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Numérique responsable : comment automatiser peut aider ?

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    « Nous nous engageons dans l’écoconception de toutes nos solutions de dématérialisation des documents et d’automatisation des processus métier », explique Jean-Philippe Fontana, DSI d'Itesoft. (Pch.vector/Freepik)
  • Automatiser permet-il de verdir son organisation ? Cela peut au moins y participer. De plus en plus d’entreprises en sont convaincues. Des éditeurs de robotic process automation (RPA) et autres solutions d’automatisation expliquent comment.

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    SS&C Blue Prism est un acteur historique du marché de l’automatisation et de la robotic process automation (RPA). Aujourd’hui, affirme Dominique Duquennoy, director customer success managers EMEA, SS&C Blue Prism est passé de l’automatisation des tâches et de leur agglomération à une solution plus intelligente, une plateforme qui vise à hisser l’automatisation à hauteur de l’entreprise, avec des processus « end to end ».

    Des objectifs de développement durable

    « De plus en plus de clients intègrent dans leur stratégie des objectifs de développement durable », constate Dominique Duquennoy. « Cela suppose des axes d’automatisation ». Un cas typique est celui de la chaîne logistique (supply chain) confrontée à une problématique de réduction des trajets humains ou de marchandises et donc à la gestion de consommables divers, de l’essence au papier.

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    Avec l’automatisation et une logique de numérique de bout en bout, Prosegur, par exemple, multinationale espagnole de sécurité privée, parvient à réduire ses coûts en papier de 100 000 euros par an.

    Par ailleurs, grâce à l’automatisation, on peut produire davantage à ressources constantes : la « main-d’œuvre numérique » (robots logiciels ou digital workers) est disponible plus longtemps, ne rechigne pas devant les tâches répétitives et se montre plus rapide.

    Besoins et usages

    La RPA, « simple » solution favorable au développement durable ? Pas si sûr. En particulier parce qu’elle peut engendrer d’autres besoins. D’accord pour passer du papier au PDF, mais comment lire les documents dans ce format ? Ou du moins, en extraire des données ?

    Réponse de Dominique Duquennoy : « En introduisant du “natural language processing” (NLP, traitement automatique de la langue naturelle) ». Soit une technologie contenant de l’intelligence artificielle (IA) et qui est capable d’identifier le contenu utile.

    Autre cas, celui de la maintenance prédictive, très friande d’automatisation. Le sujet est aggravé par le réchauffement climatique dont les excès risquent d’éprouver de plus en plus durement les installations diverses. Une société du domaine pétrolier, par exemple, envoie des drones pour surveiller ses équipements et détecter via leurs caméras des zones de corrosion. Ici, l’automatisation du traitement des images s’appuie sur une technologie de « computer vision » : par apprentissage profond, l’ordinateur identifie et classe ce qu’il reconnaît. Les ordres de maintenance sont ainsi lancés rapidement.

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    Dans le même ordre d’idée, SS&C Blue Prism cite aussi une action anti-braconnage, en Afrique, recourant à des drones et à leurs prises d’images dont l’analyse est automatisée de la même façon.
    Faire durer des équipements, protéger la faune : ici, la RPA aide.

    Écoconception des solutions

    Mais les ressources informatiques se trouvent davantage sollicitées — l’IA, notamment, est très gourmande. Sont-elles administrées de façon écoresponsable ? « Il faut faire appel à des centres de données les plus respectueux possibles de l’environnement, optimiser les ressources en termes de capacités de mémoire et de calcul, opter pour l’informatique à la demande qui rationalise la consommation », énumère Dominique Duquennoy.

    Ce à quoi le Français Itesoft répond par l’écoconception de ses solutions. Une motivation qui découle pour l’éditeur des robots Capture as a Service (capture et traitement automatique des documents entrants) et Fraud Detection as a Service (détection de fraude et non-conformité) de son engagement de longue date en responsabilité sociétale des entreprises (RSE).

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    Jean-Philippe Fontana, son DSI, affirme : « notre conviction est que les acteurs du numérique doivent aller plus loin avec une approche du numérique responsable et durable. C’est pourquoi nous nous engageons dans l’écoconception de toutes nos solutions de dématérialisation des documents et d’automatisation des processus métier ». Il constate d’ailleurs que de plus en plus d’appels d’offres exigent une approche de développement durable.

    Et de se placer dans le cadre du Référentiel général d’écoconception de services numériques (RGESN). Quatre axes sont suivis :

    • rendre plus efficients les interfaces et les services. Cela guide la manière dont Itesoft déroule son cycle de développement ;
    • mutualiser les services et les ressources pour les différents clients (ce qui ne présente aucun danger quant à l’étanchéité des données de chacun d’eux) ;
    • identifier et corriger les surconsommations de ressources ;
    • mesurer la consommation électrique résultante via un « Eco Index ».

    SS&C Blue Prism joue lui aussi le jeu de l’écoconception de ses solutions. Le but : gérer au mieux la puissance, la bande passante et le stockage utilisés. Ce qui est associé à de bonnes pratiques de développement, comme ne pas redévelopper ce qui existe déjà.

    L’heure du bilan

    Reste à savoir comment établir le bilan de l’automatisation au regard du développement durable. Jean-Philippe Fontana répond : « les clients peuvent décommissionner les anciennes solutions et donc éteindre les anciens serveurs. L’externalisation dans le cloud, mutualisé et optimisé pour l’écoconception, permet de réduire de moitié au moins la consommation d’électricité ». Il ajoute : « c’est aussi un enjeu d’efficacité business. Nous passons de “l’informatique de gestion” à celle de “l’usage”. On ne consomme que ce que l’on utilise ». La sobriété vient du modèle en Saas.

    Poussant plus loin ses exigences, Itesoft vise désormais l’obtention de certifications en écoresponsabilité. Tout ne se compte pas en baisse de consommation de papier, déclare SS&C Blue Prism. Souvent, l’impact d’une RPA se mesure en économie d’équivalent temps…

    S’ajoutent des bénéfices directs et indirects tels que la continuité d’activité, l’agilité, la réduction du temps écoulé entre la conception d’un produit et sa mise en vente (time to market)… Et bien sûr, la satisfaction du client. « Plus celle des salariés », ajoute Dominique Duquennoy. Par exemple, des centres d’appel ont utilisé de la RPA pour aider les télétravailleurs dans certaines tâches. À terme, cela permet leur meilleure fidélisation. Soit la preuve d’un gain en bien-être. Cela aussi est durable.

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