable course contre la montre.

    « Un exemple, lorsque l’on établit une liste de ce que l’on doit réaliser dans la journée, celle-ci est sans fin. Nous sommes interrompues par d’autres impératifs qui arrivent sur le tas. Nous devons gérer des tâches communes et d’autres plus spécifiques à notre poste. Celles-ci en particulier sont très chronophages », déplore Florence Bouriot.

    La contrainte devient souvent une frustration.

    « Parfois, la documentation, sans être péjoratif, est la dernière roue du carrosse. Il arrive que l’on sollicite nos services la veille pour le lendemain ! Or, si remplir une demande rapidement est possible, répondre correctement sur la base d’un travail approfondi s’avère bien plus difficile. Heureusement, lors de recherches un peu plus pointues de médecins, ceux-ci commencent à anticiper davantage en se dirigeant rapidement vers les documentalistes. Ils ont compris qu’on pouvait être utiles en leur faisant gagner beaucoup de temps », précise Caroline Giroudon.

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    Ce qu'a changé la pandémie de Covid-19

    La pandémie de Covid n’a épargné personne et a bouleversé les habitudes de travail. Les documentalistes en santé n’y ont pas échappé, devant également avoir recours au télétravail. Tout de même, leur pratique des nouvelles technologies leur ont permis de ne pas être dépaysées.

    « Les nouvelles technologies font partie à 80 % de nos activités. Le lieu d’exercice n’avait donc pas réellement d’importance. Lorsque nous disposons d’un ordinateur personnel, ainsi que de l’accès au réseau du CHU, nous pouvons exécuter correctement notre travail à distance », affirme Florence Bouriot.

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    Un renouvellement constant

    Parmi les tâches habituelles de cette documentation spécialisée, la transmission des informations pertinentes, actualisées, utiles à l’équipe pluridisciplinaire des services de santé au travail reste fréquente. Des informations qui, selon le service et les besoins, sont diffusées de différentes manières par le biais de newsletters, de mails ou de revues de presse.

    Reste qu’il n’existe aucune journée type. Un avantage d’après les documentalistes, car cela rend le métier passionnant. Sophie Karavokyros raconte :

    « J’effectue actuellement une recherche bibliographique pour une psychiatre sur le sujet des traumatismes psychiques chez l’enfant. Je commence ma journée avec cela, puis vient le moment où les sollicitations pleuvent, avec par exemple une demande de recherche d’une cadre de santé qui travaille sur la thématique du pica chez les enfants autistes. Ensuite, une autre demande de la part de la qualiticienne pour une bibliographie sur l’évaluation de la qualité des soins du côté des usagers. Ces journées sont toutes différentes, c’est un plaisir ».

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    Qualités requises

    Ainsi, la documentation en santé serait un métier de passion. Être curieux, débrouillard, autonome, avoir le goût de rendre service sont les qualités les plus citées.

    Sophie Karavokyros ajoute : « Ce qui est vraiment important, c’est de ne jamais négliger la dimension humaine de la relation. Le documentaliste demeure un passeur de savoirs et de connaissances, dirigé dans une relation à l’autre ».

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    La  Journée nationale des bibliothécaires et documentalistes en santé

    La Journée nationale des bibliothécaires et documentalistes en santé ou JNBDS est le rendez-vous privilégié des professionnels du domaine.

    La dernière édition a eu lieu en 2019, celles de 2020 et 2021 ayant été annulées en raison des mesures sanitaires. Cette journée propose un programme avec ateliers et conférences qui sont autant de moments d’échange et de réflexion. « Animer un compte Twitter au fil des saisons », « Les groupements hospitaliers territoriaux : l’impact sur la documentation » ou encore « Comment faire une revue systématique ? » étaient par exemple des ateliers de l’édition de 2019.

    La JNBDS rassemble plusieurs partenaires : Bibliothèque interuniversitaires de santé (BIU Santé), Réseau national des documentalistes hospitaliers (RNDH) ou Sciences infirmières documentation (Sidoc).

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