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Quel avenir pour les bibliothécaires en bibliothèque universitaire ?

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    Pour Marc Martinez, de l'ADBU, "le métier a déjà largement déplacé son centre de gravité du 'back' vers le 'front office'". (Photo d'illustration : Freepik)
  • Marc Martinez est président de l’ADBU (Association des directeurs et personnels de direction des bibliothèques universitaires et de la documentation) et directeur du service commun de la documentation (SCD) de l’université Lyon 3. Il présente les tendances de l'évolution du métier de bibliothécaire en bibliothèque universitaire et ses recommandations pour les professionnels. Justine Uro-Fauquembergues, responsable adjointe de la BU de santé du Kremlin-Bicêtre à Paris-Sud, témoigne.

    Sommaire du dossier :

    Quelles sont les pistes d’évolution du métier de bibliothécaire en bibliothèque universitaire (BU) ?

    S’il fallait dégager deux grandes tendances d’évolution en BU, on pourrait parler d’abord de la formation des usagers, dans un contexte d’innovation pédagogique et numérique, de réussite étudiante et d’enjeu sociétal lié à la maîtrise d’une information fiable et de qualité, ensuite des services à la recherche, dans un contexte international d’accès et de science ouverts. 

    Bien entendu, les opportunités ouvertes par l’intelligence artificielle sont aussi une source de veille et de questionnement.

    Enfin, même si c’est plus classique, des notions couplées, complémentaires et en tension (back office-front office, papier-électronique, sur place-à distance, documentaire-non documentaire, ouvert-ermé) travaillent l’identité toujours mouvante du bibliothécaire et l’évolution du métier.

    Le métier doit-il s’orienter vers une plus grande part donnée aux services aux usagers ?

    Le métier a déjà largement déplacé son centre de gravité du « back » vers le « front office ». Deux indicateurs simples pour le prouver : d’abord le baromètre Marianne de la qualité de l’accueil. En 2018, le réseau des BU est de nouveau en première place. Ensuite la moyenne d’ouverture hebdomadaire des BU (60 heures), ainsi qu’un nombre important de BU labellisées NoctamBU+ (au moins 63 heures hebdomadaires et 245 jours dans l’année).

    Aujourd’hui un nombre significatif de BU, conscientes d’être au cœur des campus, investissent aussi le champ de l’UX design (création d’expérience utilisateur) pour coconstruire l’approche orientée usager et renforcer l’intelligence collective et la démarche qualité dans toutes ses dimensions (locaux et services, communication et réseaux sociaux, action culturelle, sociabilité, RSE, etc.).

    Les bibliothécaires doivent-ils accroître leurs connaissances numériques ?

    Faut-il encore poser la question en ces termes ? Les BU semblent au contraire avoir été pionnières dans le domaine du numérique. Il s’agit plutôt de prévenir les risques de « fracture numérique » tout au moins de cloisonnement entre certains profils et missions au sein des établissements. Cela passe par une stratégie managériale qui inclut certes la formation initiale et continue, mais qui déploie aussi les outils et les méthodes qui permettront aux bibliothécaires, dans une approche orientée usager, d’appréhender les services, les collections et leur signalement dans leur globalité, que ce soit sur place ou à distance, aux formats papier ou numérique. 


    Témoignage 

    Justine Uro-Fauquembergues, responsable adjointe de la BU de santé du Kremlin-Bicêtre à Paris-Sud

    Justine Uro-Fauquembergues est titulaire d’une licence en médiation culturelle et d’un master en information-communication spécialité bibliothèque. Après concours, elle a suivi la formation initiale des bibliothécaires à l’Enssib. Aujourd’hui, elle est directrice adjointe et responsable des collections au sein de la BU de santé, université Paris-Sud ; elle pilote la politique documentaire et anime des formations.

    Quelle évolution pour son métier ? « Je pense que nous serons plus impliqués dans la formation des étudiants à travers les formations en recherche documentaire que nous pouvons leur proposer. Nous serons également mieux identifiés comme des référents auprès des chercheurs notamment dans le domaine des données de la recherche et de la publication des travaux des chercheurs. Nous pouvons leur être utiles en matière d’open access par exemple.

    Côté services aux usagers, nous devons nous orienter vers davantage de veille pour sélectionner et diffuser l’information. Quant à l’aspect outils informatiques, nous devrions bénéficier de meilleurs outils de gestion de contenu.

    Accéder au profil LinkedIn de Justine Uro-Fauquembergues.

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