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Jonathan Bourguignon : "internet est encore immature"

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    « toute la partie du discours où l’on nous dit “qu’internet n’est juste que de l’information” est fausse », affirme Jonathan Bourguignon. (DR)
  • Jonathan Bourguignon est entrepreneur et auteur de « Internet, année zéro, de la Silicon Valley à la Chine, naissance et mutation du réseau » (Divergences, 2021). Un essai parcourant l’histoire d’internet et qui se penche sur les enjeux des technologies d’aujourd’hui. Pour Archimag, Jonathan Bourguignon explique son travail de recherche, depuis l'après-guerre à aujourd'hui, en passant par la naissance des différentes idéologies californiennes, la différence entre Fang et Gafam, la question de la souveraineté numérique, et ce qu'il perçoit de l'avenir d'internet. 

    Temps de lecture : 7 minutes

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    Vous êtes d’abord un entrepreneur ; comment l’idée de votre ouvrage « Internet, année zéro » vous est-elle venue ?

    J’ai passé la dernière décennie à évoluer dans divers écosystèmes entre start-up et internet. Je crée de la technologie au quotidien. D’un point de vue personnel, j’avais donc besoin de comprendre l’origine de la rhétorique émancipatrice quand la dimension « société de contrôle » a commencé à devenir prégnante, ce qui a été pensé, ce qui a été dévoyé.

    Cette démarche historique était avant tout une démarche personnelle, une volonté de prendre du recul et de mettre les choses en perspective.

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    L’écriture du livre a débuté lors du premier confinement, en mars 2020. Un des déclencheurs a été de voir des mécanismes de contrôle bien décrits, notamment en Chine, dont on pensait naïvement qu’ils n’auraient pas droit de cité dans des États de droit, faire leur apparition dans le débat public. Par exemple, les drônes utilisés par la police à Paris dès le printemps, la reconnaissance faciale débattue fin 2020 à l’Assemblée, ou encore l’application TousAntiCovid dont on nous assurait qu’elle ne contiendrait aucune donnée personnelle, un vœu pieu évidemment oublié au fur et à mesure des mises à jour, ce qu’à montré une récente étude de l’Inria.

    Tout ce débat évolue et vient remettre en perspective la contradiction entre, d’un côté, l’image libertaire d’un outil d’émancipation et, de l’autre côté, une technologie qui permet la surveillance généralisée révélée par l’affaire Snowden en 2013, la manipulation de masse à travers Cambridge Analytica.

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    Quel travail de recherche avez-vous entrepris ?

    Ma méthode de recherche a différé selon les époques. Pour la partie historique qui couvre l’après-guerre jusqu’aux années 1990, j’ai croisé beaucoup de classiques littéraires avec des écrits plus techniques et conceptuels, afin de montrer comment les idées d’une époque peuvent résider dans l’implément....
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