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Pauline Antoine, veilleuse et manager chez Cision : la liberté de télétravailler

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    "J’étais déjà préparée au début du premier confinement. Pour un veilleur, il suffit d’avoir 25 onglets d’ouverts et l’accès à certaines applications", explique Pauline Antoine, veilleuse et manager chez Cision. (Illustration : Freepik)
  • Pauline Antoine, veilleuse et manager du service market intelligence chez Cision Insights, dirige une équipe de dix veilleurs et analystes. Des rôles mis à l’épreuve lors la crise sanitaire qui a aussi modifié la perception de son poste. Comment manager une équipe avec la liberté de télétravailler ?

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    Sommaire du dossier sur le télétravail des veilleurs et des documentalistes :


    pauline-antoine-veille-teletravail-cisionDepuis plus de cinq ans, chez Cision (prestations d’études médias et marché), ce n’est pas à l’employé de justifier sa demande d’une journée de télétravail, mais plutôt au manager d’expliquer son éventuel refus auprès des RH. Le rapport de force est inversé.

    Avant la pandémie, pour Pauline Antoine, veilleuse et manager du service market intelligence, et pour son équipe, les modes de travail étaient assez variés. Les plus expérimentés pouvaient bénéficier de deux à trois jours de télétravail par semaine, tandis que les plus novices à leur poste se contentaient du présentiel comme norme.

    "Pour ma part, j’étais en télétravail une fois par semaine quand je n’avais pas trop de réunions. C’était surtout le cas quand je n’étais pas manager", déclare-t-elle. 

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    Adapter son emploi du temps comme on le souhaite

    La période de confinement a duré près de deux années pour les employés, de début 2020 à fin 2021. Depuis, le retour au bureau est basé sur le volontariat. Cela peut être pour des soucis de connexion, d’espace de travail, ou bien par manque de liens sociaux.

    "Chez Cision, chaque personne est libre d’adapter son emploi du temps comme il le souhaite". La direction ne contraint pas les salariés de rester chez eux ou de venir. 

    En ce qui concerne le matériel, Cision fournit l’aide nécessaire à ses collaborateurs en télétravail. “J’étais déjà préparée au début du premier confinement. Pour un veilleur, il suffit d’avoir 25 onglets d’ouverts et l’accès à certaines applications. Quelques-unes nécessitent l'utilisation d’un réseau privé virtuel (VPN)”. 

    > Lire aussi : Télétravail et communication informelle : le défi des veilleurs et des documentalistes

    Le revers de la pandémie   

    De son côté, Pauline Antoine a vu ses heures de travail augmenter naturellement au début du confinement. "Il est vrai que cela peut se transformer en piège. Nous profitons des heures de transport économisées pour mettre du temps en plus dans nos travaux". De plus, l’absence des temps de pause, comme se retrouver avec des collègues à la machine à café, accentue dans un sens l’enchaînement des réunions.

    Cette impulsion des heures de travail se répercute également sur les membres de son équipe. "En tant que manager, je regarde le système de pointage pour m’assurer qu’il n’y ait pas de surplus". En outre, une sensibilisation sur ce sujet a été réalisée par les RH.   

    Par ailleurs, cette tendance amène Pauline Antoine à être plus productive. Une dynamique qui risque de s’essouffler avec le temps. "Le fonctionnement du télétravail dépend des personnalités et des postes de chacun. Évoluer en équipe permet de me motiver, mais travailler seule peut être plus compliqué".

    A court terme, Cision n’a jamais été aussi efficace, et cela à l'échelle mondiale. "Plus le temps avance, plus nous perdons d'aspects informels essentiels que nous procure le présentiel".  

    > Lire aussi : Infographie : bibliothécaires, archivistes, documentalistes et veilleurs face au télétravail durant le confinement

    Un rôle de veilleuse amélioré

    Pour Pauline Antoine, son rôle de veilleuse n’a pas été grandement impacté par le télétravail. Le changement est apparu avec l'arrivée du confinement, au niveau de la relation client et de la demande. "Notre rapport général au client s’est amélioré avec le premier confinement. Un esprit d’entraide s’est développé car nous comprenions que nous étions tous dans la même situation".

    D’autre part, son équipe et elle ont dû répondre à une très forte demande par rapport aux changements de la vie professionnelle des clients. "Nous étions présents pour leur fournir des informations fiables et nécessaires pour eux". 

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    Un rôle de manager qui évolue

    D’une autre façon, ses tâches de manager ont totalement changé. "Le management de mon équipe à distance est très compliqué, car le feedback est plus difficile et les échanges informels largement diminués".

    De fait, elle doit instaurer des points réguliers pour se tenir au courant. L’accueil des nouveaux membres en période de télétravail pose également problème.

    "La formation à distance sans le lien social n’est pas naturelle. Vous pouvez manquer beaucoup d’informations". Un inconvénient qui influe sur leur progression car ils ne bénéficient pas de cette ambiance et de cette émulation d’équipe qui existe en présentiel. "Nous voyons tout de suite la différence d’intégration sur une année en télétravail et une autre en présentiel". 

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    Deux ans après le premier confinement destiné à lutter contre la pandémie de Covid-19, comment la « vie d’après » des documentalistes et des veilleurs s’esquisse-t-elle ? Télétravaillez-vous davantage ? Dans quelles conditions ? Accédez-vous facilement à vos données et logiciels ? Cela produit-il des changements dans vos missions ? Votre place dans l’organisation reste-telle la même ? Comment le travail collaboratif s’en ressent-il ? Ces évolutions vous conviennent-elles ? Archimag vous livre les résultats de son enquête. Ils sont commentés par différentes personnalités ou observateurs reconnus. Des professionnels témoignent de leur nouveau quotidien.
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