Publicité

Documentalistes, veilleurs, bibliothécaires et archivistes : comment se profile votre avenir

  • avenir_professionnels.jpg

    smiley-bonheur
    Pour les professionnels de l’infodoc qui ont répondu à notre enquête, les raisons d’être optimistes existent. (Freepik/rawpixel.com)
  • Digitalisation, innovation, hyper-connection, accélération du changement : les pros de l’infodoc ne passent pas entre les gouttes ! Comment documentalistes, veilleurs, bibliothécaires et archivistes voient-ils leur avenir ? Tous ont de solides raisons d’être convaincus de leur utilité. Dans les organisations, leur reconnaissance est parfois acquise, parfois à conquérir. S’affirmer, s’adapter, proposer, évoluer semblent être les clés de l’évolution. Des experts en infodoc donnent leur vision de l’avenir. Des professionnels témoignent.

    Sommaire du dossier :

    En 2014, le cabinet Asterès citait le bibliothécaire comme l’un des dix métiers appelés à disparaître prochainement. Comme si un tsunami avait déjà tout dévasté, les auteurs de l’étude parlaient du bibliothécaire à l’imparfait et en donnaient la définition suivante :

    « Gardien du savoir, le bibliothécaire sélectionnait les livres, les classait, les fournissait aux lecteurs. […] Plus besoin du méticuleux bibliothécaire allant chercher le livre désiré dans la réserve : un clic suffit. […] Le bibliothécaire est mort, vive le livre ».

    Diantre !

    « Est-ce bien de nous dont il était ici question ? », s’interroge Nathalie Marcerou-Ramel dans Les métiers des bibliothèques (Éditions du cercle de la librairie), ouvrage publié en 2017 et dont elle a dirigé la rédaction. Pour la directrice de l’Enssib, « le métier de bibliothécaire résiste, mais se recompose et devient pluriel. Le métier de bibliothécaire n’a pas cessé d’évoluer depuis le Moyen Âge au fil des transformations profondes qui ont affecté l’économie des savoirs, du livre et leurs modes de production et de diffusion ».

    Joachim Schöpfel, maître de conférence en sciences de l’information et de la communication (Université de Lille) dresse un constat similaire. Et insiste sur la souplesse dont font preuve les bibliothécaires pour imaginer leur avenir :

    « Flexibilité est le maître mot, capacité d’adaptation, pas défense des positions perdues d’avance ».

    Archiviste-caméléon médiateur du quotidien

    Les bibliothécaires ne sont pas les seuls à faire preuve d’imagination pour préparer leur avenir. Au sein de la trilogie documentaire bibliothèque-archives-documentation, les archivistes prennent en compte l’évolution de leur environnement et les attentes du public. Lors d’un colloque organisé par l’Association des archivistes français en 2017, une notion a vu le jour : celle d’archiviste-caméléon, médiateur du quotidien.

    « De plus en plus de données sont collectées par les archivistes auprès des services producteurs. Dans un premier temps principalement portée sur les enjeux et les modalités de la collecte et de la pérennisation de ces données numériques, la réflexion s’oriente désormais sur la problématique de la communication et de la valorisation des données », expliquent Julien Benedetti et Maud Profizi Jouve.

    La piste de la médiation est donc explorée par les archivistes. Ces derniers sont-ils attendus sur ce terrain ? « Les archivistes ne semblent pas aujourd’hui identifiés comme tels », constatent-ils ; « l’archiviste doit se saisir de ce rôle malgré des obstacles réels, tout en déconstruisant des blocages fantasmés par la profession ».

    Documentaliste, une notion mouvante

    Quant aux documentalistes, ils s’adaptent depuis deux décennies — au moins ! – à un monde toujours plus dématérialisé et digitalisé.

    « La fonction information-documentation a été fortement impactée ces dernières années par de nombreuses évolutions », constate Sophie Ranjard auteure d’une étude publiée par le cabinet Kynos (L’évolution de la fonction documentaire : usages, structures et professionnels de l’information-documentation, 2017) ; « au point de vue technique, la dématérialisation des documents a permis la recherche directe de l’information interne et externe par les usagers, plus récemment la montée en charge du cloud démultiplie les occasions d’accès à l’information. Côté outils, les plateformes de veille sont plus facilement paramétrables et les portails documentaires sont composés de briques logicielles multiples — SIGB, CMS, moteurs... — qui permettent la personnalisation des fonctions et des interfaces. En parallèle, on assiste dans les organismes publics et privés à un retour en force des directions informatiques avec le paramétrage des logiciels libres, ce qui rappelle le pouvoir des directions informatiques dans les années 80, au début de l’informatique documentaire ».

    Face à de tels bouleversements, c’est peut-être le terme « documentaliste » qu’il convient d’interroger. C’est ce que pense Sophie Ranjard :

    « La notion de métier étant tellement mouvante, nous lui préférons celles de fonctions, voire de compétences. Nous avons choisi de mettre en avant quatre axes de développement : le veilleur-analyste présent dans tous les secteurs d’activité, le doc controller dans l’industrie, l’animateur KM [knowledge management] ou RSE [réseau social d’entreprise] avec sa vue transversale de l’entreprise et le chef de projet AMO [assistance à maîtrise d’ouvrage] qui s’inspire des méthodes agiles de l’informatique et des fab labs ».

    Des métiers en pleine mutation

    6,7/10. C’est la note moyenne que les professionnels de l’infodoc ont accordée à la confiance dans l’avenir de leur métier. Selon la quatrième enquête de l’Observatoire Archimag-Serda Formation, cette note est très légèrement en hausse après une baisse significative.

    Pour les professionnels de l’infodoc qui ont répondu à cette enquête, les raisons d’être optimistes existent. À plusieurs conditions : « Notre avenir est assuré, il faudra simplement s’adapter car ce sont des métiers en pleine mutation », explique l’une d’entre elles. « Il reste beaucoup à faire pour améliorer les flux et exploiter l’information de manière pertinente », constate une autre. Une troisième insiste sur les compétences : « Je vais continuer à évoluer dans mon métier, me former si nécessaire, et je sais qu’il y a de belles perspectives et des opportunités à saisir ».

    De fait, le volet formation est au cœur des préoccupations de nombreux professionnels. 73 % des salariés ayant répondu à l’enquête déclarent avoir bénéficié d’au moins une formation complémentaire au cours de leur carrière. Et 59 % ont suivi une formation continue à plusieurs reprises. Ce goût pour la montée en compétences se retrouve généralement dans des profils répandus chez les professionnels de l’infodoc : plus le niveau d’étude est élevé, plus l’accès à la formation est facilité. Ce phénomène se retrouve dans les positions hiérarchiques : les cadres accèdent plus aisément aux formations.

    Réorganisation égale opportunité

    Autre enseignement, la prise de nouvelles responsabilités est très nettement en hausse par rapport aux années précédentes. C’est alors l’occasion de suivre une formation continue pour assurer de nouvelles missions. « Cela illustre le fait que les réorganisations peuvent générer des opportunités. On retrouve le repositionnement professionnel en hausse de 5 % », indiquent les auteurs de l’étude.

    Au palmarès des nouvelles compétences à acquérir, les professionnels de l’infodoc mettent en avant trois domaines : la gestion de projet, le management de l’information et l’analyse de l’information. Ces demandes dessinent les contours d’une large réflexion sur le patrimoine informationnel des organisations. « Il s’agit en partie de compétences transversales qui marquent à nouveau la nécessité de s’adapter pour mieux saisir les opportunités liées à l’évolution des métiers », constate l’étude.
    Quant à l’intelligence artificielle, il est encore difficile de savoir quel sera son impact sur les métiers de l’infodoc. 45 % des personnes interrogées estiment que l’IA est une opportunité contre seulement 8 % qui la perçoivent comme une menace pour leur profession. 

    Vous souhaitez en savoir plus sur l'avenir des professionnels de l'infodoc ? Découvez le guide pratique Métiers de l'info : boostez vos compétences !, publié par Archimag en 2019.

    Métiers de l'info : boostez vos compétences !

    Pour commander ce guide pratique, le recevoir en quelques instants et lire l'article en intégralité ou pour consulter le sommaire du guide, cliquez-ici

    Métiers de l'info : boostez vos compétences !

    Dématérialisation, digitalisation, data : le contexte est on ne peut plus favorable pour les professionnels de l’information ! Comment en tirer davantage parti ? En faisant mieux valoir ses compétences et en sachant lesquelles renforcer. C’est l’invitation de ce guide. 

    Notre quatrième baromètre emploi du management de l’information permet de se positionner, de même que notre enquête sur les salaires. Archivistes, bibliothécaires, community managers, documentalistes, veilleurs : quelles sont les clés de votre avenir ? Des fiches métier sont proposées, accompagnées de témoignages. Vos demandes en formation continue évoluent, comme le montre notre nouvelle enquête formation. Découvrez un panorama des formations initiales - plus de 200 ! - et continues.

    Enfin, on vous dit comment vous valoriser pour décrocher votre nouvel emploi.

    Feuilletez quelques extraits du guide en cliquant ici.

    À lire sur Archimag

    Le Mag

    Tout Archimag, à partir de 9,50 €
    tous les mois.

    Le chiffre du jour

    63
    C'est la part des entreprises françaises qui adhèrent à la dématérialisation des notes de frais.

    Recevez l'essentiel de l'actu !