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La digital workplace à l'heure de la maturité

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    Le marché de la digital workplace évolue vers des offres de plus en plus complètes et intégrées (freepik)
  • Le marché de la digital workplace s'est développé à grande vitesse ces deux dernières années, avec l'arrivée de solutions de plus en plus complètes et intégrées. L'heure de la consolidation semble désormais être arrivée.

    "Un espace de travail unique pour toutes les équipes", qui peut être personnalisé en fonction des besoins de chacun. C'est ainsi que l'américain Notion, nouvel entrant sur le marché français, présente la version hexagonale de sa plateforme de digital workplace, déjà utilisée par exemple par Lydia (paiement mobile) et Le Wagon (cours et formations en ligne).

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    Croquer le marché de la digital workplace

    Fin 2021, c'est ClickUp, une autre étoile montante étatsunienne, qui annonçait l'ouverture d'un siège européen (à Dublin, en Irlande) afin de proposer aux entreprises françaises, allemandes et espagnoles ses "plateformes de productivité tout-en-un".

    Les deux acteurs partagent un même objectif : croquer une partie du marché de la digital workplace, sur lequel bataillent déjà une foule d'acteurs spécialisés (Beezy, eXo Platform, Jalios, Lumapps, Mozzaik365, Powell, Unily, Whaller...), et de grands groupes, tels Google et Microsoft. Ce dernier revendique, début 2022, plus de 270 millions d'utilisateurs actifs mensuels de sa plateforme Microsoft Teams. Largement promue lors des confinements, elle est intégrée par défaut à la suite d'applications Microsoft 365 (au grand dam de certains de ses concurrents).

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    Transformation des organisations

    L'institut Markess by Exægis définit la digital workplace comme "un environnement de travail intégrant et unifiant toutes les composantes du digital [et] permettant aux collaborateurs d’accéder aux applications utiles à leur quotidien, de communiquer, de collaborer et de gérer les connaissances."

    Il estime que la croissance globale du marché s'explique en partie par un contexte pandémique qui a depuis 2020 "renforcé la massification du télétravail et les usages distants".

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    Son concurrent Lecko, qui vient de son côté de publier un "État de l’art de la transformation interne des organisations", considère que cette crise a aussi "modifié les perceptions des modes de travail et de management" (le lieu de travail n'est plus perçu comme le garant de sa bonne exécution). La pandémie a par là même incité toutes les entreprises à "se réinventer et à créer un mode de fonctionnement hybride, à distance et au bureau".

    Au niveau des plateformes, ce contexte a "globalement imposé une convergence vers des solutions plus ou moins unifiées de tous les îlots d'usage du travail digital (principalement la bureautique, la communication temps réel, le réseau social et la documentation)", observe Alain Garnier, fondateur de Jamespot.

    Cet éditeur de solutions collaboratives a ainsi ajouté l'an dernier une brique d'orchestration de réunions (Diapazone) aux trois premiers modules de sa plateforme : la communication en temps réel (Open Agora), l'accès structuré aux informations et aux outils de l’organisation (Fast Intranet) et l'édition collaborative (WeDoc). Diapazone rassemble un ensemble d'applications facilitant la préparation et l'organisation de réunions : par exemple l'envoi des invitations, la préparation et affichage de l'ordre du jour, la visioconférence, le partage de documents, la messagerie instantanée et les tableaux de gestion de projets...

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    Dans la même logique de convergence et d'interopérabilité, Jalios propose, en complément de sa workplace souveraine (appelée Liberty), deux workplaces étroitement associées à la suite Google et à Microsoft 365. L'éditeur s'est aussi, comme Jamespot, doté d'une capacité multi-cloud, qui semble convaincre les entreprises. Il souligne dans un communiqué que ses clients "gardent ainsi la maîtrise de leur infrastructure cloud (cloud Jalios, cloud privé, Azure, Outscale, etc.)" et obtiennent l'assurance d'être en conformité avec leurs politiques de sécurité (peu importe leurs exigences).

    Autre exemple : Whaller a ajouté à sa plateforme sociale et collaborative sécurisée, déjà équipe d'une suite bureautique maison, une gestion électronique complète des documents et un système de stockage en ligne des fichiers, présenté comme "une alternative souveraine et complète à Google Drive ou Office 365". La démarche est tendance. Pour les services en ligne, Lecko relève en effet, dans sa dernière étude annuelle, une "maturation des acteurs spécialistes, de plus en plus nombreux à challenger les fonctions classiques offertes par les suites d’outils plus complètes."

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    Consolidation

    Après la convergence des briques applicatives, quid de la consolidation des acteurs ? "Elle est déjà en marche et j'ai le sentiment qu'elle va s'accélérer", confie Alain Garnier chez Jamespot – l'éditeur a déjà joué le rôle de consolidateur en reprenant des réseaux sociaux d'entreprise (Sonetin, Human Connect, puis Yoolink Pro) et plus récemment l'éditeur d'un système de sondage et de collecte d'opinions sur Slack et Microsoft Teams (Open Agora).

    Tant pour les spécialistes que pour les mastodontes, le nerf de la guerre est "de s'imposer comme le point d'entrée vers un univers applicatif", estime Alain Garnier. La digital workplace ayant dans ce cas vocation à devenir "l'élément qui liera tous les éléments métier pour les utilisateurs".

    Dans la relation client et la finance, on peut citer le gigantesque rachat par Salesforce, fin 2020, de la messagerie professionnelle collaborative Slack, pour la bagatelle de 27,7 milliards de dollars. Citrix, spécialiste des logiciels d'infrastructure, de collaboration et de virtualisation des postes de travail, a quant à lui déboursé 2,25 milliards de dollars pour s'offrir Wrike. L'objectif ? Ajouter les services en ligne de gestion de projets collaboratifs de Wrike à son offre Citrix Workplace.

    > Lire aussi : Pourquoi la Digital Workplace aiguise les appétits ?

    Et de ce côté-ci de l'Atlantique, l'acquisition de la solution de signature électronique Sell&Sign par Oodrive, mi-2021, n'a pas seulement eu pour effet d'aider cet éditeur à se renforcer dans l'authentification et le paraphage des documents. Oodrive précise qu'elle lui a permis de renforcer "sa suite applicative de partage et de collaboration", en ajoutant une brique fonctionnelle de signature aux 4 modules existants : le partage et la collaboration (oodrive_share), la numérisation des réunions sensibles (oodrive_meeting), la gestion du patrimoine visuel et média (oodrive_media) et la sauvegarde (oodrive_save).

    Ne devient pas un portail, ou une porte d'entrée, qui veut. "Sur ce marché, tous les éditeurs savent que les utilisateurs de ce type de solutions sont attentifs et que leur réussite sera conditionnée à la qualité et à la puissance de leur offre", conclut Alain Garnier.

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    Sur site, en situation de mobilité ou en télétravail, les collaborateurs évoluent aujourd’hui dans des environnements variés. Pour éviter la dispersion, il faut orchestrer, favoriser l’efficacité de l’organisation, des équipes et des métiers. Les digital workplaces et digital workspaces, avec leurs périmètres propres, deviennent les outils de référence, le socle des activités et des échanges. Y convergent les dimensions d’intranet, de réseau social d’entreprise, de gestion documentaires et des connaissances (knowledge management). Des conditions de sécurité sont à respecter. Mais comment s’installe une digital workplace ? Comment est-elle pilotée ? Comment l’information y est-elle gouvernée ? Selon les contextes, toutes les fonctionnalités sont-elles à utiliser ? Comment conduire le changement et former les utilisateurs ? Et bien sûr : quel outil choisir ? Réponses avec des méthodes, des conseils, un panorama de solutions et des retours d’expérience.
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    Le chiffre du jour
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    est en moyenne signalée toutes les semaines dans les établissements de santé depuis janvier 2021. Les hôpitaux ont subi 27 cyberattaques majeures - qui ont effectué tout ou partie de leurs systèmes d'information - en 2020.
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