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Lucie Montauzé, 30 ans, documentaliste matériauthécaire en agence d'architecture

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    Lucie Montauzé travaille dans la matériauthèque de l'agence d'architecture RDAI : "C’est comme une bibliothèque, sauf que l’on trouve dans cette immense caverne d’Ali Baba des échantillons de matériaux à la place des livres". (DR)
  • Portrait de Lucie Montauzé, documentaliste en matériauthèque au sein de RDAI, une agence parisienne d’architecture, d’architecture d’intérieur et de design. Cette dessinatrice et illustratrice de 30 ans a déjà plusieurs carrières derrière elle : d'abord graphiste packaging et même caissière en supermarché, elle a ensuite trouvé sa voie après une reconversion et une formation à l'EBD. Voici son parcours.

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    Peut-on opposer travail et loisir ? Travail et passion sont-ils compatibles ? À seulement 30 ans, Lucie Montauzé aurait de quoi noircir des pages de dissertation sur ces sujets du bac philo.

    « J’ai l’impression que les gens se laissent trop souvent guider par leurs compétences sans se poser la question de leur intérêt », explique cette acharnée de travail. Un sujet central dans le parcours.

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    Du dessin au graphisme packaging

    Lucie Montauzé, qui a grandi à Courbevoie, en région parisienne, dessine depuis toujours. Son bac en poche, elle intègre l’école publique parisienne d’arts appliqués Olivier de Serres (ENSAAMA) dans l’optique de faire de sa passion son métier. Elle passe un DSAA (Diplôme supérieur d’arts appliqués - master 2) spécialisé en design de marque et est immédiatement recrutée en tant que graphiste packaging par l’agence où elle était stagiaire.

    Lucie Montauzé adore son métier et se passionne pour ses projets. Pourtant, elle déchante rapidement. La jeune femme ne trouve pas l’équilibre qu’elle recherche :

    « Je n’arrivais plus à dessiner pour moi », confie-t-elle ; « je me suis dit que vouloir faire de ma passion mon métier n’était peut-être pas une bonne idée ».

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    Illustratrice et caissière en supermarché

    À 23 ans, elle décide de tenter autre chose : prendre un job alimentaire qui lui assure un revenu pour s’épanouir artistiquement, sans objectif financier. Elle lance officiellement son activité d’illustratrice tout en devenant caissière en supermarché.

    « Je voulais voir si cet équilibre me conviendrait », explique-t-elle. « Je me suis vite rendue compte que… non ! ».

    L’expérience, pourtant enrichissante, dure près d’un an.

    « Il me fallait un métier qui m’intéresse vraiment », poursuit-elle. « Je me suis donc demandé ce que j’aimais faire, en dehors de ma passion pour l’art et le dessin ».

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    Reconversion professionnelle

    Lucie Montauzé met donc de côté ses compétences et décide d’aller chercher son intérêt. Sans renoncer à ses activités de dessinatrice, elle réalise que la question de la transmission de l’information est centrale pour elle.

    « Je connaissais le métier de documentaliste car ma grand-mère était bibliothécaire et avait fréquenté l’EBD, l’école des métiers de l’information et de la documentation. »

    Elle épluche toutes les brochures de l’école et s’enthousiasme face à tous les débouchés possibles. « Je me suis inscrite en ne me mettant aucune barrière », se souvient-elle.

    La jeune femme se plaît dans cette école à taille humaine, où elle se sent accompagnée. « J’ai senti une véritable compréhension de qui j’étais et de comment j’avais envie d’évoluer », confie-t-elle.

    Encore étudiante à l’EBD, elle postule à RDAI, une agence parisienne d’architecture, d’architecture d’intérieur et de design qui propose un poste de documentaliste en matériauthèque. Le coup de foudre professionnel entre la jeune femme et sa future responsable est total. « J’ai pu être formée en parallèle de mes études pour commencer dès l’obtention de mon diplôme », se souvient-elle.

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    La matériauthèque : "immense caverne d'Ali Baba"

    Lucie Montauzé découvre alors la matériauthèque de l’agence :

    « C’est comme une bibliothèque », explique-t-elle, « sauf que l’on trouve dans cette immense caverne d’Ali Baba des échantillons de matériaux à la place des livres ».

    La jeune femme s’y épanouit totalement :

    « La refonte de notre base de données s’est finalement transformée en un grand projet de création d’une plateforme numérique d’information pour l’ensemble de l’agence ; comme je suis la “geek” de l’équipe, je l’ai progressivement pris en charge ».

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    Manager de l'information numérique

    Pour le préparer au mieux, elle suit un master 2 de manager de l’information numérique à l’EBD en 2020, en parallèle de son travail, et obtient la mention très bien à son mémoire « De l’informel à l’informationnel — PME et stratégies documentaires ».

    La jeune femme, qui n’a jamais délaissé le dessin, se concentre désormais sur des projets qui lui font vraiment plaisir (expositions, roman graphique, etc.). Mais ne lui demandez pas où elle sera dans dix ans :

    « L’expérience m’a prouvé que je me suis très souvent trompée », explique-t-elle en riant. « Pour le moment, je souhaite continuer à l’agence, mais je sais désormais que la vie est pleine de surprises ! »

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    Elle like

    • Sa ville préférée : Si Paris reste la ville où je me sens le mieux, j’ai été fascinée par le mélange de tradition et de modernité de Tokyo et l’effervescence culturelle de Bruxelles, où je me rends régulièrement.
    • Son illustrateur préféré : Je suis une grande admiratrice du travail d’Aude Picault, que je suis depuis toujours. J’apprécie aussi beaucoup Jochen Gerner, qui réalise des illustrations pour le journal « Le 1 ».
    • Son matériau préféré : J’ai un goût particulier pour les textiles et une véritable passion pour le terrazzo. J’en pique même parfois à la matériauthèque ! (rires)
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